Une belle histoire

 

Sélestat / Les 250 ans de la boulangerie Hurstel-Koenig (1760-2010)

 

Une belle histoire

     Depuis 250 ans, la boulangerie Hurstel est installée rue Poincaré (Neja Waj) à Sélestat. C'est en 1760, selon des archives de la bibliothèque humaniste, que le nom Braunstein, un ancêtre, est apparu à cet endroit où le fournil a été créé. Aujourd'hui samedi 9 octobre, la famille Hurstel-Koenig fête l'événement en offrant une carte postale-souvenir à tous ses clients.

      «  C'est vrai que nous sommes connus bien au delà de l'Alsace avec la réputation de nos kougelhopfs. » Anny Hurstel et son mari, René Koenig, qui ne se destinait pas à ce métier, sont encore tout surpris de voir que la boulangerie-pâtisserie qu'ils dirigent a déjà... 250 ans !

« Nous avons repris le commerce début 1996 quand les parents d'Anny ont pris leur retraite »

      Le couple qui s'est déjà rendu à l'Elysée avec des kougelhopfs sous le bras, s'est marié en 1988 :« Nous avons repris le commerce début 1996 quand les parents d'Anny, Edouard et Marie-Claire ont pris leur retraite », raconte René, «  mais avant, en 1981 et en 1989, par exemple, c'est le pape Jean-Paul II qui a apprécié nos kougelhopfs, une fois au Vatican et une autre fois à Strasbourg. »
 Tout commence donc en 1760. La boulangerie était au nom de Jacobus Braunstein, puis défilent, au fil du temps, les noms Humbrecht, Jaegler, Wagner. C'est en 1932, qu'apparaît le nom de Hurstel. En effet, Madeleine Humbrecht épouse Georges Hurstel. Elle lui donnera un fils, Edouard, en 1936 qui se mariera avec Marie-Claire Bohn. En 1960, le couple reprend le fournil qu'il laissera en janvier 1996 à Anny et René.
 Avec la guerre 1939-1945, où les restrictions et les difficultés étaient importantes -la farine était de mauvaise qualité- la boulangerie reste ouverte (elle était la seule à Sélestat), mais le pain était rationné. En février 1945, les combats se terminent mais le toit de la boulangerie est détruit.

« A partir de Noël 1963, la clientèle augmente et 400 pains sont pétris »

      Après la Libération, la farine de maïs provenait des USA. Il a fallu alors attendre que les champs soient déminés pour que l'agriculture se réorganise. C'est en 1947 que le pain blanc réapparut.
 En 1960, Edouard Hurstel reprend l'affaire de son père. Celle-ci n'est plus vraiment florissante. Il doit donc remettre la main à la pâte et remonter la pente avec un seul ouvrier. Un ouvrier car, à l'époque, le travail à l'usine était plus avantageux : un meilleur salaire et les samedis étaient libres.
 Puis les choses avancent : « A partir de Noël 1963, la clientèle augmente et 400 pains sont pétris en six fournées. » Et c'est en 1974 que la boulangerie Hurstel prend son envol : « Chaque matin, nous livrons 150 petits pains, puis 500 pour le lycée Schwilgué. Ensuite, c'est au tour de Koeberlé et de Beatus-Rhénanus. Alors ce fut 600 petits pains tous les matins », raconte Anny Hurstel. Ensuite le collège Mentel s'aligne...
 Ainsi les Hurstel ont de bonnes bases pour leur réputation : les élèves et leurs familles viennent acheter à la boulangerie.
 Alors ces 250 ans de présence à Sélestat - probablement le plus ancien commerce de la cité humaniste - révèlent une réputation qui s'étend de la Chine aux Etats-Unis, d'Israël à l'Afrique, de Tahiti au Saint-Siège et à l'Elysée...

Philippe Girard

     Sources : Marie-Eve Lautel, étudiante, qui a fait des recherches pour un dossier qu'elle a publié sur l'histoire de la famille Hurstel-Koenig. Cinquante pages qui retracent de 1760 à aujourd'hui, toute l'histoire de la boulangerie.