Sélestat Retour sur 70 ans d’élections municipales

Robert weber elu maire par les conseillers municipaux pour la fin de la mandature 1983 1989 apres le deces de francois kretz perdra les elections municipales de 1989 face a gilbertLe nouveau conseil municipal elu en 1983 francois kretz est a gauche et on distingue semble t il l actuel maire marcel bauer au fond avec des lunettes qui sera adjoint au corso fleSélestat Retour sur 70 ans d’élections municipales (épisode 3 : 1983-1989) Âpre bataille, décès brutal Le nouveau conseil municipal élu en 1983. François Kretz est à gauche et on distingue, semble-t-il, l’actuel maire Marcel Bauer (au fond avec des lunettes), qui sera adjoint au corso fleuri lors de cette mandature. Collection Jean-Marc Husser Le nouveau conseil municipal élu en 1983. François Kretz est à gauche et on distingue, semble-t-il, l’actuel maire Marcel Bauer (au fond avec des lunettes), qui sera adjoint au corso fleuri lors de cette mandature. Collection Jean-Marc Husser 1 / 2 Le nouveau conseil municipal élu en 1983. François Kretz est à gauche et on distingue, semble-t-il, l’actuel maire Marcel Bauer (au fond avec des lunettes), qui sera adjoint au corso fleuri lors de cette mandature. Collection Jean-Marc Husser Robert Weber, élu maire par les conseillers municipaux pour la fin de la mandature 1983-1989, après le décès de François Kretz, perdra les élections municipales de 1989 face à Gilbert Estève. Collection J.-M. Husser En 1983, Maurice Kubler, maire de Sélestat durant 18 ans (DNA du 9 février) , ne se représente pas . Au cours des 18 années suivantes, cinq maires seront élus. Ce sera d’abord François Kretz, lui aussi médecin, sorti vainqueur d’une campagne municipale particulièrement dure. Il décédera brutalement avant la fin de son mandat, que bouclera son adjoint Robert Weber avant de se faire balayer par la gauche, incarnée par Gilbert Estève. Mars 1983 : François Kretz arrache la victoire Au cours de ses trois campagnes municipales victorieuses, le Dr Maurice Kubler, élu maire de Sélestat en 1965, 1971 puis 1977, avait dû faire avec une opposition tenace. Mais le printemps 1983 est le théâtre de « l’une des batailles municipales les plus âpres », selon Jean Hurstel. Un organe de presse titre : « Du gros temps pour 6 ans ? » « Le journaliste avait un pressentiment », remarque l’historien local. « C’était une bataille vraiment acharnée, les tracts étaient terribles, les meetings étaient durs ! » Au premier tour en ce mois de mars 1983, dans une élection où les votants ne sont plus autorisés à panacher et doivent donc choisir une équipe complète, quatre listes sont en lice. Celle menée par Gérard Meschberger est soutenue par le maire sortant Maurice Kubler – qui ne se représente pas – et par le député Germain Gengenwin ; elle obtient 25 % des voix. La liste de gauche du socialiste Louis Boltz améliore encore son score de 1977 en recueillant près de 30 % des suffrages, tandis que la liste écologiste conduite par Jean-François Gueidan dépasse les 9 %. Le meilleur score, près de 36 % des voix, est pour la liste de droite et centre droit de François Kretz. A presque 39 ans, récemment entré en politique, il est tout de même depuis 1978 président départemental du Parti Républicain (PR) de François Léotard. Il est aussi conseiller général du canton de Sélestat depuis novembre 1980 après l’élection cantonale partielle intervenue à la suite du décès, dans un accident de voiture, du conseiller général Georges Klein. Une campagne qui avait elle aussi été « terrible », selon Jean Hurstel ; « il avait gagné au deuxième tour après une triangulaire acharnée et à l’issue d’une campagne épique, mais les plus mauvais coups venaient de son camp. » Au second tour des municipales de 1983, la liste du Dr Kretz l’emporte avec environ 200 voix d’avance sur celle de Louis Boltz (42,02 % contre 39,58 %). La gauche entre au conseil municipal avec cinq élus, dont celui qui sera maire en 1989, Gilbert Estève. La liste Meschberger recueille 18,40 % des suffrages et obtient trois sièges. François Kretz est élu maire avec 24 voix sur 33. Le conseil connaît un important renouvellement : seuls trois anciens sont encore là, parmi lesquels Eugène Griesmar, élu premier adjoint et dont la popularité a bien aidé à l’avènement du Dr Kretz. Pierre Hertrich, Robert Leimacher, Marguerite Schlecht, Robert Weber et Dominique Reinhart sont les autres adjoints, avec aussi l’actuel maire Marcel Bauer, qui était candidat aux municipales pour la première fois, sur la liste Kretz, et se voit charger de l’organisation du corso fleuri. « La campagne a été anormalement dure » et le nouveau maire est « éprouvé », appuie Jean Hurstel, qui confie avoir été un « ami personnel » de François Kretz. « Le soir de l’élection du maire, Gilbert Estève refuse de figurer sur la photo de groupe des 33 élus. » Cela n’empêche pas le nouveau premier magistrat de déclarer, tout juste installé dans son nouveau fauteuil : « Un esprit nouveau doit souffler sur notre ville. Il n’est pas interdit de s’enrichir de nos différences et de mettre en commun ce que nous avons de meilleur ». Décembre 1987 : un décès brutal « Son mandat n’a pas été de tout repos », indique Jean Hurstel, qui évoque une « opposition terrible ». Et outre ses fonctions de maire, François Kretz cumule les mandats : réélu conseiller général au premier tour en 1985, il devient aussi conseiller régional. Et il « continuait à exercer la médecine à plein-temps. Il avait des patients qui venaient de loin, des Bavaroises, des Autrichiennes… » Le Dr Kretz décède brutalement chez lui, à Ohnenheim, dans la nuit du 27 au 28 décembre 1987, laissant une veuve et deux enfants. Le 29 décembre, les DNA titrent qu’il a été « terrassé par une crise cardiaque à l’âge de 43 ans » et publient des « réactions unanimes : ‘‘C’est un coup dur pour Sélestat’’». D’après Jean Hurstel, et cela peut paraître logique, des rumeurs ont couru sur l’origine du décès du maire. « Durant les derniers mois avant sa mort, François Kretz a été menacé, ses enfants n’allaient plus à l’école d’Ohnenheim. » A la mairie, le 8 janvier 1988, les conseillers municipaux élisent comme maire l’adjoint aux finances Robert Weber pour la fin du mandat. L’expérimenté Eugène Griesmar, qui se voyait déjà sur le fauteuil, ne comprend pas. « Certains ont pensé que c’était un coup bas des locaux », précise Jean Hurstel. Mais la décision vient de Paris, où François Léotard et l’état-major de l’UDF veulent installer « quelqu’un de la même génération que François Kretz ». Juste avant la mort du maire en décembre 1987, le socialiste Gilbert Estève « prospectait à Marseille pour une circonscription et un canton, mais il apprend vite, très vite le décès de François Kretz ». Il renonce à ses envies d’ailleurs, jugeant sûrement le ‘‘coup’’ désormais possible à Sélestat. « Weber était habile, mais pas autant qu’Estève », estime Jean Hurstel. En février 1988, Robert Weber pâtit de la concurrence du populaire Camille Hihn, candidat UDF dissident, lors d’une triangulaire aux élections cantonales partielles. Gilbert Estève devient conseiller général et vise la mairie un an plus tard. Une petite révolution est en marche : la gauche s’apprête à prendre le pouvoir à Sélestat.

DNA