SELESTAT :Politique

valery-giscard-d-estaing-est-venu-remettre-la-legion-d-honneur-au-docteur-maurice-kubler-en-1976-1.jpgEn attendant de connaître le nom du futur président de la République et son hypothétique déplacement en Centre-Alsace, ils sont quelques- uns à être venus en visite officielle pendant qu’ils exerçaient les plus hautes fonctions de l’État. Rétrospective et souvenirs de Sélestadiens. Ils occupaient la plus importante fonction de l’Etat. Ils sont passés par Sélestat. Quelques présidents ont en effet fait le déplacement jusqu’à la capitale du Centre-Alsace durant leur mandat. Parfois pour seulement quelques minutes… Mais le protocole a toujours été respecté ! Ainsi, Raymond Poincaré, président de la République, est reçu une première fois le 10 décembre 1918 par le maire Auguste Stoffel, puis le 20 août 1919. L’homme d’Etat avait peut-être d’autant plus de facilités à venir dans la cité humaniste. Puisque le maire de l’époque n’était autre qu’un de ses cousins… « J’ai dû réciter le discours à tous les élus et au curé avant la visite de Vincent Auriol » Le président Alexandre Millerand viendra aussi le 29 mai 1923 remettre la croix de guerre à la ville de Sélestat, toujours au maire Stoffel. Le 4 juillet 1948, Vincent Auriol sera, lui, reçu par le maire Joseph Klein en gare de Sélestat. La visite présidentielle ne dépassera d’ailleurs pas le quart d’heure. Le président remontera bien vite dans le train afin de poursuivre son voyage à travers l’Alsace. Alors enfant, la Sélestadienne Jeanne Nickels Gal se souvient bien de ce jour particulier. Et pour cause, c’est elle qui a fait le discours de bienvenue en costume d’Alsacienne ! « Je ne sais plus comment j’avais été choisie pour accueillir le président. L’école, peut-être. J’avais appris par cœur le discours. J’avais dû aller le réciter quelques jours avant aux adjoints, au maire et au curé. Le jour venu, en gare de Sélestat, il y avait plein de fils partout pour retransmettre les discours par haut-parleur. J’avais un peu d’appréhension parce qu’en plus j’entendais beaucoup ma voix qui résonnait. Mais je m’en suis bien sortie. » Quelques jours plus tard, Jeanne recevra par courrier de nombreux livres en remerciement de sa prestation. Sous la V e République, le général De Gaulle est le premier président à passer par Sélestat le 21 novembre 1959 dans le cadre d’un voyage en Alsace de trois jours. Le représentant de l’Etat est reçu par le député-maire Albert Ehm dans une grande liesse populaire. Fils des propriétaires de l’ancien cinéma Trianon (à l’emplacement actuel de la librairie Wachenheim), Claude Schirlen avait une quinzaine d’années lors du passage du Général de Gaulle dans les rues de Sélestat. Il avoue ne plus avoir de souvenir de cette journée. Mais il tient de son père une drôle d’anecdote : « Les Renseignements Généraux étaient venus quelques jours avant pour préparer la visite présidentielle. Ils ont fait retirer toutes les affiches du film projeté. C’était une production allemande. Mes parents n’ont jamais reçu vraiment d’explications à ce sujet. » Alors ministre des finances, Valéry Giscard d’Estaing vient inaugurer la nouvelle caserne des pompiers en 1971. Il est accueilli par le maire Kubler. Camille Hihn, alors capitaine et chef de corps des pompiers se souvient de ce passage. Élu président, VGE reviendra en 1976 décorer le Dr Kubler du titre de Chevalier de la Légion d’honneur. « J’ai revu M Giscard d’Estaing lors de sa dernière visite au Lycée Koeberlé en 2010. Je lui ai rappelé ses précédents passages. Il se souvenait bien de moi ! J’étais aussi présent lors du passage du général De Gaulles. J’étais présent avec les pompiers sur la place d’armes. C’était un truc formidable. Lors de la Seconde Guerre mondiale, on se saluait avec mes copains en faisant un deux avec nos doigts sur notre col de chemise pour signifier notre sympathie à la résistance… », sourit Camille Hihn. Après son unique mandat, VGE viendra encore à Sélestat débattre du traité de Maastricht en 1992 avec Elisabeth Guigou. Pas encore président de la République (il devra patienter tout de même jusqu’en 1995), Jacques Chirac viendra en 1977 soutenir la candidature d’Albert Ehm pour les élections législatives de 1978. Il était alors maire de Paris et ancien premier ministre. Mais cela, c’est déjà une autre histoire… par Vivien Montag, publié le 20/04/2012