Saint-Quirin

un-bouillon-de-cultures.jpgQuartiers d’été (4) Un bouillon de cultures Saint-Quirin, ancienne église du couvent de Sylo, dont l’état actuel se dégrade. Photo Christine Romanus « L’Alsace » poursuit sa découverte de Sélestat par ses quartiers, de La Commanderie au temple, en passant par Saint- Quirin… Les nouveaux remparts mettent les monastères à l’abri. Sauf les Hospitaliers, ou Chevaliers de saint Jean, qui accueillent gratuitement dans leur maison à l’extérieur les touristes, pèlerins et autres voyageurs. Installés en 1222 (?) sur un jardin appartenant aux Rathsamausen, ils sont contents de respirer l’air vivifiant de la campagne. Petit à petit, ils vont déborder vers l’intérieur. Il reste d’eux le Ritterhof et la Commanderie. Les Dominicaines s’installent en 1245 sur des terres du prieuré de sainte Foy, rejointes en 1258 par quelques sœurs de l’abbaye de Sylo, près de Ribeauvillé. Elles construisent un petit oratoire à saint André qui est inauguré en 1270 par Albert le Grand, alors évêque de Ratisbonne. Puis des bâtiments conventuels dont l’église terminée en 1286 est construite tout à fait exceptionnellement « au midi du cloître » à cause du premier rempart qui coupe la parcelle en deux. Actuellement, leur beau cloître est en train de tomber en ruines. Béguines et Béguards Les Franciscains, invités par les De Werdt, démarrent la construction de leur couvent en 1280, à l’emplacement de l’hôtel des Rathsamausen. Le Muhlbach passe sous une voûte, entre l’église et le cloître. Intact jusqu’en 1881, il n’en reste que le chœur devenu temple protestant. Les Dominicains s’installent en 1294 à l’invitation des Botzheim. Leur église, inaugurée en 1316, est dotée d’une riche bibliothèque qui fait l’admiration des visiteurs. Il ne reste d’eux que le nom d’une rue et une stèle rue des Prêcheurs. À Sélestat comme à Bruges, il y a des Béguines et des Béguards, mais hélas, pas de joli béguinage. Les Béguines étaient installées à quelques-unes dans des maisons proches des Franciscains : place du Serpent, rue Jeanne-d’Arc ou au fond de l’impasse Plobmann. Vêtues de gris, elles ont à charge le soin des malades et des tombes. Ce ne sont pas des religieuses, elles ne sont pas cloîtrées et conservent leurs biens. Les Beghards, leur pendant masculin, vivent dans l’impasse de la rue des Clefs. Les deux disparaissent avant 1530. Émulation intellectuelle La concentration de maisons religieuses est assez extraordinaire dans ce petit périmètre. À plusieurs reprises, on essaye de les limiter : en 1422, un arrêté municipal interdit aux artisans de construire pour les couvents. Louis XIV les oblige à céder du terrain pour construire des maisons à loyer. Mais l’émulation qui devait être rude entre les ordres a aussi été un facteur fort de développement intellectuel et a contribué à servir le goût de l’instruction amené par la suite à son plus haut niveau par l’école latine. Vers 1350, il y a 500 à 550 maisons, environ 5500 habitants (1303 contribuables en 1396, dont 200 dans le Faubourg). Il ne subsiste plus grand-chose des biens immobiliers détenus par la trentaine de familles qui avaient pignon sur rue. Celle que regretteront le plus les enfants est la maison des Botzheim, à l’angle de la rue des Chevaliers et de la rue du Marteau où habitait aussi M. Hammer : entre autres agréments, elle possédait un zoo. EN SAVOIR PLUS « Histoire architecturale et anecdotique de Sélestat » d’après Alexandre Dorlan le 18/08/2012 par Christine Romanus

Journal L'ALSACE