Raviver les souvenirs de guerre

quelque-120-cliches-et-200-objets-sont-exposes-au-public-jusqu-au-23-septembre-photo-dna-jean-pa.jpgSélestat Exposition au caveau Sainte-Barbe Raviver les souvenirs de guerre Quelque 120 clichés et 200 objets sont exposés au public jusqu’au 23 septembre. Photo DNA – Jean-Paul Kaiser Au caveau Sainte-Barbe, une exposition retrace sans tabou la vie quotidienne des Sélestadiens pendant la guerre 39-45. Des objets, des lettres et des photos, collectés par l’association Mémoires de Sélestat. Vendredi, premier jour d’ouverture de l’exposition, 300 personnes sont venues se souvenir de ce qu’ils ont vécu pendant l’annexion, chercher des témoignages sur un de leurs parents disparus ou simplement connaître ce pan de l’Histoire que Jean-Marc Husser, président de l’association Mémoires de Sélestat, a voulu présenter dans toutes ses dimensions. « Il ne fallait pas omettre d’évoquer la collaboration et la résistance, ni la honte en ce 70 e anniversaire de l’incorporation de force ». Étienne Sengler, 87 ans, est un de ces malgré-nous. « Trop tard », estime-t-il, « On aurait dû en parler bien avant. Dans la salle de l’exposition, j’ai repéré quatre ou cinq personnes encore vivantes qui ont connu la guerre ». À 20 ans, il fut forcé de rejoindre le RAD (service du travail obligatoire) puis la Wehrmacht en tant que télégraphiste, « sa chance », dit-il, car il n’était pas « en première ligne ». Le 1 er mai 1945, il s’est retrouvé dans la bataille de Berlin, souffrant d’une balle perdue dans le genou. « J’ai appris seulement en 1995 que mon grand- père était résistant » « On m’a dit de ne pas dire que j’étais français car ils cherchaient les “Charlemagnes” comme ils appelaient la division de volontaires français pour combattre dans le dernier carré de la ville ». Étienne est un des derniers à revenir en novembre 1945 à Sélestat, amaigri par ces années de guerre. Marie-Charlotte Elsaesser, née Schoepff, n’a, quant à elle, pas vécu la guerre mais est venue chercher des réponses. Dans la collection de documents prêtés par Milo Menzer – son père Émile Menzer était chef des FFI (Forces françaises de l’intérieur) de l’arrondissement de Sélestat – elle a retrouvé le nom de son grand-père. « J’ai appris seulement en 1995, en fouillant dans la table de nuit de ma grand-mère, qu’il était résistant. C’est pour moi une grande fierté », confie la professeure d’anglais. Elle savait déjà que son papa avait conduit en mars 1944 deux Américains au Haut-Koenigsbourg. « Si je suis là aujourd’hui, c’est parce que je cherche quelqu’un qui pourrait me parler de mon oncle, Jean, qui a été dénoncé. Je sais seulement qu’il est mort en Pologne ».

DNA