Notre-Dame-De La Paix 50 Ans

le 23/10/2010

Sélestat / Célébration

Notre-Dame-de-la-Paix fête ses 50 ans

     Le 30 octobre 1960, l'église Notre-Dame-de-la-Paix, dont la construction avait commencé en 1957 dans le quartier du Heyden, était consacrée par l'archevêque Jean-Julien Weber. Le week-end prochain, cet anniversaire sera célébré à travers des messes et une exposition de photographies mise en place par l'association Mémoires de Sélestat.

      Avec sa tour rectangulaire ornée d'une dentelle de béton, Notre-Dame-de-la-Paix fait partie du paysage du quartier du Heyden depuis 50 ans. Mais il aura fallu plus d'une vingtaine d'années pour que le quartier obtienne son église. Déjà avant la deuxième guerre mondiale, la population réclame son propre lieu de culte, les églises Sainte-Foy et Saint-Georges étant situées en centre-ville.

Les paroissiens effectuent des quêtes pour financer la construction

      La construction de l'église Saint-Antoine, en 1933, apporte une première solution, mais avec le développement du quartier dans l'après-guerre, le besoin se fait de nouveau sentir. C'est d'ailleurs à cette époque que vont être construits l'école Oberlin (aujourd'hui Wimpfeling) et le centre hospitalier. Des contacts sont donc pris à partir de 1950 entre le conseil de fabrique de Sainte-Foy et Saint-Georges et la municipalité de Joseph Klein. Un premier terrain est proposé, mais il se révèle trop exigu.
 Finalement, la municipalité d'Albert Ehm propose en 1955 un terrain de 50 ares situé au croisement de la rue Hans-Tieffenthal et de la rue Pasteur. Parmi les dix projets proposés, fut retenu celui de l'architecte strasbourgeois Mario Cardosi. « Le financement a été assuré par le conseil général, la Ville de Sélestat, l'évêché, la paroisse, mais aussi par des quêtes à Sélestat et dans les environs, explique Jean-Louis Golling, actuel trésorier du conseil de fabrique. Je me souviens que mon père effectuait des quêtes dans les villages ».
 Les travaux démarrent en juin 1957, le gros œuvre ayant été confié à la même entreprise qui assurait celui du centre hospitalier. La pose de la première pierre a lieu le 29 septembre 1957 en présence de Mgr Jean-Julien Weber, évêque de Strasbourg : le bloc de grès provient de l'église Saint-Georges et on y a scellé un parchemin décoré par un habitant du quartier. La construction du clocher commence en janvier 1958 et la première messe est célébrée dans le bâtiment inachevé à la Pentecôte de la même année : jusqu'ici, les messes avaient lieu sous le préau de l'école Oberlin, puis dans une chapelle provisoire, « une baraque en bois », explique Jean-Louis Golling. Par la suite, les messes ont lieu dans le foyer (voir ci-contre), dont la construction débute en février 1959.
 Les travaux s'achèvent et la consécration a lieu les 29 et 30 octobre 1960. Le samedi, Mgr Neppel, vicaire général, bénit la partie extérieure et le foyer, et le dimanche, l'évêque Jean-Julien Weber consacre l'église et la dédie à Notre-Dame-de-la-Paix. La paroisse devient autonome en 1961 - le premier curé étant l'abbé Jean Fuchs - et le demeure jusqu'en 2000, date à laquelle elle est rattachée à la paroisse Saint-Georges-Sainte-Foy. En 2008, elle est intégrée à la communauté de paroisses cité humaniste.

« Certains Sélestadiens ont encore du mal à franchir le pont »

      Entre temps, l'église se voit dotée d'un orgue, œuvre d'Alfred Kern, inauguré en 1968 et de trois cloches, bénies en 1971. A ce sujet, Jean-Louis Golling raconte que le poids des cloches a été revu à la baisse, passant de trois à deux tonnes, pour éviter qu'elles ne fassent trop de bruit !
 En 50 ans, l'église a bien vieilli et n'a nécessité que des petits travaux. Elle reste ancrée dans le quartier, attirant également des fidèles de villages environnants, même si la fréquentation a baissé et que deux messes par semaine y sont célébrées, contre trois auparavant. « Certains Sélestadiens [qui fréquentent les églises du centre-ville] ont encore du mal à franchir le pont et ne mettent jamais le pied ici », remarque Jean-Louis Golling. Le cinquantenaire en sera l'occasion, puisque une messe unique sera célébrée dimanche à l'église Notre-Dame-de-la-Paix.

Émilie Brotel

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