Les Pietineurs d'oignons

Sélestat / Patrimoine agricole

Pour la sauvegarde de l’oignon sélestadien

Hier, sept des membres de la confrérie des Zewwelatreppler (*) se sont retrouvés autour du champ de Gérard Schenck, ancien maraîcher et actuel conservateur de ladite confrérie. La mission du jour ? Planter les toutes premières semences d’oignon de Sélestat.

Les membres de la confrérie des Zewwelatreppler sèment des oignons de Sélestat.  (Photo DNA — Valérie Wackenheim

 

Chapeau de paille du jardinier, long tablier bleu de maraîcher, sans oublier un collier à oignon en bois tourné, voilà les confrères fins prêts.

Mettre d’abord les graines dans le semoir en métal. « Il est d’époque, précise Gérard Schenck conservateur de la Confrérie, il appartenait à mon grand-père, des comme ça, on n’en trouve plus ! » Ensuite traverser le champ dans un sens puis dans l’autre et « en ligne droite, si possible, messieurs ». Chacun à leur tour, les membres s’exécutent.

Les petites graines du jour ont fait l’objet d’un soin tout particulier. Et pour cause ! Sans l’intervention de Gérard Schenck et de Jacques Meyer, premier adjoint sélestadien et ancien grand maître de la Confrérie, l’oignon de Sélestat aurait tout bonnement disparu.

« Il y a quelques années, un ancien maraîcher m’a contacté. Il m’a confié les toutes dernières semences d’oignon de Sélestat. Il fallait faire quelque chose ! Il en va du patrimoine de la commune », explique Gérard Schenck. La spécificité de cette variété ? Sa forme. « C’est un oignon plat ! » Quant au goût ? « Il est beaucoup plus doux que les autres variétés. »

Première récolte dans trois ans

« Il n’y avait au départ que quelques grammes de graines », poursuit le premier adjoint. Aujourd’hui, grâce au savoir-faire de Gérard, nous avons un sac de 3 kg »

Un véritable petit trésor gît désormais dans le jardin du conservateur. D’autant plus qu’« aujourd’hui, en dehors de la Confrérie, plus personnes ne le plante ! », s’exclame-il.

Une fois les premières lignes semées, s’équiper de planches de bois. Les fixer sous les semelles et piétiner l’espace ensemencé. C’est Jean-Claude Donius, ancien adjoint à la culture et membres de la confrérie depuis sept ans qui s’y colle le premier.

« C’est une étape importante, confie Guy Ritter, adjoint aux Moyens généraux de la ville mais aussi chancelier des Zewwelatreppler, il faut bien enfoncer les graines pour éviter que les oiseaux les mangent. »

Laisser germer le tout durant un an. « Là, les petits bulbes sont repiqués. Et il faut encore une année pour les récolter », poursuit l’ancien maraîcher. Dégustation prévue dans trois ans, de préférence dans une bonne tarte à l’oignon. « D’après les anciens, ça lui donne un petit goût particulier », glisse Gérard Schenck.

Valérie Wackenheim

(*) Les piétineurs d’oignons.