Le service public, une valeur locale

des-etudiants-pauvres-etaient-loges-nourris-et-blanchis-contre-services-a-la-paroisse-la-maison-ou.jpgun-tag-de-presque-450-ans-sur-l-eglise-saint-georges-niclaus-mandray-etait-eleve-de-l-ecole-latine-1.jpgLe service public, une valeur locale Un tag de presque 450 ans sur l’église Saint-Georges : Niclaus Mandray était élève de l’école latine en 1579. Photo Christine Romanus Marquons une pause dans cette balade à travers les quartiers de Sélestat pour nous intéresser à l’hôpital et à l’école, deux institutions bien ancrées dans la ville. L’HÔPITAL. L’hospitalité, au Moyen-Âge, est de règle : on se doit d’accueillir les malades, les pauvres, les vieillards et les voyageurs, obligation monastique généralisée aux communes. Le prieuré de sainte Foy y pourvoit au début, puis un petit hôpital est édifié près du port, au 17 rue des Tanneurs actuel. Il est remplacé vers 1300, par celui des Trinitaires de l’ordre du Saint-Esprit installé à l’extérieur du premier rempart, et à l’intérieur du deuxième, près de la Niederthor : une maison et une église, bientôt complétées par une ferme et toutes les installations nécessaires. Il y a le bureau et le logement de l’économe et de sa famille, une lingerie, des chambres pour les bonnes (à 13 lits), un réfectoire avec service en étain, une cuisine, des greniers, une salle pour les indigents (11 lits), une autre pour les malades (22 lits), une troisième pour les enfants, une chambre pour le personnel, l’appartement de l’aumônier, le logement du chef de culture, celui de son aide et du berger, une chapelle Saint-Nicolas (sous l’actuelle poudrière), un petit cimetière, des jardins et des vergers. Le tout en longueur, coincé entre les deux murailles. L’invention de la bourse d’études En 1474, le personnel de l’hôpital est exclusivement laïc et subordonné au magistrat. C’est un service public de proximité, gratuit et accessible à tous. L’ÉCOLE. L’école latine a porté la réputation de Sélestat bien au-delà des frontières de l’Alsace. Cette heureuse notoriété confrontait les habitants aux avantages et inconvénients de la présence de très nombreux jeunes gens dont un, au moins, a légué son nom à la postérité en le gravant sur l’église. La majorité des 700 élèves que paraît avoir comptés l’école est logée chez l’habitant, fournissant souvent un revenu complémentaire appréciable et parfois quelques dettes moins aimables. Il est bien demandé aux maîtres de veiller à ce que les élèves ne s’attardent pas dans la rue, ne s’y livrent pas à des jeux inconvenants et ne font pas de torts aux bourgeois. Mais la ville, fière de son école, se met en quatre : elle enrichit et entretient la bibliothèque, paye le directeur, fournit les locaux et du bois de chauffage dont elle contrôle le bon usage. Elle va plus loin, et crée une « école allemande » pour tous les enfants de la ville de moins de douze ans. Encore mieux, elle invente la bourse d’études. Quatre étudiants pauvres sont logés, nourris et blanchis contre services à la paroisse, en particulier chez les agonisants. La petite maison où ils logent existe encore, près de Saint-Georges. Elle porte sur son flanc une lame dorée. EN SAVOIR PLUS « Histoire architecturale et anecdotique de Sélestat » d’après Alexandre Dorlan

Journal L'ALSACE