« Le Corso fleuri ? Il n'a pas pris une ride ! »

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Longue vie à la dame aux dahlias !

Pour fêter le quatre-vingtième anniversaire du Corso fleuri de Sélestat, l'office de la culture met en place une exposition rétrospective au caveau Sainte-Barbe. L'occasion de revenir sur l'histoire de la fête aux 500 000 dahlias.

 « Le Corso fleuri ? Il n'a pas pris une ride ! » prévient René Fuchs, membre de l'association Mémoires de Sélestat. Cette grande dame s'apprête à souffler quatre-vingt bougies ce samedi 8 août sans avoir rien perdu de sa fraîcheur.

L'événement attire jusqu'à 100 000 spectateurs

 Bouton de fleur, la demoiselle est née en 1929 sur l'initiative du maire de l'époque, le docteur Auguste Bronner. Ce dernier avait décidé de faire passer les cortèges fleuris du congrès des jardins ouvriers sous l'égide de la municipalité.
 De jeune fille en fleur, la dame a vite pris de la vigueur. Les groupes défilent d'abord avec des charrettes poussées par des enfants et des calèches tirées par des chevaux. Les chars en carton, puis en bois, en métal prennent le relais.
 Un brin nostalgique, René Fuchs se souvient des préparatifs de la fête aux 500 000 dahlias : « J'avais cinq, six, huit ans. On mettait les clous dans les fleurs, et on les passait aux parents qui les clouaient sur les chars. »
 L'événement attire jusqu'à 100 000 spectateurs. Durant ces années fastes, seuls les Sélestadiens du centre-ville ont le privilège de ne pas payer pour assister au Corso. Et donc, les plus jeunes sont prêts à tout pour assister à cette grande fête à moindre frais. Jean-Marc Husser, président de Mémoires de Sélestat, se rappelle qu'une fois il avait « réussi à se faufiler par le jardin de la voisine, à contourner les barrières pour être au-devant sans payer... » Les deux gamins d'alors admirent la décoration des chars gardée secrète jusqu'au défilé, font la queue pour pénétrer dans la caravane foraine de la grosse Bertha et s'enflamment devant les catcheurs venus défier les Sélestadiens sur le ring. « C'était notre fête ! »
 A la fleur de l'âge, la belle dame a pris ses habitudes : tous les ans depuis 1954, un nouveau thème est choisi par le maire. Du conte de fées, la dame a visité l'univers de Walt Disney, le château du Haut-Koenisgbourg et même Tintin au pays des dahlias.

Pour renouveler la fête,
les idées
ne manquent pas

 Devenue célèbre, il lui faut suivre l'air du temps : les chars sont ornés de fils lumineux pour les cortèges du soir, les fleurs collées au lieu d'être clouées et les dahlias importés de Hollande.
 L'âge n'y changeant rien, le parfum de la dame continue à susciter l'émotion, parfois jusqu'à Paris, comme avec la joyeuse alsacienne dénudée de Tomi Ungerer sur l'affiche du Corso de 1990.
 Les années passant, certains diront que la belle dame s'est fanée. Les circuits de karting ont disparu et « seulement » 30 000 spectateurs sont venus en 2008. Cela ne signifie pas pour autant que la fête des dahlias est bonne à jeter aux orties !
 Le Corso doit faire face à la prolifération des événements estivaux dans le reste de l'Alsace. Selon Philippe Rauel de l'office de la culture, « l'Alsace est aujourd'hui une des régions les plus denses en activités et en animations ».
 Pour renouveler la fête, les idées ne manquent pas. Deux concerts sont organisés cette année, celui du groupe rock Elmer Food Beat et celui des Buttshakers. Les groupes folkloriques sont également soigneusement choisis, comme les Gilles de Montigny en Belgique qui portent une coiffe en forme de dahlia pompon.
 En hommage aux quatre-vingt ans de la dame aux dahlias, une exposition "clin d'oeil" lui est consacrée, composée d'affiches, de programmes, de photos et d'objets pour réveiller les souvenirs ou faire découvrir les succès du corso fleuri.

 

Julie Olivier