Le cordonnier qui vivait dans la tour de l'église Saint-Georges

le-cordonnier-qui-vivait-dans-la-tour-de-l-eglise-saint-georges-veillait-sur-la-ville-tout-en-travai-1.jpg Quartiers d’été L’essor d’une ville Le cordonnier qui vivait dans la tour de l’église Saint-Georges veillait sur la ville tout en travaillant. Photo Catherine Chenciner Notre flânerie à travers les quartiers de Sélestat se poursuit du côté du Marché-aux-Pots, de la rue Déroulède et d’une nouvelle église paroissiale… Le 10 avril 1217, il y a bientôt 800 ans, naissait par un accord entre Frédéric II et le prieur Pierre, la ville de Sélestat. Le prieur abandonne à l’empereur divers droits, la moitié des péages et des amendes, la nomination du prévôt et du collecteur. En échange, il obtient toutes les possessions royales de Sélestat, Burner et Kintzheim. La ville doit désormais se protéger et construit ses remparts : une enceinte de 1100 mètres bordée d’eau, en briques et soubassement de pierres, crénelée, avec 18 tours. Trois portes permettent d’y entrer : l’Oberthor, au centre du Marché aux pots, la Niederthor, à la place de la porte de Strasbourg, et la Fischerthor, qui mène au port. Les portes sont gardées, ouvertes au petit jour et fermées la nuit. Il y a trois voies principales : Oberthor, rue des Serruriers, rue de l’Église ; Oberthor, rue des Marchands, Marché vert, Niederthor ; Niederthor, rue des Veaux, rue des Oies, Fischerthor. Les autres rues mènent aux remparts et finissent en escalier : impasses de la Jauge, des Pigeons et de l’Église, rues du Vieux-Marché-aux-Vins, de la Bibliothèque, du Babil, de l’Abattoir, et même la rue des Chevaliers. Environ 270 maisons, peintes de couleurs vives, occupent les deux tiers de la superficie. Le tiers restant appartient aux couvents et aux monastères. La rue du Sel est un sentier qui longe le petit Giessen. Bouchons au marché Hors ces murs, il y a divers établissements rattachés à la ville. L’un d’eux, situé Porte de Colmar, est une tuilerie. Un four immense, surmonté d’une cheminée, 10 à 15 mètres de haut. En 1245, on y découvre, ou on y redécouvre la technique de la poterie vernissée, technique qui s’exporte très vite, très loin, et fait la gloire de Sélestat. On y cuit de la vaisselle, des carreaux de sol et de poêle et, au XV e siècle, ces merveilleuses feuilles d’érable vernissées qui ornent encore aujourd’hui les faîtes du chœur de Saint-Georges. Le marché aux pots est installé à l’Oberthor, rue Déroulède. L’endroit est plein de vie : les arrivants en ville, piétons, cavaliers, charrettes, passent entre les éventaires et payent le péage. Il devait y avoir quelques bouchons. Curieuse construction La ville est en essor : la tuilerie attire de nombreux potiers, le port marche bien, de nombreuses communautés religieuses veulent se mettre à l’abri des murs. Les Dominicaines, les Chevaliers de saint Jean, les Dominicains, les Franciscains s’entassent et débordent même des murs. Les habitants décident de se doter d’une église paroissiale, et démolissent pour la construire la chapelle romane qui avait remplacé la chapelle palatine. Curieuse construction que cette église Saint-Georges, achevée vers 1230, dotée d’un nouveau chœur en 1415, mais ne répondant à aucun plan d’ensemble. La confrérie Maria Raydt est chargée de suivre les comptes ; au XVI e siècle, elle s’installe dans les anciens locaux de l’école latine et y reste jusqu’à la Révolution. À Ribeauvillé, elle existe encore. Dans la tour de Saint-Georges se cache une petite maison. Elle servait aux cordonniers qui veillaient sur la ville tout en travaillant. Elle est presque en ruine, mais encore équipée de sa gouttière. Dans quelles tempêtes surréalistes est pris ce clocher ? EN SAVOIR PLUS « Histoire architecturale et anecdotique de Sélestat » d’après Alexandre Dorlan. le 25/07/2012 à 05:00 par Christine Romanus

Journal L'ALSACE

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