En souvenir du Franciscain de Bourges

dans-le-film-le-franciscain-de-bourges-tourne-par-claude-autant-lara-en-1968-le-role-d-alfred-s.jpgimage-1.jpgAlsace Centrale En souvenir du Franciscain de Bourges Dans le film « Le Franciscain de Bourges » tourné par Claude Autant-Lara en 1968, le rôle d’Alfred Stanke fut tenu par l’acteur Hardy Kruger. DR Félix Desgeorges, marchand de vin, boite à lettres du courrier des détenus, frère Alfred et Georges Ruetsch, interprète à la Préfecture. DR Ce dimanche, une plaque en mémoire du Franciscain de Bourges sera dévoilée au couvent Saint-Antoine à Sélestat. Celui qui sauva de nombreux prisonniers de la Gestapo à Bourges avait fini sa vie dans la Cité humaniste. C’est un beau parcours de vie, qui se termina tragiquement dans un incendie en septembre 1975 : le frère Alfred Stanke, plus connu sous le nom du « Franciscain de Bourges », aura désormais une plaque à son nom au couvent Saint-Antoine de Sélestat, là où il avait choisi de finir ses jours. Celle-ci sera dévoilée ce dimanche 28 octobre. Durant la Seconde Guerre mondiale, ce frère allemand mobilisé dans l’armée, s’illustra à Bourges, où, affecté comme surveillant et infirmier, il soigna et sauva les prisonniers de la Gestapo. Il aida même les résistants à communiquer avec l’extérieur et participa, au péril de sa vie, à la libération de prisonniers. Son histoire fut connue grâce au livre « Le Franciscain de Bourges » qu’écrivit l’un de ces prisonniers, Marc Toledano, en 1967. Le cinéaste Claude Antant-Lara en tira un film du même nom en 1968, avec Hardy Kruger dans le rôle-titre. Né à Dantzig (aujourd’hui Gdansk, en Pologne) en 1904, frère Alfred fut mobilisé comme infirmier durant la guerre et affecté à la prison de Bourges en 1942. C’est là que, fidèle à sa foi, il choisit d’aider et soigner les résistants prisonniers, torturés par la Gestapo. Allant plus loin, il devint même messager des résistants au péril de sa vie, et parvint à en sauver de la mort et de la déportation. Parmi ceux-ci, les frères Yves et Marc Toledano, arrêtés en septembre 1943. C’est leur histoire que Marc écrivit en 1967. Il raconte comment Alfred, dans sa cellule, avait expliqué ses actes : « Tout homme qui souffre est l’ami d’Alfred, quel qu’il soit, quelle que soit la couleur de sa peau, quelles que soient sa religion, son origine, sa nationalité, quoi qu’il ait fait pour mériter la prison. » Dans ce combat, il fut aidé entre autres par Georges Ruetsch, originaire de Hirsingue, marié à une jeune femme de Bourges, qui fut interprète à la préfecture durant l’Occupation, et Félix Desgeorges, un marchand de vins dont la maison servit de boîte aux lettres. La guerre terminée, il était retourné en Allemagne, du côté d’Heidelberg. En 1947, il avait été reçu en héros à Bourges. Comment ses pas l’ont-ils mené jusqu’à Sélestat ? « En 1968, quand le film fut présenté à Sélestat, il fut hébergé au couvent Saint-Antoine et s’y trouva bien, explique Marie-France Chausson, fille de Georges Ruetsch et présidente des Amis du Franciscain de Bourges. Il préférait être en France qu’en Allemagne, et s’y rendait souvent, mais il parlait mal le français ; Sélestat est donc devenu son lieu de vie. » D’autre part, il était ainsi non loin de sa sœur, avec laquelle il avait monté en 1956 une auberge de jeunesse franco-allemande à Neuried, près de Lahr. Il passa ainsi des jours paisibles à Sélestat. Mais il avait pour habitude de brûler des cierges devant des images pieuses dans sa chambre ; dans la nuit du 18 au 19 septembre 1975, un incendie ravagea sa cellule. Transporté à l’hôpital des grands brûlés à Metz, il y mourut le 23 septembre. Ses obsèques furent célébrées à la cathédrale de Bourges ; conformément à ses souhaits, il fut enterré près des tombes des aviateurs anglais et de celle de Georges Ruetsch, mort en 1963. ASSISTER Ce dimanche 28 octobre, une plaque en son souvenir sera dévoilée au couvent Saint-Antoine de Sélestat, après la messe de 10 h. Y assisteront les Chausson, et sans doute les petits-enfants de Félix Desgeorges et la sœur de Georges Ruetsch. le 27/10/2012 par Françoise Marissal

Journal L'ALSACE