Journal L'ALSACE

Une stèle

Sélestat-Une stèle en hommage aux Justes parmi les Nations 

Du 29/01/2014 

 

 

 

Sélestat, cité humaniste. C’est en référence à celle-ci que la communauté israélite a souhaité que la Ville célèbre la mémoire des Justes parmi les Nations. Une plaque rappelant leur engagement se trouve désormais devant la synagogue.

le quartier de la gare

,La  star de l’expo Mémoires de Sélestat Jean Marc HUSSERL’association Mémoires de Sélestat expose, du 7 au 15 octobre, au caveau Sainte-Barbe plus d’une centaine de documents sur le quartier de la gare dont certains datent de 1890.  Le 30/09/2014  par Raymond SchochLe quartier de la gare star de l expo memoires de selestat

L’Alsace Plume agricole

image-2.jpg L’Alsace Plume agricole L’Alsace Plume agricole Notre collègue de l’agence de Sélestat Denis Ritzenthaler vient de prendre sa retraite. En plus de ses missions de localier, il a eu en charge la rubrique agricole et viticole, où il a su se faire respecter et apprécier du monde agricole. Il aura désormais le temps de déguster de bons vins, et de s’investir dans son mandat d’adjoint au maire à Ostwald.

Décès de Marcel Brunstein, ancien adjoint au maire

marcel-brunstein-avait-fait-un-dernier-mandat-entre-2001-et-2008-archives-l-alsace.jpg Décès de Marcel Brunstein, ancien adjoint au maire Marcel Brunstein avait fait un dernier mandat entre 2001 et 2008. Archives L’Alsace « Même si nous n’étions pas du même bord, les relations avec lui ont toujours été empreintes d’un grand respect ; c’était un homme correct, qui s’investissait dans sa fonction. » Marcel Bauer, le maire de Sélestat, s’est dit « bouleversé » par l’annonce du décès hier matin de Marcel Brunstein, à l’âge de 66 ans. « Respecté » est effectivement le terme qui revient dans la bouche de tous ceux qui ont côtoyé celui qui fut adjoint aux finances dans l’équipe de Gilbert Estève puis celle de Pierre Giersch, de 1989 à 2001. « Il avait une mentalité humaine certaine, souligne l’élu d’opposition Stéphane Klein, c’était un modèle pour un jeune élu comme moi qui a débuté à ses côtés au conseil municipal de Sélestat. C’était un travailleur acharné, faisant primer l’intérêt général sur l’intérêt particulier. » Jean-Jacques Renaudet, qui a été dix-huit ans élu à ses côtés, décrit « un homme d’une droiture comme j’en ai rarement rencontré dans ma vie, d’une intégrité incroyable ». Professeur de physiques au lycée agricole d’Obernai, marié et père de deux filles, Marcel Brunstein était entré au conseil municipal de Sélestat en 1989, comme adjoint aux finances. Il avait fait deux mandats à cette fonction, avant de faire un mandat dans l’opposition de 2001 à 2008. Il était également très impliqué dans la vie paroissiale, et était président de l’association du foyer Saint-Georges. « Si le foyer est ce qu’il est aujourd’hui, c’est grâce à lui », indique Marcel Bauer, qui rappelle par ailleurs que Marcel Brunstein et lui étaient « sur la même longueur d’onde » pour obtenir un arrêt TGV à Sélestat. le 08/11/2012 par F. Marissal

En souvenir du Franciscain de Bourges

dans-le-film-le-franciscain-de-bourges-tourne-par-claude-autant-lara-en-1968-le-role-d-alfred-s.jpgimage-1.jpgAlsace Centrale En souvenir du Franciscain de Bourges Dans le film « Le Franciscain de Bourges » tourné par Claude Autant-Lara en 1968, le rôle d’Alfred Stanke fut tenu par l’acteur Hardy Kruger. DR Félix Desgeorges, marchand de vin, boite à lettres du courrier des détenus, frère Alfred et Georges Ruetsch, interprète à la Préfecture. DR Ce dimanche, une plaque en mémoire du Franciscain de Bourges sera dévoilée au couvent Saint-Antoine à Sélestat. Celui qui sauva de nombreux prisonniers de la Gestapo à Bourges avait fini sa vie dans la Cité humaniste. C’est un beau parcours de vie, qui se termina tragiquement dans un incendie en septembre 1975 : le frère Alfred Stanke, plus connu sous le nom du « Franciscain de Bourges », aura désormais une plaque à son nom au couvent Saint-Antoine de Sélestat, là où il avait choisi de finir ses jours. Celle-ci sera dévoilée ce dimanche 28 octobre. Durant la Seconde Guerre mondiale, ce frère allemand mobilisé dans l’armée, s’illustra à Bourges, où, affecté comme surveillant et infirmier, il soigna et sauva les prisonniers de la Gestapo. Il aida même les résistants à communiquer avec l’extérieur et participa, au péril de sa vie, à la libération de prisonniers. Son histoire fut connue grâce au livre « Le Franciscain de Bourges » qu’écrivit l’un de ces prisonniers, Marc Toledano, en 1967. Le cinéaste Claude Antant-Lara en tira un film du même nom en 1968, avec Hardy Kruger dans le rôle-titre. Né à Dantzig (aujourd’hui Gdansk, en Pologne) en 1904, frère Alfred fut mobilisé comme infirmier durant la guerre et affecté à la prison de Bourges en 1942. C’est là que, fidèle à sa foi, il choisit d’aider et soigner les résistants prisonniers, torturés par la Gestapo. Allant plus loin, il devint même messager des résistants au péril de sa vie, et parvint à en sauver de la mort et de la déportation. Parmi ceux-ci, les frères Yves et Marc Toledano, arrêtés en septembre 1943. C’est leur histoire que Marc écrivit en 1967. Il raconte comment Alfred, dans sa cellule, avait expliqué ses actes : « Tout homme qui souffre est l’ami d’Alfred, quel qu’il soit, quelle que soit la couleur de sa peau, quelles que soient sa religion, son origine, sa nationalité, quoi qu’il ait fait pour mériter la prison. » Dans ce combat, il fut aidé entre autres par Georges Ruetsch, originaire de Hirsingue, marié à une jeune femme de Bourges, qui fut interprète à la préfecture durant l’Occupation, et Félix Desgeorges, un marchand de vins dont la maison servit de boîte aux lettres. La guerre terminée, il était retourné en Allemagne, du côté d’Heidelberg. En 1947, il avait été reçu en héros à Bourges. Comment ses pas l’ont-ils mené jusqu’à Sélestat ? « En 1968, quand le film fut présenté à Sélestat, il fut hébergé au couvent Saint-Antoine et s’y trouva bien, explique Marie-France Chausson, fille de Georges Ruetsch et présidente des Amis du Franciscain de Bourges. Il préférait être en France qu’en Allemagne, et s’y rendait souvent, mais il parlait mal le français ; Sélestat est donc devenu son lieu de vie. » D’autre part, il était ainsi non loin de sa sœur, avec laquelle il avait monté en 1956 une auberge de jeunesse franco-allemande à Neuried, près de Lahr. Il passa ainsi des jours paisibles à Sélestat. Mais il avait pour habitude de brûler des cierges devant des images pieuses dans sa chambre ; dans la nuit du 18 au 19 septembre 1975, un incendie ravagea sa cellule. Transporté à l’hôpital des grands brûlés à Metz, il y mourut le 23 septembre. Ses obsèques furent célébrées à la cathédrale de Bourges ; conformément à ses souhaits, il fut enterré près des tombes des aviateurs anglais et de celle de Georges Ruetsch, mort en 1963. ASSISTER Ce dimanche 28 octobre, une plaque en son souvenir sera dévoilée au couvent Saint-Antoine de Sélestat, après la messe de 10 h. Y assisteront les Chausson, et sans doute les petits-enfants de Félix Desgeorges et la sœur de Georges Ruetsch. le 27/10/2012 par Françoise Marissal

Fête du timbre Le feu sacré des philatélistes d’Alsace centrale

les-selestadiens-avaient-deja-accueilli-deux-fois-la-fete-du-timbre-archives-dominique-gutekunst.jpg Fête du timbre Le feu sacré des philatélistes d’Alsace centrale Les Sélestadiens avaient déjà accueilli deux fois la Fête du timbre. Archives Dominique Gutekunst Le feu est le thème de la Fête du timbre qui, ce week-end, est organisée à la salle Sainte-Barbe à Sélestat. Ce week-end, les philatélistes sélestadiens accueillent la célèbre « Fête du timbre ». « Cela n’était plus arrivé depuis 42 ans ! », rappelle Michel Sablier, le président, qui profite du 70e anniversaire de la société pour proposer, avec l’affiche nationale, une très grande manifestation. Seulement 118 villes de France bénéficient cette année de l’appui de la Fédération française des associations philatéliques mobilisée avec La Poste. Avec les camions de pompiers Les philatélistes occuperont le caveau, les deux étages et la place de la salle Sainte-Barbe. Le club des 2CV y a sa place avec ses vieux véhicules de pompiers puisque, après l’eau et la terre, le feu est le thème de la fête 2012. Le Gerris, l’association de découverte et de sauvegarde de la nature et du cadre de vie, enflammera la salle de conférence avec l’exposition de 80 photos. Onze auteurs montreront le feu sous divers aspects. La même salle accueillera l’association Mémoire de Sélestat qui sortira une partie de sa collection sur les années 39/45. L’amicale est née à Sélestat en 1942. Toujours au complexe Sainte-Barbe, la salle du haut est ouverte aux collections des philatélistes du cru, également à une douzaine de sociétés du groupement Alsace – Belfort. Il y aura aussi une collection de pèse-lettres et cartes postales des années 39/45. Quant aux marchands qui sont des professionnels, ils trouveront leur place au caveau. Les associations invitées, notamment les Amis de la bibliothèque humaniste ou l’association culturelle des alévis, y auront aussi un espace. Le public sera orienté vers les diverses animations. Il trouvera le bureau temporaire de la Poste qui donnera le cachet premier jour de Sélestat. Raedersheim, autre commune alsacienne, aura ce week-end son propre cachet. « Nous sommes une vingtaine de membres de l’amicale à travailler, avec l’aide de la Ville, à la préparation de cet événement inauguré samedi à 16 h en présence aussi du responsable des services de la Poste d’Alsace, d’un ancien président de la fédération… », explique Michel Sablier qui, depuis 20 ans, préside avec enthousiasme aux destinées de l’amicale. Il ajoute : « Nous avons eu deux timbres : le Haut-Koenigsbourg et la bibliothèque humaniste. Nous comptons une cinquantaine de membres. Les manifestations nous permettent de recruter de nouveaux membres… ». . Site philatelique67.e-monsite.com le 10/10/2012 par Denis Ritzenthaler

La passerelle inaugurée et le pont du Sand rendu à la circulation

la-nouvelle-passerelle-eclairee-a-cote-du-pont-du-sand-a-ete-inauguree-samedi-apres-midi-photo.jpg La passerelle inaugurée et le pont du Sand rendu à la circulation le 09/10/2012 par Raymond Schoch La nouvelle passerelle éclairée, à côté du pont du Sand, a été inaugurée samedi après-midi. Photo Raymond Schoch La nouvelle passerelle éclairée à côté du pont. Photo Raymond Schoch Après de longs travaux commencés au printemps, la passerelle jumelée au pont du Sand à Sélestat a été inaugurée samedi. En présence du maire Marcel Bauer et de nombreux habitants. C’est samedi après-midi que le pont du Sand a été inauguré officiellement et rendu à la circulation. En présence du maire de Sélestat, Marcel Bauer, de son premier adjoint Jacques Meyer, chargé de l’urbanisme, de plusieurs autres élus de la ville, de la conseillère régionale Anne Deschamps, des représentants de la SNCF et des représentants des entreprises ayant travaillé sur l’ouvrage, le pont du Sand et sa nouvelle passerelle ont été inaugurés et rendus à la circulation. Dans les cartons depuis vingt ans, les travaux avaient débuté au printemps de cette année. Ce point noir de la circulation est maintenant un espace sécurisé puisqu’une passerelle large de trois mètres, totalement isolée de la chaussée destinée aux voitures, est réservée aux cyclistes et aux piétons avec une vue sur les Vosges, le Haut-Koenigsbourg et les quartiers sud de la ville. 10 000 véhicules, 1100 piétons et cyclistes

Sélestat Fête et anniversaire chez les philatélistes

le-timbre-fete-le-feu-ce-week-end-salle-sainte-barbe-dr.jpg Sélestat Fête et anniversaire chez les philatélistes Le timbre fête le feu ce week-end salle Sainte-Barbe. DR Sélestat Fête et anniversaire chez les philatélistes La fête nationale du timbre fait étape cette année à Sélestat. Les philatélistes et cartophiles convient aussi à leur 70e anniversaire.

Hélène de Beauvoir, artiste éclipsée par sa soeur

margarethe-murtfeld-ici-avec-raymond-muller-s-est-prise-de-passion-pour-helene-de-beauvoir-et-entr.jpg Découvrir Hélène de Beauvoir, artiste éclipsée par sa soeur Margarethe Murtfeld, ici avec Raymond Muller, s’est prise de passion pour Hélène de Beauvoir et entre autres ses gravures. Photo Françoise Marissal Grâce à une Allemande qui s’est prise de passion pour Hélène de Beauvoir, la Bibliothèque humaniste de Sélestat expose des gravures de la sœur injustement oubliée de l’écrivain. C’est une histoire assez étonnante qui conduit la Bibliothèque humaniste de Sélestat à exposer actuellement des gravures réalisées par Hélène de Beauvoir. Une histoire dont l’héroïne pourrait-on dire – même si elle récuserait ce terme par modestie – est Margarethe Murtfeld. Cette Allemande s’est prise de passion pour la jeune sœur de Simone de Beauvoir lorsque, après avoir travaillé à Paris, elle et son mari Martin ont choisi de s’installer en Alsace pour leur retraite. Au cours de leurs recherches, ils apprennent qu'à une époque, tout Saint-Germain-des-Prés venait à Goxwiller. Intrigués, ils se renseignent, et découvrent qu’Hélène de Beauvoir, sœur de l’écrivain Simone, et son mari Lionel de Roulet habitèrent de longues années dans ce village du piémont de Barr. « C’était une surprise totale, nous n’avions jamais entendu parler d’elle », se souvient-elle. Une surprise d’autant plus grande que le couple était un admirateur de Simone de Beauvoir, au point d’avoir donné son prénom à leur première fille… Apprenant que la maison est à vendre, ils se portent acquéreurs, et commence l’aventure de la deuxième vie d’Hélène de Beauvoir, disparue en 2001 à Goxwiller dans un certain dénuement. Ils découvrent qu’elle était un peintre reconnu et couru à Paris, et qu’elle eut une influence essentielle dans la prise de conscience féministe de Simone de Beauvoir. « En Alsace, elle fut d’ailleurs plus connue comme féministe que comme artiste, souligne Raymond Muller, président des Amis de la Bibliothèque humaniste. Dans les années 70, elle a créé à Strasbourg SOS Femme alternative, ainsi que le premier refuge pour les femmes battues, la fondation Flora Tristan. » Au fil de ses recherches, le couple découvre également un stock de gravures réalisées par Hélène et tombées dans l’oubli, et les achète. C’est une partie de ce fond de la collection M. de Cronenbold qui est présentée à Sélestat. « Hélène de Beauvoir a toujours fait de la gravure, reprend Margarethe Murtfeld, celle-ci lui servait de carnet de croquis pour ses peintures. » Le thème de la nature y est omniprésent ; à visée utilitaire, elles ne sont pas datées, mais on découvre les liens esthétiques avec les gravures de Picasso, Braque… Pour l’historien et membre du comité des Amis de la Bibliothèque humaniste Gabriel Braeuner, la démarche de Margarethe et Martin Murtfeld est importante : « Elle permet de rendre justice à une femme qui eut une grande importance en Alsace, région qui l’avait oubliée ensuite. » le 06/10/2012 par Françoise Marissal

Des vendanges municipales

claude-hauller-et-jacques-meyer-premier-adjoint-et-confrere-des-zewwelatreppler-ont-participe-a-la.jpgDes vendanges municipales Claude Hauller et Jacques Meyer, premier adjoint et confrère des Zewwelatreppler, ont participé à la vendange hier. Photo Asy Des vendanges municipales Hier, quelques élus – le maire Marcel Bauer en tête – et des membres des services de la Ville de Sélestat ont vendangé la vigne municipale, plantée sur le domaine des Tonneliers dans la zone industrielle Nord. Les raisins ainsi collectés dans une franche convivialité seront vinifiés par la famille Hauller. Pour Claude Hauller, « la vigne sélestadienne se porte bien, ce millésime est superbement sain même si la récolte est un peu plus tardive que celle de l’an passé ». Les élus espèrent plus d’un millier de bouteilles estampillées « vin de Sélestat ». Elles seront servies lors de cérémonies et pots organisés par la Ville, ou seront offertes à des invités de marque.

Place de Lattre, « un pied à la ville, un autre à la campagne »

marie-therese-paulen-apprecie-la-vue-de-son-balcon-photo-catherine-chenciner.jpg Place de Lattre, « un pied à la ville, un autre à la campagne » Marie-Thérèse Paulen apprécie la vue de son balcon. Photo Catherine Chenciner De son balcon, place de Lattre avec vue sur la Tour des sorcières et, en arrière-plan, les clochers des églises Saint-Georges et Sainte-Foy qui se profilent, Marie-Thérèse Paulen ne se lasse pas de la vue. « Magnifique. » Sélestadienne de souche, elle a passé sa jeunesse à Benfeld, puis vécu dans différents quartiers de la ville, avant de revenir, « pour la retraite, pour vieillir paisiblement », là où ont vécu ses grands-parents (et où se trouvait, il y a plusieurs siècles, un hôpital, lire ci-dessus). « Au-delà des souvenirs d’enfance, j’aime beaucoup ce quartier. On a un pied à la campagne, tout près des maraîchers, et un pied à la ville, avec toutes les commodités », développe-t-elle. Tout sourire, Marie-Thérèse Paulen évoque aussi l’odeur que dégagent, au mois de juin, les « magnifiques tilleuls » du boulevard, le long de la place De Lattre, et même celle des foins, « quand ils ont été faits sur les prés de l’Illwald ». Le centre historique si proche, elle le traverse en empruntant ses ruelles des Oies, des Canards… « C’est très beau, j’aime regarder les maisons, certaines façades ont encore des emblèmes de corporations. Autrefois, c’était un quartier de paysans. Enfant, j’y ai vu des vaches. Dans la maison en face de la mienne, il y avait un maréchal-ferrant, dont la porte donnait de l’autre côté ». Elle se rappelle également « un endroit mythique à Sélestat, le CCA ». « C’était le Cercle catholique, il était très actif. Il y avait une fanfare, de la gymnastique. Les fillettes faisaient les majorettes », détaille-t-elle. Longtemps impliquée dans la vie associative locale, Marie-Thérèse Paulen, 67 ans, est toujours active au sein du foyer paroissial, situé juste derrière son domicile. « Évidemment, il y a l’inconvénient de la circulation sur le boulevard », admet-elle, regrettant en outre, au passage, le manque de poubelles et l’excès de déjections canines. Mais, elle qui n’a pas de voiture, relativise aussitôt : « Il y a un arrêt de bus juste en bas. On ne peut pas tout avoir. Une ville ça vit, il y a du mouvement, il y a du bruit ». Somme toute, conclut-elle : « Que demander de mieux ? ». le 26/09/2012 par C.C.

Le service public, une valeur locale

des-etudiants-pauvres-etaient-loges-nourris-et-blanchis-contre-services-a-la-paroisse-la-maison-ou.jpgun-tag-de-presque-450-ans-sur-l-eglise-saint-georges-niclaus-mandray-etait-eleve-de-l-ecole-latine-1.jpgLe service public, une valeur locale Un tag de presque 450 ans sur l’église Saint-Georges : Niclaus Mandray était élève de l’école latine en 1579. Photo Christine Romanus Marquons une pause dans cette balade à travers les quartiers de Sélestat pour nous intéresser à l’hôpital et à l’école, deux institutions bien ancrées dans la ville. L’HÔPITAL. L’hospitalité, au Moyen-Âge, est de règle : on se doit d’accueillir les malades, les pauvres, les vieillards et les voyageurs, obligation monastique généralisée aux communes. Le prieuré de sainte Foy y pourvoit au début, puis un petit hôpital est édifié près du port, au 17 rue des Tanneurs actuel. Il est remplacé vers 1300, par celui des Trinitaires de l’ordre du Saint-Esprit installé à l’extérieur du premier rempart, et à l’intérieur du deuxième, près de la Niederthor : une maison et une église, bientôt complétées par une ferme et toutes les installations nécessaires. Il y a le bureau et le logement de l’économe et de sa famille, une lingerie, des chambres pour les bonnes (à 13 lits), un réfectoire avec service en étain, une cuisine, des greniers, une salle pour les indigents (11 lits), une autre pour les malades (22 lits), une troisième pour les enfants, une chambre pour le personnel, l’appartement de l’aumônier, le logement du chef de culture, celui de son aide et du berger, une chapelle Saint-Nicolas (sous l’actuelle poudrière), un petit cimetière, des jardins et des vergers. Le tout en longueur, coincé entre les deux murailles. L’invention de la bourse d’études En 1474, le personnel de l’hôpital est exclusivement laïc et subordonné au magistrat. C’est un service public de proximité, gratuit et accessible à tous. L’ÉCOLE. L’école latine a porté la réputation de Sélestat bien au-delà des frontières de l’Alsace. Cette heureuse notoriété confrontait les habitants aux avantages et inconvénients de la présence de très nombreux jeunes gens dont un, au moins, a légué son nom à la postérité en le gravant sur l’église. La majorité des 700 élèves que paraît avoir comptés l’école est logée chez l’habitant, fournissant souvent un revenu complémentaire appréciable et parfois quelques dettes moins aimables. Il est bien demandé aux maîtres de veiller à ce que les élèves ne s’attardent pas dans la rue, ne s’y livrent pas à des jeux inconvenants et ne font pas de torts aux bourgeois. Mais la ville, fière de son école, se met en quatre : elle enrichit et entretient la bibliothèque, paye le directeur, fournit les locaux et du bois de chauffage dont elle contrôle le bon usage. Elle va plus loin, et crée une « école allemande » pour tous les enfants de la ville de moins de douze ans. Encore mieux, elle invente la bourse d’études. Quatre étudiants pauvres sont logés, nourris et blanchis contre services à la paroisse, en particulier chez les agonisants. La petite maison où ils logent existe encore, près de Saint-Georges. Elle porte sur son flanc une lame dorée. EN SAVOIR PLUS « Histoire architecturale et anecdotique de Sélestat » d’après Alexandre Dorlan

Sélestat Départ du sous-préfet

Sélestat Départ du sous-préfetSélestat Départ du sous-préfet La cérémonie de départ de Marie-Gabrielle Philippe, sous-préfet de Sélestat-Erstein, a eu lieu vendredi soir. Elle a été l’occasion pour le préfet de Région, Pierre-Etienne Bisch, de rassurer les élus : la sous-préfecture sera maintenue.

Une exposition témoignage

evan-reade-au-volant-d-une-jeep-d-epoque-photo-raymond-schoch.jpgUne exposition témoignage Evan Reade au volant d’une jeep d’époque. Photo Raymond Schoch Une exposition témoignage Au caveau Sainte-Barbe, l’association Mémoires de Sélestat a monté pour la 14 e année consécutive une exposition, avec un hommage particulier et mérité aux malgré-nous, 70 ans après leur incorporation de force. L’exposition intitulée « Sélestat dans la période sombre de son histoire » retrace les années de guerre, lors desquelles la ville était devenue « Schletschstadt », en présentant la vie quotidienne de ses habitants, les plans d’évacuation de la ville, l’accès aux abris, divers uniformes, mais également des documents évoquant la collaboration avec les Allemands. Il y avait salle comble pour l’inauguration de cette exposition qui recevait, sur invitation de Jean-Marc Husser, président de l’association, Evan Reade, consul général des Etats-Unis et Gilbert Roos, consul d’Israël. Un clin d’œil a en outre été fait aux soldats américains qui ont participé à la libération de Sélestat et au peuple juif qui a souffert lors de cette guerre. R.S.

Une pensée du citoyen d’honneur

andre-ehm-est-citoyen-d-honneur-archives-denis-ritzenthaler.jpg Une pensée du citoyen d’honneur André Ehm pour son frère Albert André Ehm est citoyen d’honneur. Archives Denis Ritzenthaler C’est le maire de Sélestat, Marcel Bauer, qui lui a annoncé la nouvelle il y a quelque temps, avant que les élus approuvent ce choix lors d’un conseil municipal : André Ehm a été choisi pour être le nouveau citoyen d’honneur de la Ville. Une annonce « d’autant plus agréable » que l’intéressé ne s’y attendait pas. Cette distinction sera d’autant plus émouvante pour André Ehm que son frère Albert, le maire de Sélestat de 1953 à 1965, est né un 12 août, il y a pile cent ans. L’élu avait d’ailleurs contribué à faire évoluer la fête : « sous son mandat, le Corso a été place sous un thème, les carcasses des chars ont été réalisées par les équipes municipales, des figurants sont apparus à côté des chars, nous apprend André Ehm, toutes ces modifications sont toujours en vigueur à l’heure actuelle. En 1960 fut aussi présenté pour la première fois un cortège nocturne qui remportant un grand succès auprès du public ». Faute d’éclairage suffisant, les musiques n’y ont pas participé et il faudra attendre l’arrivée de Marcel Bauer à la mairie pour que le Corso opte pour la formule deux défilés en un. Après avoir officiellement reçu le titre de citoyen d’honneur, demain samedi à 16 h sur la place de la Victoire, le dernier président de l’Office de la culture – qui devrait être dissous le 1 er janvier prochain après une assemblée générale extraordinaire en octobre – sera donc dans la tribune officielle du Corso pour assister au défilé. Caméra au poing. « Depuis toujours je filme le cortège, confie-t-il, mon frère Albert m’avait mis à contribution à l’époque et je n’ai jamais arrêté depuis ». le 10/08/2012 par Asy

Les légumes de Sélestat s’appuient sur Roch

la-statue-de-saint-roch-garnie-de-dahlias-est-portee-par-la-jeune-generation-des-familles-de-marai.jpgLes légumes de Sélestat s’appuient sur Roch La statue de saint Roch, garnie de dahlias, est portée par la jeune génération des familles de maraîchers de Sélestat. Photos C.-M. K. La corporation des maraîchers de Sélestat a fêté hier son patron, saint Roch. La tradition, vieille de plusieurs siècles, a rassemblé toutes les générations de jardiniers. 10 h 30, hier, devant le Cercle Catholique Aloysus de Sélestat. Les paniers garnis de légumes sont déposés à côté de l’enseigne en bois de la corporation des maraîchers. Les porteurs ajustent leur tablier. Toute la corporation est prête à célébrer son patron. « Saint Roch, c’est le vrai, assure Paul Bauer, Grand-maître de la corporation des maraîchers de Sélestat. D’autres maraîchers fêtent saint Fiacre, comme à Colmar. Mais saint Roch guérissait la lèpre avec des légumes. » Le saint fait en tout cas l’unanimité à Sélestat, qui continue de le fêter depuis le Moyen-Âge. Ce dont se félicite Paul Bauer. « Il ne faut pas laisser tomber les vieilles traditions », lance celui qui est à la tête d’une corporation de 87 membres et rassemblant 54 familles. « Un tiers travaille encore, les autres sont des anciens. Le plus âgé a cent ans ! » Autre fierté de la profession, celle d’arborer le porte-cierge tout juste restauré par Pascale Vallon, doreur de Rombach-le-Franc. L’objet quitte pour l’occasion la Bibliothèque humaniste, où il est conservé avec les porte-cierges des quatorze autres corporations de Sélestat (lire notre édition du mardi 14 août). « Il a deux siècles, explique un connaisseur de l’histoire de la ville. Il y est écrit, « en l’honneur », « semences » et « jardiniers » ; Les maraîchers, ce sont les jardiniers professionnels ! » Des outils de jardinage et de petites fleurs y sont aussi peints. « Là, les fleurs bleues, c’est de l’ail des ours ou de la famille de cette plante. Cela rappelle que saint Roch guérissait aussi avec des herbes. » Quelques minutes après, le cortège prend forme pour prendre la direction de l’église Saint-Georges. Quatre maraîchers portent les paniers remplis de salades, concombres, radis ou carottes. « Ils pèsent vingt kilos. On a mis des pommes de terre au fond pour qu’il y ait un peu de poids ! », s’amusent-ils. Les enfants eux portent la statue du saint patron, garnie de dahlias, fleur fétiche de Sélestat. « Je vois qu’il y a de la relève, c’est bien. Il faut conserver les traditions », sourit une habitante venue assister à la bénédiction du porte-cierge et des paniers sur le parvis de l’église, avant de se joindre à la messe. « C’est le jour où l’on remercie Dieu de nous protéger, car l’année est longue », insiste Paul Bauer. Une bénédiction encore plus la bienvenue en cette période de canicule ? « On sait qu’entre le 23 juillet et le 23 août, il peut y avoir des pointes de températures. On a l’habitude, on s’adapte. » Parole de maraîcher. le 20/08/2012 par Claire-Marie Kostmann

La mue du vieux Ladhof

a-deux-pas-du-vieux-port-la-rue-des-tanneurs-photo-catherine-chenciner.jpgQuartiers d’été (5) La mue du vieux Ladhof À deux pas du Vieux-Port, la rue des Tanneurs.Photo Catherine Chenciner Notre balade historique à travers Sélestat passe à présent par le Vieux-Port qui est bien différent de celui du Moyen-Âge. Le quartier du Vieux-Port à Sélestat est celui qui a le plus changé depuis le Moyen-Âge. L’arrivée de l’Ill sur la ville est très différente. La rivière coule sur de la terre molle vers l’Est. En arrivant sur Sélestat, elle forme un coude, parce qu’elle rencontre un obstacle naturel plus dur ; le flot est à cet endroit partagé en deux bras, le cours principal allant droit vers l’Est, et le cours secondaire frôlant la ville au niveau de l’actuelle place du Vieux-Port et retournant au lit principal avec les eaux du Gerberbach qui coule encore sous le quai des Tanneurs. Les bateliers utilisent évidemment le petit bras, embarquent et débarquent les marchandises sur le quai qui occupe le côté nord de la place, celui de l’hôpital bourgeois. Tout transite par l’eau, les tonneaux, les légumes, le vin. Le trafic est intense, c’est lui qui fait la richesse de la ville. Comme à Amsterdam : quartier chaud et contrebande La vieille tour dont on voit encore les deux tiers supérieurs, date probablement de 1280. Elle est construite sur l’espèce d’île séparant les deux bras de la rivière, pour augmenter la protection de ce quartier, qu’il est impératif (tant il génère de richesses) mais très difficile (une terre meuble, trois lits d’eau) de mettre à l’abri. Au fil des siècles, le tirant d’eau du petit bras diminue, le sable que charrie l’Ill étant naturellement déposé à l’extérieur du coude que forme la rivière. Tout au long du XIV e siècle, on discute du problème : il faut déplacer le port. En 1397, c’est un ouragan qui décide : il arrache le clocher de la cathédrale de Strasbourg et fait s’écrouler une partie des remparts de Sélestat. Qui rebâtit, englobe le vieux Ladhof par un ajout aux remparts, construit sous le parking Vauban actuel un nouveau quai et de beaux entrepôts, bien aérés. Et d’efficaces bureaux de douane. En 1402, le petit bras d’eau est comblé, le vieux Ladhof est devenu une place publique. Les pêcheurs sont probablement les premiers à s’être organisés en corporation. Leur poêle, place du Vieux-Port, devint un piteux hôpital militaire, dont le responsable, M. de Bonfond, s’arrache les cheveux en octobre 1690 : 740 soldats y sont alors soignés, « qui tous ne se plaignent que d’avoir froid, à quoy je ne puis remédier sans courir le risque de brûler les casernes où ils sont ». Ceux qui ont déjà visité Amsterdam le savent : l’accueil des marins est assuré dans certains quartiers qui en tirent largement profit. À Sélestat aussi, on dorlote les marins – et les autres – dans la Liesgassle, la ruelle des Poux, petite ruelle en angle qui continuait la rue de l’Or de l’autre côté du Gerberbach et menait au port. Elle est actuellement fermée par des garages privés. La contrebande est l’effet pervers des nouvelles installations, qui ne permettent plus de vue d’ensemble : au lieu de débarquer les marchandises au nouveau quai, et de payer les taxes correspondantes, les petits malins remontent le Gerberbach, qui n’a été canalisé et rétréci qu’en 1612, et les débarquent en douce. Au risque de se faire prendre, évidemment. EN SAVOIR PLUS « Histoire architecturale et anecdotique de Sélestat » d’après Alexandre Dorlan le 21/08/2012 par Christine Romanus

Le gardien ,passage au Ritterhof

raymond-muller-devant-le-puits-portant-la-date-1410-photo-c-c.jpgLe gardien, de passage au Ritterhof Raymond Muller, devant le puits portant la date 1410.Photo C.C. Président de l’Association des amis de la bibliothèque humaniste, ainsi que de la Société d’histoire et d’archéologie de Sélestat et environs, Raymond Muller est un fin connaisseur du passé de sa ville. « Un virus que je cultive précieusement depuis longtemps », sourit-il. Aussi, en 1997, lorsque son épouse et lui, tous deux « Sélestadiens d’origine et de cœur », sont rentrés de Bruxelles où ils étaient fonctionnaires de l’Union européenne, ils n’ont « pas hésité une seconde » à investir dans une belle pièce du patrimoine local, le Ritterhof, ancienne propriété des chevaliers de Malte, située place du Vieux-marché-aux-vins et remontant à 1260. « C ’est extraordinaire, nous avons cette chance unique d’être les troisièmes propriétaires en 800 ans d’histoire, après l’ordre de Malte, puis la famille Dengler, dont faisait partie Auguste Stoffel, premier maire français de Sélestat après 1918, développe-t-il. L’histoire de la commanderie Saint-Jean a commencé ici, sur des terrains de la famille Rathsamhausen, à l’extérieur du premier rempart ». À la Révolution française, en 1793, une partie de cette importante commanderie Saint-Jean, comptant cour et jardin, est devenue bien national et, plus tard, a abrité un collège de jeunes filles, tandis que le Ritterhof a été acquis par le maître de poste de la ville. Bien des années plus tard, on peut voir, sur l’un des murs un chevalier portant une bannière que Raymond Muller a fait peindre, d’après un vitrail de 1525 se trouvant dans la maison. Il a aussi créé un jardinet de plantes médicinales. « pour rappeler la fonction d’hospitalier des Johannites ». « C’était à la fois une école pour la formation de jeunes nobles qui partent pour les croisades, en même temps qu’un lieu de repos pour ceux qui en revenaient ». « Respectueux » de ce cadre exceptionnel, en plein périmètre classé, Raymond Muller n’a effectué à l’intérieur que les travaux de rénovation indispensables pour « en faire une habitation du XX e siècle ». « Nous avons installé le chauffage central. Quand nous sommes arrivés, il y avait douze poêles à bois ! Nous avons apporté des retouches, toiletté la vieille dame ». « Une maison comme celle-là, il ne faut pas s’en sentir propriétaire. Elle appartient au patrimoine de la ville, pas mal de personnages y sont passés. Il y a une ambiance particulière, indéfinissable, un peu hors du temps » , estime l’historien, qui se sent comme « un gardien, un passant ». « Cette maison, on l’habite, on l’entretient et on la transmet aux suivants ». Et ce, ajoute-t-il, sans pour autant la transformer en un musée : « Il y a quelques meubles anciens qui témoignent des périodes passées, d’autres modernes. La maison doit continuer à vivre, chaque génération y laissant des traces… » le 18/08/2012 par C.C.

Saint-Quirin

un-bouillon-de-cultures.jpgQuartiers d’été (4) Un bouillon de cultures Saint-Quirin, ancienne église du couvent de Sylo, dont l’état actuel se dégrade. Photo Christine Romanus « L’Alsace » poursuit sa découverte de Sélestat par ses quartiers, de La Commanderie au temple, en passant par Saint- Quirin… Les nouveaux remparts mettent les monastères à l’abri. Sauf les Hospitaliers, ou Chevaliers de saint Jean, qui accueillent gratuitement dans leur maison à l’extérieur les touristes, pèlerins et autres voyageurs. Installés en 1222 (?) sur un jardin appartenant aux Rathsamausen, ils sont contents de respirer l’air vivifiant de la campagne. Petit à petit, ils vont déborder vers l’intérieur. Il reste d’eux le Ritterhof et la Commanderie. Les Dominicaines s’installent en 1245 sur des terres du prieuré de sainte Foy, rejointes en 1258 par quelques sœurs de l’abbaye de Sylo, près de Ribeauvillé. Elles construisent un petit oratoire à saint André qui est inauguré en 1270 par Albert le Grand, alors évêque de Ratisbonne. Puis des bâtiments conventuels dont l’église terminée en 1286 est construite tout à fait exceptionnellement « au midi du cloître » à cause du premier rempart qui coupe la parcelle en deux. Actuellement, leur beau cloître est en train de tomber en ruines. Béguines et Béguards Les Franciscains, invités par les De Werdt, démarrent la construction de leur couvent en 1280, à l’emplacement de l’hôtel des Rathsamausen. Le Muhlbach passe sous une voûte, entre l’église et le cloître. Intact jusqu’en 1881, il n’en reste que le chœur devenu temple protestant. Les Dominicains s’installent en 1294 à l’invitation des Botzheim. Leur église, inaugurée en 1316, est dotée d’une riche bibliothèque qui fait l’admiration des visiteurs. Il ne reste d’eux que le nom d’une rue et une stèle rue des Prêcheurs. À Sélestat comme à Bruges, il y a des Béguines et des Béguards, mais hélas, pas de joli béguinage. Les Béguines étaient installées à quelques-unes dans des maisons proches des Franciscains : place du Serpent, rue Jeanne-d’Arc ou au fond de l’impasse Plobmann. Vêtues de gris, elles ont à charge le soin des malades et des tombes. Ce ne sont pas des religieuses, elles ne sont pas cloîtrées et conservent leurs biens. Les Beghards, leur pendant masculin, vivent dans l’impasse de la rue des Clefs. Les deux disparaissent avant 1530. Émulation intellectuelle La concentration de maisons religieuses est assez extraordinaire dans ce petit périmètre. À plusieurs reprises, on essaye de les limiter : en 1422, un arrêté municipal interdit aux artisans de construire pour les couvents. Louis XIV les oblige à céder du terrain pour construire des maisons à loyer. Mais l’émulation qui devait être rude entre les ordres a aussi été un facteur fort de développement intellectuel et a contribué à servir le goût de l’instruction amené par la suite à son plus haut niveau par l’école latine. Vers 1350, il y a 500 à 550 maisons, environ 5500 habitants (1303 contribuables en 1396, dont 200 dans le Faubourg). Il ne subsiste plus grand-chose des biens immobiliers détenus par la trentaine de familles qui avaient pignon sur rue. Celle que regretteront le plus les enfants est la maison des Botzheim, à l’angle de la rue des Chevaliers et de la rue du Marteau où habitait aussi M. Hammer : entre autres agréments, elle possédait un zoo. EN SAVOIR PLUS « Histoire architecturale et anecdotique de Sélestat » d’après Alexandre Dorlan le 18/08/2012 par Christine Romanus

Le cordonnier qui vivait dans la tour de l'église Saint-Georges

le-cordonnier-qui-vivait-dans-la-tour-de-l-eglise-saint-georges-veillait-sur-la-ville-tout-en-travai-1.jpg Quartiers d’été L’essor d’une ville Le cordonnier qui vivait dans la tour de l’église Saint-Georges veillait sur la ville tout en travaillant. Photo Catherine Chenciner Notre flânerie à travers les quartiers de Sélestat se poursuit du côté du Marché-aux-Pots, de la rue Déroulède et d’une nouvelle église paroissiale… Le 10 avril 1217, il y a bientôt 800 ans, naissait par un accord entre Frédéric II et le prieur Pierre, la ville de Sélestat. Le prieur abandonne à l’empereur divers droits, la moitié des péages et des amendes, la nomination du prévôt et du collecteur. En échange, il obtient toutes les possessions royales de Sélestat, Burner et Kintzheim. La ville doit désormais se protéger et construit ses remparts : une enceinte de 1100 mètres bordée d’eau, en briques et soubassement de pierres, crénelée, avec 18 tours. Trois portes permettent d’y entrer : l’Oberthor, au centre du Marché aux pots, la Niederthor, à la place de la porte de Strasbourg, et la Fischerthor, qui mène au port. Les portes sont gardées, ouvertes au petit jour et fermées la nuit. Il y a trois voies principales : Oberthor, rue des Serruriers, rue de l’Église ; Oberthor, rue des Marchands, Marché vert, Niederthor ; Niederthor, rue des Veaux, rue des Oies, Fischerthor. Les autres rues mènent aux remparts et finissent en escalier : impasses de la Jauge, des Pigeons et de l’Église, rues du Vieux-Marché-aux-Vins, de la Bibliothèque, du Babil, de l’Abattoir, et même la rue des Chevaliers. Environ 270 maisons, peintes de couleurs vives, occupent les deux tiers de la superficie. Le tiers restant appartient aux couvents et aux monastères. La rue du Sel est un sentier qui longe le petit Giessen. Bouchons au marché Hors ces murs, il y a divers établissements rattachés à la ville. L’un d’eux, situé Porte de Colmar, est une tuilerie. Un four immense, surmonté d’une cheminée, 10 à 15 mètres de haut. En 1245, on y découvre, ou on y redécouvre la technique de la poterie vernissée, technique qui s’exporte très vite, très loin, et fait la gloire de Sélestat. On y cuit de la vaisselle, des carreaux de sol et de poêle et, au XV e siècle, ces merveilleuses feuilles d’érable vernissées qui ornent encore aujourd’hui les faîtes du chœur de Saint-Georges. Le marché aux pots est installé à l’Oberthor, rue Déroulède. L’endroit est plein de vie : les arrivants en ville, piétons, cavaliers, charrettes, passent entre les éventaires et payent le péage. Il devait y avoir quelques bouchons. Curieuse construction La ville est en essor : la tuilerie attire de nombreux potiers, le port marche bien, de nombreuses communautés religieuses veulent se mettre à l’abri des murs. Les Dominicaines, les Chevaliers de saint Jean, les Dominicains, les Franciscains s’entassent et débordent même des murs. Les habitants décident de se doter d’une église paroissiale, et démolissent pour la construire la chapelle romane qui avait remplacé la chapelle palatine. Curieuse construction que cette église Saint-Georges, achevée vers 1230, dotée d’un nouveau chœur en 1415, mais ne répondant à aucun plan d’ensemble. La confrérie Maria Raydt est chargée de suivre les comptes ; au XVI e siècle, elle s’installe dans les anciens locaux de l’école latine et y reste jusqu’à la Révolution. À Ribeauvillé, elle existe encore. Dans la tour de Saint-Georges se cache une petite maison. Elle servait aux cordonniers qui veillaient sur la ville tout en travaillant. Elle est presque en ruine, mais encore équipée de sa gouttière. Dans quelles tempêtes surréalistes est pris ce clocher ? EN SAVOIR PLUS « Histoire architecturale et anecdotique de Sélestat » d’après Alexandre Dorlan. le 25/07/2012 à 05:00 par Christine Romanus