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Hommage à François Kretz

20071228-dna010428.jpgin memoriam - sélestat Hommage à François Kretz FRANÇOIS KRETZ, MAIRE DE SÉLESTAT, est décédé il y a juste 25 ans dans l’exercice de ses fonctions. Dans la nuit du 27 au 28 décembre 1987, le Docteur François Kretz était emporté par un malaise à son domicile d’Ohnenheim. Il avait 43 ans. Conseiller régional et général, cet ancien maire de Sélestat a eu un parcours aussi brillant qu’atypique. François Kretz était profondément attaché à Sélestat : il était un véritable capitaine qui y a laissé son empreinte. Grand amoureux de la cité de Schletto, il aura été un édile passionné. La ville de Sélestat salue aujourd’hui la mémoire d’un homme de conviction et d’action. Ses prises de positions s’intégraient dans un ensemble pour faire avancer ses projets. Il avait le souci permanent de faire avancer les choses, d’innover et de redynamiser Sélestat. Ce 28 décembre 1987 au matin lorsque le téléphone sonna pour annoncer la disparition du maire François Kretz, ce fut une douche froide pour de nombreux Sélestadiens. Par son sens du travail et son sens de la politique, il avait donné de l’ardeur à Sélestat. Il a contribué à l’édification de la ville. François Kretz incarnait l’accomplissement et la maîtrise de sa propre vie. Il a laissé à chacun la mémoire d’un homme d’une grande volonté et d’un total dévouement à ses administrés. Il a rempli ses mandats en âme et conscience, en y mettant non seulement toute son énergie, son intelligence, mais aussi tout son cœur. Ses prises de position, son parler franc et direct faisaient de lui un maire « très attachant » pour ses concitoyens. François Kretz était parfois déroutant mais toujours fascinant, pour ses amis comme pour ses adversaires. Jusqu’au bout, il aura été un combattant, dont le départ aura été vécu avec beaucoup de tristesse par tous les Sélestadiens. publié le 27/12/2012

Sélestat-Strasbourg « Bataille » pour la plus ancienne archive écrite évoquant le sapin de Noël

les-origines-de-l-arbre-de-noel-telles-que-devoilees-par-le-livre-de-comptes-de-la-ville-de-selestat.jpg 30/12/2012 Sélestat-Strasbourg « Bataille » pour la plus ancienne archive écrite évoquant le sapin de Noël Polémique avec mention Les origines de l’arbre de Noël telles que dévoilées par le livre de comptes de la ville de Sélestat. Photo archives DNA La plus ancienne mention connue du sapin de Noël remonte à 1521 et figure dans les archives de Sélestat. Proclamée capitale de l’arbre de Noël, la ville ne s’inquiète guère de références plus anciennes (re)découvertes dans les archives strasbourgeoises ( DNA d’hier). Pas question de déraciner le sapin le plus ancien… et avec lui, l’identité touristique de la ville. Insolite Peuh, même pas mal… La nouvelle remise en question par Strasbourg de la mention la plus ancienne du sapin de Noël, dont se targuait Sélestat jusqu’à présent ( DNA d’hier) agace certains Sélestadiens, quand la majorité d’entre eux reste de marbre, ou presque, devant cette nouvelle. Rivée sur ses propres archives, Sélestat n’en démord pas : le plus vieux sapin de Noël, c’est chez elle, n’en déplaise aux historiens strasbourgeois voire lettons, où une autre mention de sapin avait été découverte. Sapins à Strasbourg, mais (arbres décorés) à Sélestat L’historien strasbourgeois Jean-Paul Lingelser vient de rappeler les conclusions d’une recherche déjà publiées en 2006. Rien de neuf sous le soleil, donc. L’historien cite une archive datée de 1492, où il est dit que l’Œuvre Notre-Dame avait financé l’achat de neuf sapins pour les neuf paroisses. Et l’historien d’en déduire que ce document renforce la place de Strasbourg en tant que capitale de Noël. Soit. Mais cette révélation qui n’est plus très fraîche n’est aucunement de nature à susciter un quelconque semblant d’émoi auprès des historiens sélestadiens ainsi que de ceux qui se sont appuyés sur l’année 1521 pour bâtir toute une stratégie de marketing touristique, plus ancienne mention connue de l’arbre de Noël oblige. Bien ancrés dans leurs écrits, ces derniers estiment que l’annonce de l’historien strasbourgeois ne saurait remettre en question la primauté mondiale de Sélestat ni susciter une querelle épineuse voire une bataille des sapins entre les deux villes. Que disent les archives sélestadiennes ? Le livre des comptes de la ville signale une dépense de 4 schillings pour payer le garde forestier chargé de surveiller les mais à partir du 21 décembre ». Les mais ou meyen désignent les arbres festifs et décorés. « Ces deux archives ne disent pas la même chose, défend Hubert Meyer, l’ancien conservateur de la Bibliothèque humaniste de Sélestat. Pour Strasbourg, il n’est pas fait mention de décoration, donc il n’est pas question d’un arbre de Noël au sens festif du terme. Qui plus est au Moyen Age, on utilisait couramment des arbres pour habiller les églises. «Nous ne sommes pas rivaux» En 1494, Jean Geiler de Kaysersberg, alors prédicateur à Strasbourg, cite des branches disposées dans les maisons en guise de décoration. Donc si je reste près du texte, et en l’absence de toute précision supplémentaire, je ne peux pas affirmer que les archives strasbourgeoises mentionnent un arbre de Noël. Alors qu’à Sélestat il s’agit bien d’un arbre décoré sur une place publique. » On resterait donc très éloigné de la tradition de l’arbre décoré, qui s’est d’ailleurs peu à peu développée comme en témoigne la réglementation sélestadienne ultérieure, qui fait de plus en plus référence à la décoration de ces arbres, entre 1546 et 1600. Le sapin strasbourgeois ne fera donc pas de vagues, du moins pas du côté de Sélestat. Celle-ci ne souffre pas non plus du pied de nez des Lettons, qui, eux aussi, ont agité une archive sous le nez des Sélestadiens. « À Riga, comme d’ailleurs pour Strasbourg, on parle d’un arbre de la nouvelle année. La destination de cet arbre est peut-être davantage d’accompagner le passage à la nouvelle année que de célébrer Noël », estime Raymond Muller, historien et président des Amis de la Bibliothèque humaniste. Donc pas de polémique, Sélestat reste enracinée dans son superlatif. Le sapin de Noël doperait-il une éventuelle rivalité entre les deux villes rhénanes ? Strasbourg, pour étoffer son titre de capitale de Noël, verrait certainement d’un bon œil une petite référence historique pour dorer ses habits d’hiver. Mais Sélestat, qui communique depuis dix ans sur cette mention la plus ancienne connue, n’a aucun intérêt à lâcher du lest sous peine de remettre en cause sa politique touristique. Marcel Bauer, le maire de Sélestat, ne monte pas l’affaire en épine: « Cette référence historique doit rester alsacienne. La (re)découverte strasbourgeoise ne change rien au document de 1521, et nous continuerons de mettre ce patrimoine en avant. Si cela devait être remis en cause, je pense qu’il n’y aurait pas matière à contre-attaquer : nous ne sommes pas rivaux. » La messe est dite… depuis longtemps Quelques Sélestadiens, amoureux du patrimoine, reprochent à la municipalité de ne pas assez défendre la mention sélestadienne alors que la communication autour de 1521 a tant coûté à la ville et appellent cette dernière à revendiquer de plus belle ce gisement patrimonial. Mais l’affaire semble être globalement entendue, et cette pseudo-révélation strasbourgeoise n’ébranlera pas les arguments sélestadiens. La messe est dite… depuis longtemps. Cette pseudo-bataille aura au moins servi à rappeler que l’histoire a ceci « d’utile » qu’elle a toujours servi à fournir des arguments pour justifier de la prééminence voire de l’hégémonie d’une communauté, d’une agglomération, d’un régime ou même d’une nation sur une autre… Avec de simples sapins, cela reste heureusement très léger…

Mémoires de nos pères

les-membres-de-memoires-de-selestat-ont-rassemble-de-nombreux-documents-photo-dna.jpg Sélestat Histoire - Sélestat Mémoires de nos pères Les membres de mémoires de Sélestat ont rassemblé de nombreux documents. PHOTO DNA L’association Mémoire de Sélestat expose ce week-end la vie quotidienne à Sélestat pendant la guerre. De nombreux documents ainsi que des objets de l’époque sont dévoilés à cette occasion. Jean-Marc Husser et son équipe de 110 membres vont présenter pendant une dizaine de jours, à partir de ce vendredi au caveau Sainte-Barbe, des photos et objets datant de la période 1939-1945. L’exposition explorera quatre thèmes : le conflit mondial, la vie quotidienne des Sélestadiens, Sélestat sous les bombes et la Libération. A cette occasion, trois consuls ont été invités : des Etats-Unis, d’Israël et du Maroc. 120 clichés et 200 objets d’époque La préparation a nécessité plusieurs mois de recherche auprès des Sélestadiens qui ont remis la plupart des documents. Les archives municipales ont aussi été sollicitées. Ce sont ainsi 120 clichés et 200 objets qui seront présentés au public. Jean-Marc Husser, le président de l’association, précise qu’à cette occasion tout n’a pas pu être montré car 70 ans plus tard, les blessures existent encore. « Aujourd’hui, il faut parler de cette période. D’ici quelques années, il n’y aura plus aucun témoin. Sélestat a reçu la croix de guerre en raison des difficiles combats et bombardements qui y sont survenus », insiste-t-il. Les Malgré-nous seront mis à l’honneur au même titre que les Résistants. On pourra y voir la guerre au travers du regard d’un enfant de 10 ans, on pourra revenir sur le passage du général De Gaulle et du général Leclerc dans la nuit du 24 décembre 1944. « Il ne s’agit pas de se substituer à l’historien, mais simplement de raconter la vie quotidienne des Sélestadiens », se défend Jean-Marc Husser.

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L’affaire mystérieuse de l’affiche L’affiche, réalisée par l’association Mémoires de Sélestat à l’occasion de l’exposition sur la vie quotidienne sélestadienne pendant la Deuxième Guerre mondiale, est au centre de toutes les attentions. Elle devait être remise au consul du Maroc, d’Israël et des États-Unis lors du vernissage de vendredi soir au caveau Sainte-Barbe. Le consul du Maroc s’étant excusé, l’une d’elle a été planquée sous le pupitre en attendant qu’elle lui soit remise plus tard. Mais voilà qu’elle a été mystérieusement subtilisée ! Troublante affaire. D’autant que les soupçons se porteraient sur l’un des membres de l’association. Qui est le coupable ? L’avocat, le professeur, le médecin, le boulanger peut-être ? Non, ce n’est pas une partie de Cluedo comme proposée par Julien Labigne lors de son spectacle aux Tanzmatten… Information avérée, une vingtaine d’affiches ont été vendues, celles-là, au public, au prix de 3 euros à l’entrée de l’exposition.

Raviver les souvenirs de guerre

quelque-120-cliches-et-200-objets-sont-exposes-au-public-jusqu-au-23-septembre-photo-dna-jean-pa.jpgSélestat Exposition au caveau Sainte-Barbe Raviver les souvenirs de guerre Quelque 120 clichés et 200 objets sont exposés au public jusqu’au 23 septembre. Photo DNA – Jean-Paul Kaiser Au caveau Sainte-Barbe, une exposition retrace sans tabou la vie quotidienne des Sélestadiens pendant la guerre 39-45. Des objets, des lettres et des photos, collectés par l’association Mémoires de Sélestat. Vendredi, premier jour d’ouverture de l’exposition, 300 personnes sont venues se souvenir de ce qu’ils ont vécu pendant l’annexion, chercher des témoignages sur un de leurs parents disparus ou simplement connaître ce pan de l’Histoire que Jean-Marc Husser, président de l’association Mémoires de Sélestat, a voulu présenter dans toutes ses dimensions. « Il ne fallait pas omettre d’évoquer la collaboration et la résistance, ni la honte en ce 70 e anniversaire de l’incorporation de force ». Étienne Sengler, 87 ans, est un de ces malgré-nous. « Trop tard », estime-t-il, « On aurait dû en parler bien avant. Dans la salle de l’exposition, j’ai repéré quatre ou cinq personnes encore vivantes qui ont connu la guerre ». À 20 ans, il fut forcé de rejoindre le RAD (service du travail obligatoire) puis la Wehrmacht en tant que télégraphiste, « sa chance », dit-il, car il n’était pas « en première ligne ». Le 1 er mai 1945, il s’est retrouvé dans la bataille de Berlin, souffrant d’une balle perdue dans le genou. « J’ai appris seulement en 1995 que mon grand- père était résistant » « On m’a dit de ne pas dire que j’étais français car ils cherchaient les “Charlemagnes” comme ils appelaient la division de volontaires français pour combattre dans le dernier carré de la ville ». Étienne est un des derniers à revenir en novembre 1945 à Sélestat, amaigri par ces années de guerre. Marie-Charlotte Elsaesser, née Schoepff, n’a, quant à elle, pas vécu la guerre mais est venue chercher des réponses. Dans la collection de documents prêtés par Milo Menzer – son père Émile Menzer était chef des FFI (Forces françaises de l’intérieur) de l’arrondissement de Sélestat – elle a retrouvé le nom de son grand-père. « J’ai appris seulement en 1995, en fouillant dans la table de nuit de ma grand-mère, qu’il était résistant. C’est pour moi une grande fierté », confie la professeure d’anglais. Elle savait déjà que son papa avait conduit en mars 1944 deux Américains au Haut-Koenigsbourg. « Si je suis là aujourd’hui, c’est parce que je cherche quelqu’un qui pourrait me parler de mon oncle, Jean, qui a été dénoncé. Je sais seulement qu’il est mort en Pologne ».

Centre-Alsace Il y a 70 ans, l’incorporation de force

camille-hihn-photo-dna-jean-francois-ott.jpgrene-herzog-photo-dna-jean-francois-ott.jpgCentre-Alsace Il y a 70 ans, l’incorporation de force Le temps des miraculés Photo DNA - Jean-François Ott Il y a 70 ans, l’administration nazie décrétait l’enrôlement obligatoire d’une partie des Alsaciens sous l’uniforme allemand. Aujourd’hui, les Malgré-Nous commencent à se compter sur les doigts de la main. Combien seront encore là dans dix ans ? Le temps des miraculés sera bientôt révolu. Alors autant les entendre tant que cela est encore possible… Ceux qui sont encore de ce monde pour raconter aux autres doivent beaucoup à leur ange gardien d’être encore en vie. Dans leur malheur, ils ont accumulé les coups de chance, voire les miracles, pour se sortir du pétrin de l’incorporation… Pris et repris… C’est le cas, par exemple, de René Herzog, aujourd’hui âgé de 92 ans. « Lorsque les Allemands ont franchi le Rhin, l’administration nous a suggéré de fuir, pour leur échapper. Nous étions quelques-uns à avoir pris nos bicyclettes pour passer le col de Sainte-Marie-aux-Mines. De l’autre côté, les Allemands nous attendaient, ils avaient déjà contourné la ligne Maginot… » Pas de chance, cette fois-ci… « Lorsque nous avons été mobilisés pour nous rendre au Reichsarbeitsdienst (RAD, le travail obligatoire en Allemagne), nous arborions le drapeau tricolore dans le train, pour narguer les Allemands. Sur place, cela a duré trois mois. Puis lorsque l’incorporation de force a été validée, un ami et moi-même nous sommes proposés comme aide-formateurs au RAD. Cela nous a fait gagner trois mois. Idem après nos classes, nous étions volontaires pour devenir officiers en nous disant : “si tu vas à l’école, tu n’es pas au front “. On a encore gagné trois mois. » « Ayant épuisé tous les subterfuges, on a quand même dû rejoindre le front, en Italie. Avec un autre, j’étais aux avant-postes. On s’est tout de suite fait intercepter par des Anglais. On était heureux, la guerre était finie pour nous. Manque de bol, les Allemands nous ont repris… » Une boîte de conserve pour cinq « La seule fois où j’ai essuyé le feu, je m’étais retrouvé au coin d’une maison, un char me faisait face. Heureusement, il a tourné dans l’autre direction… » « Quelques mois plus tard, l’administration a enfin accepté ma demande de mariage. J’ai eu huit jours de permission. Je pensais déserter, mais il y aurait eu des représailles contre ma famille. Je suis donc parti à Dresde. Lorsque la ville a été bombardée, j’ai été blessé. Par chance, l’hôpital étant bondé, une cousine a pu m’accueillir, dans les environs. Je mettais des rognures d’ongle dans la plaie pour ralentir la guérison ». « Lorsque les Alliés sont arrivés, je pensais pouvoir rentrer rapidement. Mais non : ils m’ont fait transiter dans cinq camps différents, avec pour toute nourriture une boîte de conserve pour cinq. » Au fil des bombardements Les tribulations du Sélestadien Camille Hihn, aujourd’hui âgé de 85 ans, sont particulièrement riches en rebondissements. « À 17 ans, j’ai dû faire mon service obligatoire au RAD. Au départ, j’avais ma carte d’identité française, 300 francs donnés par mon père, qui m’auraient servi en cas d’évasion, et des rubans tricolores. Plus tard, lorsque je me suis évadé avec mes cinq compagnons, on a tous mis l’un de ces rubans sur la tête. Le premier soldat allié que nous avons rencontré était un officier français, qui nous a pris sous sa protection. » « Lorsqu’on a entendu que Sélestat avait été libérée, on a voulu s’évader une première fois. Un lieutenant a été mis au courant de notre projet, il aurait pu nous dénoncer. Mais nous le croisions régulièrement dans les cuisines, raison pour laquelle il n’a sans doute pas sévi. » « En mars 1945, je faisais mes classes à Fulrad. La caserne a été bombardée, on s’est retrouvés bloqués dans une cave. Mais vivants… Puis on a voulu nous transférer vers le Danemark. À chaque fois qu’un train était constitué, il se faisait bombarder… On a ainsi pu éviter le front, et en profiter pour nous évader. » « Mon frère aussi s’est évadé. Il a marché des plaines roumaines jusqu’au Rhin, de nuit. Il s’est fait attraper au dernier moment… » «J’ai transité dans 11 camps différents» « Prisonnier des Américains, j’ai transité dans 11 camps différents. Je suis passé par Le Havre, où je devais m’embarquer pour l’Amérique, les autorités voulant “nous montrer“ dans leurs grandes villes. Au dernier moment, un type a demandé à tous les non-Allemands de rester à terre, via les haut-parleurs. C’était moins une… » « Arrivé au camp de Chalon-sur-Saône, je voulais prévenir mon oncle, qui résidait à Beaune. J’ai donné une enveloppe à la première personne que j’ai croisée dans la rue. Par chance, c’était une voisine… » L’Anne Franck de Triembach Âgé aujourd’hui de 84 ans, Tharsice Kuhn, qui habite Triembach-au-Val, a partagé la condition de fugitif de son frère Joseph, ce dernier ayant vécu caché pendant plus de deux ans. « Le 17 octobre 1942, mon frère a choisi de fuir l’incorporation. Il a voulu passer la frontière au Climont, s’est fait tirer dessus, et est revenu à Triembach. Nous le croyions parti, nous étions heureux. Ma mère nous a finalement avertis qu’il a échoué et s’est caché dans notre maison. Elle a déclaré aux Allemands que son fils s’était donné la mort. Pendant ce temps, nous avons construit un réduit de 60 cm de largeur, dans la cave, dans lequel il se cachait en cas d’alerte. Il a vécu ainsi pendant 25 mois, caché aux yeux de tout le monde. Les Allemands venaient fouiller régulièrement la maison, contrairement à Anne Franck, ils ne l’ont jamais découvert. » « C’est la charité publique qui nous a nourris » « Mon deuxième frère a rejoint le front russe à Riga. Il est mort là-bas. Lorsque j’ai appris la nouvelle, j’étais incorporé dans une unité allemande. J’ai alors pu bénéficier d’une permission, en septembre 1944. Au moment de repartir, mon oncle m’a caché dans le grenier de l’hôpital civil de Sélestat pendant trois mois, avec un soldat français qui m’a réappris la langue française. C’est la charité publique qui nous a nourris. Heureusement, personne ne nous a dénoncés ». « Lorsque la Gestapo a appris ma désertion, les agents sont allés questionner ma mère. Mais il n’y a pas eu de représailles. Ils étaient sans doute trop occupés à sauver leur peau. » « Lorsque Triembach a été bombardé, mon frère a dû quitter sa cache. Heureusement, puisque la maison a été en partie démolie. Il l’a fait en se déguisant en jeune fille… » Joseph Kuhn a survécu à ses trois années de captivité, pour finalement être fauché par la maladie en 1947. par Propos recueillis par JF-Ott, publié le 18/08/2012

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Bicentenaire du corps des sapeurs-pompiers

la-flamme-du-devouement-ne-s-eteint-jamais.jpegEDITION DE SÉLESTAT / CENTRE-ALSACE SECTEUR DE SÉLESTAT par Vivien Montag, publié le 13/07/2012 Sélestat Bicentenaire du corps des sapeurs-pompiers La flamme du dévouement ne s’éteint jamais… A gauche, Jean Meyer, lors d’un défilé. Photo DNA - Franck Delhomme Engagé chez les pompiers sélestadiens en juin 1939, Jean Meyer est aujourd’hui le plus ancien soldat du feu ayant servi dans les rangs du corps des pompiers de la cité humaniste. A 90 ans, l’ancien lieutenant aura passé 43 années sous l’uniforme. Ce week-end, il défilera dans la Delahaye restaurée en tant que chef d’agrès. Son copain Leon Wehrlé, 79 ans, sera au volant. Ce week-end, pour les cérémonies du bicentenaire du corps des sapeurs-pompiers de Sélestat, Jean Meyer défilera en tant que chef d’agrès à bord de la Delahaye restaurée. C’est d’ailleurs à bord de ce même véhicule qu’il a effectué sa première intervention il y a 73 ans. « C’était à Boesenbiesen. Un hangar avait pris feu », raconte- t-il, avare de mots. Jean Meyer est entré chez les pompiers de Sélestat en juin 1939. Il n’a alors que 17 ans. « Je suis devenu pompier presque par obligation. Mon père Jean l’était déjà. » Jean Meyer a servi chez les pompiers pendant 43 ans en parallèle à son activité professionnelle d’artisan platrier. Il gravit les échellons lentement. Il devient caporal à la fin des années 50, obtient le grade de sergent en 1954, puis de sergent-chef en 1960. Il devient adjudant en 1964, puis sous lieutenant en 1968 et lieutenant en 1971. Il achève sa carrière le 27 mai 1982 atteint par la limite d’âge. Des systèmes de communications inexistants Lors de sa cérémonie de départ, le chef de corps Camille Hihn, qui connaissait Jean Meyer depuis 1950, dira de lui qu’il était « un homme zélé, un homme de valeur et de dévouement. » Jean Meyer garde le souvenir de quelques interventions marquantes comme les deux incendies de l’institut Willerhoff à Hilsenheim où le feu avait pris dans les écuries. Et les feux à répétition dans la commune d’Ebersheim. « Le village avait beaucoup d’exploitations agricoles. Les feux se propageaient rapidement. Car les granges étaient collées les unes aux autres. » Dans ces années-là, les pompiers ne disposaient que d’un dépôt d’incendie à l’arsenal Sainte-Barbe. Les soldats du feu déménageront au « pavillon », place du marché aux choux, avant d’intégrer au début des années 70 le centre de secours actuel. L’alerte était donnée par la sirène. Les pompiers se précipitaient au dépôt pour récupérer l’équipement et se rendre sur les lieux du sinistre. Ils disposaient d’une combinaison d’entraînement et d’une tenue de sortie bleue marine. Des manoeuvres étaient organisées les dimanches de 6h30 et à 10h. « Il y avait au minimum trente personnes en manoeuvre. » Jusqu’en 1966, les effectifs du corps des pompiers sélestadiens montent jusqu’à 110 hommes. Le virage s’opère à la fin des années 60 avec l’instauration d’un nouveau réglement : moins de personnel mais mieux formés. « Les véhicules de secours et les équipements étant plus modernes, il y avait besoin de moins de bras. » A l’époque, les moyens de communication étaient inexistants. Dans certains véhicules, un pompier faisait office de téléphoniste. Sa mission était de trouver un téléphone dans les environs de l’intervention afin de rappeler d’autres moyens de secours si besoin. « Je me souviens d’une intervention à Dambach-la-Ville où je m’étais rendu dans un restaurant. A la fin de la communication, le patron m’avait demandé un franc ! » Au début des années 70, les pompiers ont pioché dans la caisse de l’amicale pour s’équiper d’une cisaille de désincarcération. Ils avaient même traversé le Rhin afin d’aller chercher l’équipement chez leurs homologues à Waldkirch. Les pompiers n’intervenaient que rarement sur les accidents de circulation. La première formation de secours routiers ne sera dispensé aux soldats du feu qu’au milieu des années 70… Jean Meyer a bien connu un temps que les moins de 30 ans peuvent difficilemnt s’imaginer…

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Commémoration Foyer Saint-Georges

en-1912-les-filles-etaient-les-residentes-du-foyer-saint-georges-anciennement-patronage-ste-odile-1.jpgen-1912-les-filles-etaient-les-residentes-du-foyer-saint-georges-anciennement-patronage-ste-odile.jpgSélestat Commémoration - Le foyer Saint-Georges se prépare à fêter son siècle En 1912 les filles étaient les résidentes du foyer Saint-Georges anciennement patronage Ste Odile. - Le foyer Saint-Georges fête cette année son 100e anniversaire. Une rétrospective des différents moments qui ont rythmés son siècle d’existence est visible dans les locaux. Un nombreux public est attendu pour cet évènement. ARNAUD GRANDADAM, responsable de l’organisation du 100e anniversaire du foyer Saint-Georges raconte à quel point ce lieu a une vie intense. Crée en 1912, le foyer s’appelait à l’époque le patronage Ste Odile. Il accueillait des filles. Il s’est vu évoluer vers différents mouvements paroissiaux. Le théâtre qui est encore dans les murs avait une existence importante. Une grosse rénovation au début des années 80 Une rénovation a eu lieu en 1965. Mais celle qui fut la plus marquante date du début des années 1980. Le père Lucien Wirth qui avec son équipe de bénévole issu du mouvement de la paroisse a effectué plus de 1000 heures de travaux sans compter les sous-traitants. Aujourd’hui le week-end du 100e anniversaire du foyer verra une exposition de tous les moments de ce siècle écoulé. Un nombre très important de documents et de photos prêtés par l’association « Mémoire de Sélestat » ainsi que les particuliers feront vivre et revivre la période. L’exposition est visible du 6 au 10 juin de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h. À cette occasion la municipalité de Sélesat viendra inaugurer cet événement vendredi après-midi. Le week-end sera également l’occasion de fêter la kermesse annuelle du foyer.

Le New-York Times

  publié le 07/03/2012
Sélestat Le New York Times zoome sur Sélestat

Vue de Sélestat. Photo  archives DNA

Vue de Sélestat. Photo archives DNA

Le New York Times a publié ce dimanche un article sur les disparités économiques entre la France et l’Allemagne dans le cadre des élections présidentielles françaises.

Une envoyée spéciale et un photographe ont réalisé un reportage en effectuant un comparatif entre la situation de l’emploi à Sélestat et à Emmendingen. L’article évoque les situations dans le bassin d’emploi de Sélestat et d’Emmendingen au travers des témoignages de Roxanne Pierrel, reponsable de Pôle Emploi, et de Boris Gourdial, directeur à Fribourg de l’agence fédérale de l’emploi en Allemagne.

La barrière de la langue pour les travailleurs transfrontaliers est notamment évoquée tout comme les différences entre les systèmes éducatifs.

Les deux maires de Sélestat et d’Emmendingen ont aussi été interviewés.

Marcel Bauer, maire de Sélestat, défend d’ailleurs la cause de l’apprentissage. Tout comme son homologue français, Stefan Schlatterrer, maire d’Emmendingen, assure de l’importance de la coopération franco-allemande.

Porte ouvertes

Vie scolaire Portes ouvertes à la nouvelle école Wimpfeling Bénédiction parentale

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Les 225 élèves de l’école Wimpfeling ont commencé à user leurs fonds de culottes sur des bancs tout neufs, ce lundi. Hier, c’était au tour des parents d’élèves de jauger le nouvel environnement de travail de leurs bambins.

C’est au tour du maire de Sélestat, d’aller au tableau. Sous le regard attentif des élèves, de leurs parents, et des enseignants. Marcel Bauer parle chiffres. 7,4 millions d’euros. C’est le coût que représente la requalification de l’école Wimpfeling et de l’accueil périscolaire voisin.

« On est passé d’une école obsolète à un site moderne, se réjouit l’élu, qui présidait hier le couper de ruban et l’inauguration du bâtiment. À l’heure où l’on parle de casse du service public, que dire d’un tel investissement ? »

« Les rambardes sont trop basses, à l’étage, critique Hatun Par contre, j’ai flashé sur la salle informatique ! ». Elle-même ainsi que de nombreux autres parents d’élèves ont fait le déplacement pour apprécier cet équipement.

« Il faut prendre conscience de l’effort considérable demandé à la population sélestadienne, relance le maire. 7,4 millions d’euros, c’est environ un tiers du budget municipal. La moitié du coût de la piscine. »

« Pour l’enseignement, cela ne changera pas grand-chose », suppose Aurélie, la maman de deux enfants tout occupés à dévoiler les contours de leur nouvel univers. « Par contre, cette nouvelle école améliorera le bien-être des enfants. Plus de lumière naturelle, ce sera très agréable du point de vue du travail ». Le souvenir des préfabriqués un peu plus sombres et un peu plus étriqués n’est pas très éloigné…

Retour aux discours. « Cette école fera de nombreux envieux », prédit Cathy Charvet, inspectrice départementale de l’Éducation Nationale. « Je n’ai pas quand même pas envie de partir », relativise une prof venue d’un autre site.

À proximité, Nathalie est tout sourire. « Enfin, on y trouve une grande cour, de larges couloirs, apprécie cette mère de famille. Pendant les vacances, mes enfants n’ont eu qu’une hâte, celle d’effectuer leur rentrée dans ces locaux, qu’ils avaient visités auparavant. » Quant à elle, également enseignante, elle songe à demander sa mutation pour Wimpfeling…

  par JF-Ott, publié le 17/03/2012

Transport TGV départ

 

Sélestat Transport Le bonheur est dans dans le train

Un petit coup de brosse pour la rame du TGV à l’arrivée en gare de l’Est à Paris.  Photos DNA — Franck Delhomme

Un petit coup de brosse pour la rame du TGV à l’arrivée en gare de l’Est à Paris. Photos DNA — Franck Delhomme

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       Hier, le TGV Est faisait halte pour la première fois à la gare de

Sélestat. À cette occasion, le maire Marcel Bauer accompagné de 25

élus, de cinq techniciens et du Professeur Sappinus, sont montés à

bord.

 

Direction Paris, le marché de Noël de la gare de l’Est et la Maison de l’Alsace sur les Champs-Élysées.

Huit heures. Dans le hall de la gare de la cité des Dahlias, les voyageurs se pressent devant le stand mis en place par l’association Mémoires de Sélestat.

Tous veulent se procurer la carte postale collector illustrée par Jean Risacher et éditée spécialement pour l’occasion. 8h21, le TGV 2 354 arrive à quai. La délégation sélestadienne conduite par le maire Marcel Bauer monte à bord de la voiture 18.

Durant les deux heures et demie de trajet, le Professeur Sappinus accompagné des Sappinettes a distribué des bredele fabriqués par la Maison du pain, des ornements de terre cuite, des entrées gratuites pour le château du Haut-Koenigsbourg mais aussi des prospectus en vue de promouvoir le patrimoine et les animations de Noël de Sélestat.

« Cela fait longtemps qu’on l’attend, lance Michel, originaire de Châtenois. J’ai deux filles dont une de 12 ans, c’est l’âge où l’on peut lui faire découvrir la capitale et sans prendre la bagnole ! »

« Faut-il encore que les Sélestadiens jouent le jeu »

« J’ai toujours été favorable au développement de la ligne Est du TGV. Lors de la première phase de travaux, il était insensé d’avoir un arrêt à Sélestat. Par contre, au moment de la seconde, c’était le moment de nous positionner, et j’ai donc repris mon bâton de pèlerin pour relancer le projet d’un arrêt sélestadien. » Désormais, c’est chose faite. « Faut-il encore que les Sélestadiens jouent le jeu, pour reprendre les termes du premier magistrat.

Et en termes de retombées économiques et touristiques ? « Les chefs d’entreprise vont pouvoir se rendre à Paris et, inversement, organiser des colloques à Sélestat. C’est également un excellent moyen de faire découvrir notre patrimoine.

Reste plus qu’à trouver, dans les plus brefs délais, des investisseurs en vue de construire de nouveaux complexes hôteliers haut de gamme, car aujourd’hui, nous ne disposons que de 200 lits… »

Tous les ornements ont été fournis par l’office de la culture et du tourisme de la Ville

Fin de matinée, arrivée en gare de Paris. L’équipage sélestadien se dirige vers le marché de Noël de la gare de l’Est où les attendait Louis Hauller, vigneron du Centre-Alsace mais aussi doyen dudit marché.

Tous ont ensuite pris la direction des Champs-Élysées, où ils ont pu admirer les décorations de Noël des quatre sapins suspendus dans le hall d’entrée de la Maison de l’Alsace. Tous les ornements ont été fournis par l’office de la culture et du tourisme de Sélestat.

Avant de reprendre le train du retour, élus et agents n’ont pas manqué de se balader sur la plus belle avenue du monde.

  par Valérie Wackenheim, publié le 12/12/2011

Le petit piano

21/12/2011

Lynda Michel dédicacera son nouveau livre. Document remis

Lynda Michel dédicacera son nouveau livre. Document remis

L’auteur Lynda Michel dédicacera son livre à la librairie Wachenheim demain.

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Lynda Michel, de Sélestat, dévoile dans son livre « La merveilleuse histoire du petit piano Michelsonne », qui revient sur l’histoire depuis sa naissance à l’arrêt de la fabrication de ce jouet mythique créé pour les enfants, qui maintenant séduit de nombreux artistes et est devenu un objet de collection. L’auteur dédicacera son ouvrage ce jeudi 22 décembre de 16 h à 18 h à la librairie Wachenheim de Sélestat.