DNA

La cloche

La cloche de la caserne est de retour

La cloche de la caserne est de retour
Le lycée Schweisguth, qui était à l’époque une caserne, a récupéré sa cloche datant de 1879 ! 

Néron l'incendiaire

Sélestat - Secrets de patrimoineNéron l’incendiaire

Néron l’incendiaire
Chaque samedi, les DNA vous proposent, via cette rubrique animée par Liliane Hoechstetter, de partir à la découverte du patrimoine caché sélestadien.

Tu est originaire de SELESTAT

Sélestat - Internet : un groupe et un album consacrés à la ville, à ses habitants et à son passéHistoire d’être à la page

Histoire d’être à la page
« Tu es originaire de Sélestat si… » Cela fait bientôt un an qu’Yvan Giessler a créé une page ainsi intitulée sur le plus connu des réseaux sociaux. Fort de plus de 2 800 membres, cet espace numérique d’échange pour Sélestadiens et fans de la ville renferme un album exceptionnel avec des photos de toutes époques, prompt à éveiller nostalgie ou curiosité.

Histoire de pompiers

Sélestat - Histoire de pompiersHistoire de pompiers

Histoire de pompiers
Pour la nouvelle édition de son salon qui se déroulait hier aux Tanzmatten, Alsacollections a mis le cap sur l’histoire des sapeurs-pompiers avec une belle collection d’objets relative aux hommes du feu.

Le Quai des tanneurs

Sélestat - Exposition au caveau Sainte-BarbeLe quai des Tanneurs, « un quartier pittoresque »

Le quai des Tanneurs, « un quartier pittoresque »
Le quai des Tanneurs de Sélestat sera à l’honneur de la nouvelle exposition présentée par l’association « Mémoires de Sélestat », du 14 au 20 mai au caveau Sainte-Barbe.

Une parenthèse à gauche

Sélestat Retour sur 70 ans d’élections municipales (épisode 4 : 1989-2014) Gilbert esteve accueillant elisabeth guigou a selestat photo archives dna 1 Gilbert Estève accueillant Elisabeth Guigou à Sélestat. Photo – archives DNA Gilbert Estève accueillant Elisabeth Guigou à Sélestat. Photo – archives DNA Gilbert Estève accueillant Elisabeth Guigou à Sélestat. Photo – archives DNA Pierre Giersch, maire de 1996 à 2001. Collection Jean-Marc Husser L’affiche de campagne du candidat tête de liste Marcel Bauer, en 2001. Collection Jean-Marc Husser Après le décès du maire François Kretz en décembre 1987, au cours d’une mandature conclue à la tête de la ville par Robert Weber (DNA du 16/2) , le socialiste Gilbert Estève prend le pouvoir à Sélestat. Facilement réélu en 1995, il décède l’année suivante. Son adjoint Pierre Giersch lui succède, poursuivant l’œuvre d’une gauche sélestadienne qui, depuis 2001, se heurte à Marcel Bauer, en lice cette année pour un troisième mandat. Dernier volet de notre série, avec l’historien local Jean Hurstel. Mars 1989 : Gilbert Estève rassemble et passe En perdant l’élection cantonale partielle de février 1988 au profit du socialiste Gilbert Estève, alors élu conseiller général, la droite avait compris : à Sélestat, elle ne peut plus se permettre d’aborder des élections en ordre dispersé. Elle se présente donc rassemblée au premier tour des municipales de mars 1989, dans une France qui a réélu quelques mois plus tôt le socialiste François Mitterrand à la présidence de la République. « Cette fois-ci, la droite ne constitue qu’une seule liste conduite par le maire sortant Robert Weber, soutenue par le député Germain Gengenwin, l’ancien maire Maurice Kubler, l’UDF et le RPR », raconte Jean Hurstel. En face, Gilbert Estève, socialiste invétéré, a néanmoins lui aussi compris une chose : pour conquérir Sélestat, il lui faut rassembler au-delà de ses propres rangs. Il se présente en tête d’une « liste citoyenne, avec des personnalités de différents bords », relève Jean Hurstel. Y figure notamment en troisième position le centriste Camille Hihn, déjà élu conseiller municipal trente ans auparavant et habitué des bons scores électoraux. L’écologiste Jean-Paul Spihlmann mène la troisième liste en lice lors de ce premier tour qui voit 75 % des électeurs se rendre aux urnes. Avec 10,39 % des voix, elle ne s’en sort pas trop mal mais arrive loin derrière les deux autres, au coude-à-coude : 44,67 % pour l’équipe de Robert Weber ; 44,94 % pour la liste de Gilbert Estève. Tout ce petit monde se retrouve au second tour. La gauche profite d’un report de voix écologistes, la liste Estève obtenant 47,22 % des suffrages (25 sièges au conseil municipal). La droite ne parvient guère à améliorer son score (44,79 %) ; défaits de peu, le maire sortant et ses colistiers n’obtiennent que sept sièges. Avec presque 8 % des suffrages, les écolos n’emportent qu’un seul siège, pour Jean-Paul Spihlmann. « C’était et ça reste la seule fois où une liste des Verts se maintient au second tour des municipales à Sélestat », témoigne-t-il. « Estève a réussi à m’épuiser en me mettant d’office dans toutes les commissions… Mais c’était une très bonne expérience. » Gilbert Estève est élu maire et s’entoure de neuf adjoints. Pierre Giersch est le premier d’entre eux, suivi de Camille Hihn, retraité des sapeurs-pompiers et qui peut donc désormais briguer une telle fonction. Madeleine Rebert, Jean-Paul Stotz et Jean-Jacques Renaudet, « un des bras droits d’Estève », d’après Jean Hurstel, font aussi partie des adjoints. Dans l’opposition, on retrouve notamment, aux côtés de Robert Weber, Eugène Griesmar et Marcel Bauer. « Je succède aux Bronner, Meyer, Klein, Ehm, Kubler, Kretz, Weber, déclare le nouveau maire. Tous ont apporté une pierre à l’édifice. Je veux embellir l’héritage. » En ce printemps 1989, Gilbert Estève « se serait bien vu le seul maire socialiste d’Alsace », relate Jean Hurstel. Mais non, il ne sera pas le seul héros de la gauche alsacienne puisque par exemple, deux autres mairies tombent dans l’escarcelle du PS, et pas n’importe lesquelles : Strasbourg avec Catherine Trautmann et Mulhouse avec Jean-Marie Bockel. Juin 1995 : une réélection triomphale vite endeuillée Aucun problème pour le maire sortant qui dès le premier tour des municipales de 1995, avec plus de 71 % des voix pour sa liste, bat haut la main la liste RPR/UDF de son unique adversaire, la maire sortante de Muttersholtz Marie-Paule Debes-Sigwalt. Ce petit parachutage semble la desservir tandis que, selon Jean Hurstel, « le courage dont Gilbert Estève a fait preuve face à la maladie lui a valu la compassion des électeurs ». Atteint d’un cancer, le maire sélestadien repart donc avec la même équipe. Il sera emporté par la maladie un an plus tard, le 22 juin 1996, à 48 ans. Son premier adjoint Pierre Giersch, ingénieur originaire de Buhl, est alors élu maire par le conseil municipal à la suite de Gilbert Estève. Pour Jean Hurstel, rejoint par beaucoup sur ce point, Pierre Giersch « est un socialiste idéaliste, un humaniste. J’ai un profond respect pour cet homme estimable, charmant. Il conclut l’entreprise d’Estève et il humanise la politique… Il ne calculait pas en termes de voix comme son prédécesseur. » Un tel maire permet d’apaiser une vie politique locale marquée par des décennies de campagnes électorales très dures. Mars 2001 et 2008 : Marcel Bauer réinstalle la droite Pierre Giersch, à 71 ans, se retire de la vie publique en mars 2001, laissant le soin à Jean-Jacques Renaudet de conduire la liste de l’équipe sortante. En face, le RPR Marcel Bauer, ancien adjoint de 1983 à 1989 et élu conseiller général devant le même Renaudet en 1998, mène la liste de droite. François Simon, « un doux rêveur » selon Jean Hurstel, est à la tête d’une troisième liste « plutôt à gauche » et intitulée « SVP, un peu plus d’imagination ». Elle obtient près de 13 % des voix à l’issue d’un premier tour où plus d’un tiers des 11 238 Sélestadiens inscrits se sont abstenus. La liste RPR/UDF recueille 45,34 % des suffrages, la gauche 41,74 %. Au second tour, la fusion des deux autres listes n’empêche pas la victoire de celle de Marcel Bauer, qui sera élu maire. En mars 2008, il n’y a que deux listes en lice, et donc un seul tour. Plus de 67 % des électeurs se déplacent dans les bureaux de vote. La liste du maire sortant, « Sélestat en marche », l’emporte sans trop de difficultés (54 % des voix) face à la liste « Réussir ensemble » de son challenger Stéphane Klein (46 %). Marcel Bauer est réélu maire sans soucis. Dans un mois, il briguera un troisième mandat d’affilée à la tête de l’équipe sortante («Sélestat, ville de progrès »). Les deux autres listes déclarées pour ces élections municipales 2014 sont conduites par deux membres de son opposition au conseil municipal : une nouvelle fois Stéphane Klein («De l’énergie pour Sélestat ! »), et Caroline Reys («Sélestat 2014 »). Tous deux tenteront de s’inscrire en tête du chapitre de cette nouvelle page de l’histoire des élections municipales sélestadiennes. Le livre de Pierre Giersch, Témoignage sur 18 ans d’implication dans la vie politique de Sélestat et de l’Alsace centrale, 1983-2001 , est disponible à la médiathèque de Sélestat. A lire aussi L’empreinte Estève par Recueilli par Julien Eynard, publiée le 23/02/2014

Lire la suite

La courte vie d’un médecin brillant et artiste de talent

Le socialiste louis boltz felicite francois kretz au soir du second tour de l election municipale de mars 1983 collection jean marc husserLa courte vie d’un médecin brillant et artiste de talent Le socialiste Louis Boltz félicite François Kretz au soir du second tour de l’élection municipale de mars 1983. collection Jean-Marc Husser Le socialiste Louis Boltz félicite François Kretz au soir du second tour de l’élection municipale de mars 1983. collection Jean-Marc Husser Tags François Kretz (1944-1987), dont le père est né à Bindernheim, voit le jour à Bischwiller. Il devient docteur en médecine à Strasbourg en 1967. Selon le Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne (NDBA), il est aussi diplômé en sciences politiques, droit et sociologie, et l’auteur d’une étonnante étude de sociologie médicale sur « Le goitre endémique dans le Ried ». C’est également un pianiste et peintre talentueux qui intègre les milieux artistiques de Berlin, où il vécut plusieurs années. En 1976, il s’installe en tant que médecin à Sélestat, avec son frère Hervé. L’un de ses patients, l’ancien maire sélestadien Albert Ehm, l’encourage à se lancer en politique. « Réservé », d’après Jean Hurstel, il savait se mettre en colère, par exemple quand « un certain Dr François Kretz avait été contrôlé à plus de 200 km/h au volant de sa Porsche à Strasbourg » et que la presse l’avait visé ; « mais ce n’était pas lui, il n’avait pas de Porsche ». Parmi ses contributions pour Sélestat en tant que maire, il sauva la caserne Schweisguth de la démolition avant d’initier sa réhabilitation, et lança le festival Sélest’art. D’après Jean Hurstel, même l’un des fervents opposants du maire Kretz, Gilbert Estève, « a toujours reconnu qu’il avait donné un nouveau souffle à Sélestat ». « Il est à l’origine de la zone piétonne », ajoute Jean-Marc Husser, président de l’association Mémoires de Sélestat, qui relève que François Kretz se distingue pour avoir été un maire sélestadien ne vivant pas à Sélestat mais à Ohnenheim, et qu’il n’est pas enterré au cimetière de la ville, mais à Lièpvre.

Sélestat Retour sur 70 ans d’élections municipales

Robert weber elu maire par les conseillers municipaux pour la fin de la mandature 1983 1989 apres le deces de francois kretz perdra les elections municipales de 1989 face a gilbertLe nouveau conseil municipal elu en 1983 francois kretz est a gauche et on distingue semble t il l actuel maire marcel bauer au fond avec des lunettes qui sera adjoint au corso fleSélestat Retour sur 70 ans d’élections municipales (épisode 3 : 1983-1989) Âpre bataille, décès brutal Le nouveau conseil municipal élu en 1983. François Kretz est à gauche et on distingue, semble-t-il, l’actuel maire Marcel Bauer (au fond avec des lunettes), qui sera adjoint au corso fleuri lors de cette mandature. Collection Jean-Marc Husser Le nouveau conseil municipal élu en 1983. François Kretz est à gauche et on distingue, semble-t-il, l’actuel maire Marcel Bauer (au fond avec des lunettes), qui sera adjoint au corso fleuri lors de cette mandature. Collection Jean-Marc Husser 1 / 2 Le nouveau conseil municipal élu en 1983. François Kretz est à gauche et on distingue, semble-t-il, l’actuel maire Marcel Bauer (au fond avec des lunettes), qui sera adjoint au corso fleuri lors de cette mandature. Collection Jean-Marc Husser Robert Weber, élu maire par les conseillers municipaux pour la fin de la mandature 1983-1989, après le décès de François Kretz, perdra les élections municipales de 1989 face à Gilbert Estève. Collection J.-M. Husser En 1983, Maurice Kubler, maire de Sélestat durant 18 ans (DNA du 9 février) , ne se représente pas . Au cours des 18 années suivantes, cinq maires seront élus. Ce sera d’abord François Kretz, lui aussi médecin, sorti vainqueur d’une campagne municipale particulièrement dure. Il décédera brutalement avant la fin de son mandat, que bouclera son adjoint Robert Weber avant de se faire balayer par la gauche, incarnée par Gilbert Estève. Mars 1983 : François Kretz arrache la victoire Au cours de ses trois campagnes municipales victorieuses, le Dr Maurice Kubler, élu maire de Sélestat en 1965, 1971 puis 1977, avait dû faire avec une opposition tenace. Mais le printemps 1983 est le théâtre de « l’une des batailles municipales les plus âpres », selon Jean Hurstel. Un organe de presse titre : « Du gros temps pour 6 ans ? » « Le journaliste avait un pressentiment », remarque l’historien local. « C’était une bataille vraiment acharnée, les tracts étaient terribles, les meetings étaient durs ! » Au premier tour en ce mois de mars 1983, dans une élection où les votants ne sont plus autorisés à panacher et doivent donc choisir une équipe complète, quatre listes sont en lice. Celle menée par Gérard Meschberger est soutenue par le maire sortant Maurice Kubler – qui ne se représente pas – et par le député Germain Gengenwin ; elle obtient 25 % des voix. La liste de gauche du socialiste Louis Boltz améliore encore son score de 1977 en recueillant près de 30 % des suffrages, tandis que la liste écologiste conduite par Jean-François Gueidan dépasse les 9 %. Le meilleur score, près de 36 % des voix, est pour la liste de droite et centre droit de François Kretz. A presque 39 ans, récemment entré en politique, il est tout de même depuis 1978 président départemental du Parti Républicain (PR) de François Léotard. Il est aussi conseiller général du canton de Sélestat depuis novembre 1980 après l’élection cantonale partielle intervenue à la suite du décès, dans un accident de voiture, du conseiller général Georges Klein. Une campagne qui avait elle aussi été « terrible », selon Jean Hurstel ; « il avait gagné au deuxième tour après une triangulaire acharnée et à l’issue d’une campagne épique, mais les plus mauvais coups venaient de son camp. » Au second tour des municipales de 1983, la liste du Dr Kretz l’emporte avec environ 200 voix d’avance sur celle de Louis Boltz (42,02 % contre 39,58 %). La gauche entre au conseil municipal avec cinq élus, dont celui qui sera maire en 1989, Gilbert Estève. La liste Meschberger recueille 18,40 % des suffrages et obtient trois sièges. François Kretz est élu maire avec 24 voix sur 33. Le conseil connaît un important renouvellement : seuls trois anciens sont encore là, parmi lesquels Eugène Griesmar, élu premier adjoint et dont la popularité a bien aidé à l’avènement du Dr Kretz. Pierre Hertrich, Robert Leimacher, Marguerite Schlecht, Robert Weber et Dominique Reinhart sont les autres adjoints, avec aussi l’actuel maire Marcel Bauer, qui était candidat aux municipales pour la première fois, sur la liste Kretz, et se voit charger de l’organisation du corso fleuri. « La campagne a été anormalement dure » et le nouveau maire est « éprouvé », appuie Jean Hurstel, qui confie avoir été un « ami personnel » de François Kretz. « Le soir de l’élection du maire, Gilbert Estève refuse de figurer sur la photo de groupe des 33 élus. » Cela n’empêche pas le nouveau premier magistrat de déclarer, tout juste installé dans son nouveau fauteuil : « Un esprit nouveau doit souffler sur notre ville. Il n’est pas interdit de s’enrichir de nos différences et de mettre en commun ce que nous avons de meilleur ». Décembre 1987 : un décès brutal « Son mandat n’a pas été de tout repos », indique Jean Hurstel, qui évoque une « opposition terrible ». Et outre ses fonctions de maire, François Kretz cumule les mandats : réélu conseiller général au premier tour en 1985, il devient aussi conseiller régional. Et il « continuait à exercer la médecine à plein-temps. Il avait des patients qui venaient de loin, des Bavaroises, des Autrichiennes… » Le Dr Kretz décède brutalement chez lui, à Ohnenheim, dans la nuit du 27 au 28 décembre 1987, laissant une veuve et deux enfants. Le 29 décembre, les DNA titrent qu’il a été « terrassé par une crise cardiaque à l’âge de 43 ans » et publient des « réactions unanimes : ‘‘C’est un coup dur pour Sélestat’’». D’après Jean Hurstel, et cela peut paraître logique, des rumeurs ont couru sur l’origine du décès du maire. « Durant les derniers mois avant sa mort, François Kretz a été menacé, ses enfants n’allaient plus à l’école d’Ohnenheim. » A la mairie, le 8 janvier 1988, les conseillers municipaux élisent comme maire l’adjoint aux finances Robert Weber pour la fin du mandat. L’expérimenté Eugène Griesmar, qui se voyait déjà sur le fauteuil, ne comprend pas. « Certains ont pensé que c’était un coup bas des locaux », précise Jean Hurstel. Mais la décision vient de Paris, où François Léotard et l’état-major de l’UDF veulent installer « quelqu’un de la même génération que François Kretz ». Juste avant la mort du maire en décembre 1987, le socialiste Gilbert Estève « prospectait à Marseille pour une circonscription et un canton, mais il apprend vite, très vite le décès de François Kretz ». Il renonce à ses envies d’ailleurs, jugeant sûrement le ‘‘coup’’ désormais possible à Sélestat. « Weber était habile, mais pas autant qu’Estève », estime Jean Hurstel. En février 1988, Robert Weber pâtit de la concurrence du populaire Camille Hihn, candidat UDF dissident, lors d’une triangulaire aux élections cantonales partielles. Gilbert Estève devient conseiller général et vise la mairie un an plus tard. Une petite révolution est en marche : la gauche s’apprête à prendre le pouvoir à Sélestat.

Il n’a jamais perdu une élection municipale

Photographie le 26 mars 1971 le conseil municipal juste elu avec en bas de gauche a droite edouard reysz georges klein le maire maurice kubler marcel wincker et raymond stein photoIl n’a jamais perdu une élection municipale Maurice Auguste Kubler (1923-2003) est originaire de Moosch, dans la vallée de Thann. « C’était le fils d’une famille francophile, chassée lors des deux guerres… Ils étaient sur une liste noire », précise Jean Hurstel, qui évoque par ailleurs un homme discret, « timide ». D’après le Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne (NDBA), auquel il a régulièrement collaboré, Maurice Kubler s’inscrit en 1942 à la faculté de Strasbourg, alors repliée à Clermont-Ferrand. Engagé en septembre 1944 dans la brigade d’Alsace-Lorraine, il reprend ses études à Strasbourg après la guerre avant d’être nommé interne à l’hôpital de Sélestat en 1949. Il y sera chef de chirurgie de 1963 à 1988. « Je crois, contrairement à ce qui disait Albert Ehm, qu’il a réalisé beaucoup de choses pour la ville», affirme Jean Hurstel. Au cours des trois mandats successifs de maire du Dr Kubler, Sélestat a connu un bel essor et a notamment vu l’amélioration de sa voirie, l’agrandissement du lycée Koeberlé et les constructions de la caserne des pompiers, du lycée Schwilgué, du collège Mentel, des écoles maternelles Robert-Schuman et Jean-Monnet, etc. Un nouveau cadastre, des rénovations patrimoniales et le jumelage avec Waldkirch sont aussi à mettre à son actif. Très impliqué dans la vie culturelle et associative, Maurice Kubler était aussi « un des principaux rédacteurs de la société d’histoire de la Bibliothèque humaniste », rappelle Jean Hurstel. « C’était un grand érudit, un très bon chercheur en histoire locale, je suis admiratif. » Le Dr Kubler a été élu maire à chacune de ses trois tentatives. « Il détient le record que Marcel Bauer voudrait bien égaler, peut-être même surpasser », conclut Jean Hurstel dans un sourire.

L’ère Kubler

L ere kublerSélestat Retour sur 70 ans d’élections municipales (épisode 2 : 1965-1983) L’ère Kubler Photographié le 26 mars 1971, le conseil municipal juste élu avec (en bas de gauche à droite) Edouard Reysz, Georges Klein, le maire Maurice Kubler, Marcel Wincker et Raymond Stein. Photo Schweitzer Photographié le 26 mars 1971, le conseil municipal juste élu avec (en bas de gauche à droite) Edouard Reysz, Georges Klein, le maire Maurice Kubler, Marcel Wincker et Raymond Stein. Photo Schweitzer Le député Albert Ehm (à gauche), le chef des sapeurs-pompiers de Sélestat Camille Hihn et le maire Maurice Kubler (à droite) en 1971, avec le ministre des finances Valéry Giscard d’Estaing venu inaugurer la nouvelle caserne des pompiers. Document remis Photographié le 26 mars 1971, le conseil municipal juste élu avec (en bas de gauche à droite) Edouard Reysz, Georges Klein, le maire Maurice Kubler, Marcel Wincker et Raymond Stein. Photo Schweitzer Deuxième partie de notre rétrospective historique sur les élections municipales à Sélestat depuis la Seconde Guerre mondiale, avec l’historien amateur Jean Hurstel (voir DNA du 2 février). En 1965, le Dr Maurice Kubler s’installe dans le fauteuil de maire. Il le quittera 18 ans plus tard – un record – sans avoir été battu, malgré des campagnes électorales âprement disputées. Mars 1965 : l’éclosion Le député-maire Albert Ehm vient de boucler son deuxième mandat à la tête de Sélestat et il se verrait bien repartir pour six ans dans le fauteuil de premier magistrat. Son équipe avait écrasé le scrutin de 1959 ; mais certains élus de sa liste sont devenus opposants au cours de la mandature, dont le populaire Camille Hihn. Aux élections de 1965, on retrouve donc ce dernier aux côtés d’un nouveau venu dans la bataille municipale : le Dr Maurice Kubler (lire l’encadré) , alors chef du service de chirurgie du centre hospitalier de Sélestat. Au premier tour le 14 mars, sa liste « Pour la défense des intérêts de Sélestat » défie celle d’Albert Ehm, « Action sociale et communale ». Une troisième liste, « Le réveil démocratique et social », est menée par le communiste Amédée Charlier. Mais dans une ville alors fortement marquée à droite, « c’était impossible pour cette liste de gauche d’obtenir un siège », relève Jean Hurstel. « Camille Hihn et Marcel Wincker étaient toujours en tête » des suffrages lors des élections municipales, ajoute Jean Hurstel. Membres de la liste Kubler, ils sont élus au premier tour avec cinq autres colistiers, dont Raymond Barthelmebs, ancien gardien de but du SC Sélestat, du Racing club de Strasbourg et du FC Sochaux-Montbéliard. Seulement quatre candidats de la liste du maire sortant sont élus directement lors de ce premier tour, dont Albert Ehm lui-même. Le « timide » Maurice Kubler est élu au second tour et s’installe sur le fauteuil de maire le 29 mars, fort d’une majorité de vingt conseillers face à sept membres de la liste de son prédécesseur. Georges Klein – fils de l’ancien maire de 1945 à 1953 –, Marcel Wincker et Joseph Logel deviennent adjoints. Maurice Kubler met de suite son empreinte sur le fonctionnement de l’assemblée sélestadienne, raconte Jean Hurstel. « Dans son allocution, le nouveau maire annonça la création de trois nouveaux postes d’adjoints, tenant compte de l’extension de la commune. » Edouard Reysz, Raymond Stein et Arthur Schreiber sont élus à ces nouvelles fonctions lors de la deuxième séance du conseil, le 26 avril 1965. Quatre semaines plus tôt, à la fin du premier conseil de la mandature, le maire, historien passionné, avait lu « le préambule d’un document conservé à la bibliothèque municipale consignant les us et lois de la ville de Sélestat en 1374 ! » « Ça, c’est du Kubler tout craché ! » lâche Jean Hurstel. Albert Ehm, devenu opposant, affirme, selon le procès-verbal, s’incliner devant les résultats du suffrage universel et affiche « la volonté de servir et de promouvoir l’essor de notre ville natale ». Mars 1971 : engouement et coups bas « A la fin de son premier mandat, le Dr Kubler a fait un livre de plus de 200 pages en forme de bilan », indique Jean Hurstel. « Il y laisse la parole à son équipe et aux forces vives de la ville. » Trois listes s’affrontent au premier tour des élections le 14 mars 1971 : celle du maire sortant («Pour la défense des intérêts de Sélestat »), celle du député Albert Ehm associé à Marie-Madeleine Kernel et Eugène Griesmar («Sélestat demain ») et la liste de gauche («Pour une gestion sociale, moderne et démocratique ») d’Amédée Charlier. La campagne suscite l’engouement des citoyens, avec une participation au premier tour qui atteint 85 %. « La presse souligne la dureté de la campagne », relève aussi Jean Hurstel, qui évoque « des coups bas entre le clan Klein (premier adjoint sortant) et le clan Ehm ». Dans cette lutte acharnée pour le pouvoir municipal, les gazettes des deux camps ( L’Alerte et La Vérité ) sont virulentes, il y a « des batailles d’avocats, des procès ». Mais au premier tour, la liste de Maurice Kubler et Georges Klein devance de presque 15 % celle d’Albert Ehm. Le vieux loup de maire décide de se retirer entre les deux tours. La victoire de la majorité sortante est écrasante. Eugène Griesmar (père de Fabienne Keller, maire de Strasbourg de 2001 à 2008) et Michel Lang sont les seuls opposants au conseil municipal, élus au deuxième tour. En toute logique, la liste de gauche repart bredouille, même si certains ne font pas un mauvais score, à l’instar d’un certain… Marcel Bauer. Il ne s’agit pas là de l’actuel maire de Sélestat, 22 ans à l’époque, qui précise que cet homonyme « était professeur de musique et dirigeait un orchestre » portant son nom. De son côté, Albert Ehm, 59 ans, doit se contenter de ses mandats de député et de conseiller général. « Il pensait pouvoir déboulonner Kubler, battant comme il est », remarque Jean Hurstel. C’est un échec mais, entre esprit de revanche et soif de pouvoir, il n’a pas dit son dernier mot. Mars 1977 : un dépouillement jusqu’au petit matin C’est une lutte acharnée et indécise qui marque les élections municipales de 1977. Quatre listes sont en lice au premier tour, soit 108 candidats. Là encore, il y a une émulation au cours de cette campagne belliqueuse, agressive. Chose rare : à l’issue du premier tour, personne n’est élu. Le dépouillement se termine le lendemain matin du scrutin, lundi, à 7 h 30 ! Le maire sortant est bien entouré et ses colistiers font les meilleurs scores. Comme d’habitude, Camille Hihn est en tête des votes (3 673 voix), suivi de Marcel Wincker et de Robert Guidat. Et comme d’habitude, Maurice Kubler pointe vers la quinzième place (2 888 voix). Albert Ehm, reparti au combat, obtient 2 354 voix. Pour le deuxième tour, il se retire mais sa liste fusionne avec celle de Michel Wach, obtenant au deuxième tour 36,47 % des voix, mais seulement trois sièges au conseil municipal. La participation avoisine 84 % lors de ce deuxième tour. Et la liste Kubler s’en tire bien (43,65 %). Sans siège, la gauche ne s’en sort pas mal néanmoins, avec une liste menée par Louis Boltz qui obtient près de 20 % des suffrages au premier tour. On y trouve Roland Ries (1 345 voix), l’actuel maire de Strasbourg, alors professeur au lycée Koeberlé. Le 29 mars, Maurice Kubler est réélu maire pour un troisième mandat. Six ans plus tard, âgé de 60 ans, il décidera de ne plus se représenter. « Il estime qu’il a fait son temps, son œuvre », note Jean Hurstel. La porte s’ouvre ainsi pour François Kretz, médecin lui aussi et élu conseiller général en 1980. Remerciements à Marthe Kubler et à Jean-Marc Husser

L’exposition se poursuit jusqu’à mardi au caveau Sainte-Barbe

L exposition se poursuit jusqu a mardi au caveau sainte barbe photo dnasélestat Exposition Mémoire du commerce L’exposition se poursuit jusqu’à mardi au caveau Sainte-Barbe. PHOTO DNA L’exposition se poursuit jusqu’à mardi au caveau Sainte-Barbe. PHOTO DNA L’exposition sur les vieux commerces que présente l’association Mémoire de Sélestat est encore visible pour quelques jours au caveau Sainte-Barbe. Combien de points d’exclamation et d’interrogation soulèvera-t-elle, cette exposition ? Beaucoup assurément. Elle est synonyme de retrouvailles, tour à tour joyeuses ou nostalgiques, nimbées de brumes et de mystères ou fortes des certitudes des Sélestadiens ou des autres visiteurs qui reconstituent ainsi le fil de la mémoire sélestadienne à l’aide des nombreux supports photographiques déployés par Mémoires de Sélestat, ou qui s’amusent à découvrir l’ancien visage de la cité, son évolution à travers les décennies. A haut quotient émotionnel On louvoie entre les permanences, comme le chausseur Schoepff, le plus ancien commerce de Sélestat avec 160 années au compteur, on colmate les oublis et on reconstitue la trame du passé, en confondant commerces d’hier et enseignes d’aujourd’hui, on s’émeut également de la disparition du Grand Louvre, ce magasin qui fut à Sélestat ce que la Samaritaine était à Paris. Bref, c’est une exposition à haut quotient émotionnel que l’association mémorielle a bâti en s’appuyant sur son stock d’archives perpétuellement enrichi d’apports extérieurs, justement mus par ce type de rendez-vous. L’exposition est encore visible jusqu’à mardi 4 février, ouverture de 10 à 12 h et de 14 h à 18 h, au caveau Sainte-Barbe. Entrée libre. par JF-O, publiée le 02/02/2014

Sélestat :Retour sur 70 ans d’élections municipales (épisode 1 : 1945-1965)

Si le maire joseph klein avait accueilli le president de la republique vincent auriol a selestat le 4 juillet 1948 albert ehm recoit a l hotel de ville le president de gaulle le 21Le maire albert ehm au centre lors de l inauguration du nouveau centre hospitalier de selestat le 6 mai 1961Sélestat Retour sur 7 0 ans d’élections municipales (épisode 1 : 1945-1965) Les urnes se souviennent Si le maire Joseph Klein avait accueilli le président de la République Vincent Auriol à Sélestat le 4 juillet 1948, Albert Ehm reçoit à l’hôtel de ville le président de Gaulle, le 21 novembre 1959. - Si le maire Joseph Klein avait accueilli le président de la République Vincent Auriol à Sélestat le 4 juillet 1948, Albert Ehm reçoit à l’hôtel de ville le président de Gaulle, le 21 novembre 1959. - 2 / 2 Le maire Albert Ehm (au centre) lors de l’inauguration du nouveau centre hospitalier. de Sélestat, le 6 mai 1961. - Si le maire Joseph Klein avait accueilli le président de la République Vincent Auriol à Sélestat le 4 juillet 1948, Albert Ehm reçoit à l’hôtel de ville le président de Gaulle, le 21 novembre 1959. - A quelques semaines des élections municipales (23 et 30 mars), jetons un œil sur l’histoire des scrutins du genre à Sélestat depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Entre 1945 et 1965, une première page de la vie politique locale d’après-guerre s’écrit avec les maires Joseph Klein (de 1945 à 1953) et Albert Ehm (de 1953 à 1965), raconte l’érudit Jean Hurstel. Septembre 1945 : Joseph Klein, premier maire d’après-guerre C’est fin septembre 1945 qu’ont lieu les premières élections municipales d’après guerre. Sélestat compte alors environ 10 000 habitants. Et les femmes peuvent (enfin !) voter. Jean Meyer, élu maire en 1935 et qui occupe la fonction durant et juste après le conflit, ne se représente pas. « Deux listes s’affrontent à Sélestat : ‘‘Entente démocratique’’ et ‘‘Action patriotique’’», explique Jean Hurstel, en précisant que « les électeurs ont largement exploité la possibilité de biffer des noms et de panacher » les listes. Le 23 septembre, le premier tour voit 18 personnes obtenir suffisamment de voix. Une semaine plus tard, les résultats du deuxième tour désignent la dizaine d’autres élus qui complètent le conseil municipal. Ce dernier élit largement Joseph Klein (1900-1978) au poste de maire. Membre du Mouvement républicain populaire (MRP), un parti d’inspiration démocrate-chrétienne et centriste créé l’année précédente, le nouveau premier magistrat a pour adjoints Nestor Schoepf, Robert Damm et Jacques Haxaire. « Trois résolutions sont aussitôt prises, raconte Jean Hurstel : 1. Remercier le général de Gaulle pour l’œuvre réalisée pendant la guerre, au nom de la Ville de Sélestat (Charles de Gaulle était alors le chef du gouvernement provisoire) ; 2. Tout entreprendre pour que les soldats de Sélestat encore en captivité (dans les camps soviétiques surtout) puissent rentrer le plus tôt possible ; 3. maintenir l’hôpital de Sélestat dans les locaux de l’Ecole normale. » Octobre 1947 : les mêmes, et quelques sièges… à gauche L’avènement de la IVe République entraîne de nouvelles élections deux ans plus tard. La liste « Entente communale » du maire sortant Joseph Klein obtient seize sièges. Les trois autres listes candidates se partagent le reste des places. Six pour le Rassemblement du peuple français (RPF) du général de Gaulle, trois pour la liste du parti communiste (PCF) et deux pour les socialistes de la liste « Union démocratique ». Joseph Klein conserve le siège de maire et les mêmes adjoints. Sur la même liste, Georgette Ulmer est réélue, pour de bon cette fois-ci ! Cette assistante sociale, qui au premier tour de l’élection de 1945 avait obtenu le plus de voix parmi les candidats, avait été déclarée inéligible « en raison des statuts », souligne Jean Hurstel sans avoir pu obtenir plus de précision. Rare (pour ne pas dire unique) femme engagée en politique à Sélestat, elle tiendra sa place au conseil municipal jusqu’en 1965. On retrouve aussi parmi les personnes réélues Jules Wachenheim, Léon Hihn ou le docteur Albert Bur, qui fut le premier président du conseil général du Bas-Rhin d’après guerre, entre 1945 et 1949. Avril 1953 : Albert Ehm s’impose en force Depuis 1949, Albert Ehm (1912-1983) est conseiller général à Sélestat, après avoir occupé la fonction à Marckolsheim depuis 1947. Notamment conseiller de la République et sénateur de 1947 à 1950, l’enseignant se présente en tête d’une liste aux élections municipales sélestadiennes de 1953, fort d’une solide expérience politique ; au point même d’avoir été impliqué dans une affaire de mœurs * à la fin des années 40, provoquant sa rupture avec le MRP dont il avait intégré les rangs à la Libération. Après une pause politique forcée durant laquelle il revient à son métier de professeur de philosophie (au lycée Koeberlé notamment), c’est donc en indépendant qu’il conduit à Sélestat la liste « Action sociale et communale » en 1953. Au début de cette année-là, la condamnation au procès de Bordeaux de treize Malgré-Nous alsaciens, enrôlés dans l’unité SS responsable du massacre d’Oradour-sur-Glane en 1944, soulève l’indignation en Alsace et crée la polémique. L’ensemble des élus alsaciens proteste énergiquement et les élections sont reportées de plusieurs semaines, avec un premier tour le 26 avril. A l’issue des scrutins, la liste d’« Entente communale » du maire sortant Joseph Klein ne compte que quatre élus. Celle menée par l’adjoint Robert Damm (MRP et indépendants), cinq élus et la liste d’« Alliance populaire » proche du RPF, deux. Albert Ehm emporte une victoire écrasante. Lui-même récolte 5 465 voix (plus de 2000 voix d’avance !) au premier tour et seize conseillers municipaux sont issus de sa liste dont, pour l’anecdote, Werner Killy, oncle du champion de ski Jean-Claude Killy. Elu maire avec 18 voix sur 27, Albert Ehm a pour adjoints Othon Jaegert, Joseph Heim et Henri Hettler et « invite les colistiers de l’ancien maire Joseph Klein à coopérer avec la nouvelle majorité », note Jean Hurstel. Mars 1959 : le maire sortant ne partage pas A l’issue de son premier mandat de maire, « Albert Ehm est réélu dès le premier tour avec toute sa liste » le 8 mars 1959. Sa liste « Action sociale et communale » bat l’autre équipe en lice, « Union démocratique et sociale ». « Le maire sortant recueille 5 396 voix et son colistier le moins bien élu 3 936 voix », relève Jean Hurstel. « Seuls deux membres de la liste d’opposition dépassent les 2 000 suffrages : Robert Damm (2 084 voix) et Marcel Wincker (2 296 voix), qui avait été capitaine de l’équipe de football du SC Sélestat en 1937, en finale de la coupe d’Alsace. » Le doyen de l’équipe Joseph Heim est élu premier adjoint. « Georges Jaegert et Albert Lumann ont été élus deuxième et troisième adjoints, en dépit de leurs réserves, M. Jaegert souhaitant l’élection d’un conseiller plus jeune et M. Lumann souhaitant se désister de ce poste pour raisons professionnelles. Plus tard, Eugène Bauer et Georgette Ulmer (anciens opposants à Albert Ehm) compléteront le staff des adjoints, Georges Jaegert s’étant retiré et devenant le ‘‘porte-parole’’ de la future opposition. » Doté d’un fort charisme, Albert Ehm « était un très grand maire de Sélestat, il était doué en tout », estime Jean Hurstel. S’il mène de nombreux projets dans la ville, il apparaît trop dépensier pour certains, au point de créer des dissensions au sein de son propre camp. Il échouera aux municipales de mars 1965 face à la liste du docteur Maurice Kubler, qui sera maire jusqu’en 1983. Après Albert Ehm s’ouvrira un « nouvel acte de la vie politique » à Sélestat, considère Jean Hurstel. Et s’il n’est plus premier magistrat, il restera député de la circonscription jusqu’en 1978 et conseiller général jusqu’en 1979. * « une sombre machination politique montée dans son propre camp », estime son frère André Ehm dans Albert Ehm, une vie passionnée au service des autres. La mission exaltante de premier magistrat à Sélestat, 1953-1965 , éd. Pamélys (disponible à la médiathèque de Sélestat). Remerciements à Jean-Marc Husser..

Maison KOENIG enracinée dans la famille

Anne koenig a pris la succession de ses parents daniel et mireille alors que rien ne l y predestinait photo dnaUn cadre conserve par la famille koenig regroupe plusieurs vieilles photos ou l on retrouve notamment au centre charles koenig qui a debute l exploitation du magasin avec son epousIl n’était pas écrit que 95 ans plus tard, la maison Koenig ferait encore partie de la famille. Pourtant, depuis 1919, le commerce qui y est exploité se transmet de génération en génération, comme si rien ne pouvait y changer. La maison Koenig, rue des Chevaliers, est une vieille dame. « Elle fait partie de la famille. D’ailleurs, quand on en parle, on a tendance à la personnifier », confie Anne Koenig, qui y gère aujourd’hui le magasin Ambiance et Styles. Cette bâtisse est entrée dans la famille Koenig en 1919. Et ne l’a plus quittée. L’histoire commerçante de la famille Koenig remonte à 1892, année où Marie Koenig, arrière-grand-mère d’Anne, lance son affaire. « Elle était repasseuse de métier, raconte Daniel Koenig, père d’Anne et petit-fils de Marie. Pour ses 20 ans, sa marraine lui a offert un petit stock de vaisselle et une charrette en osier, avec laquelle elle a commencé à faire le marché de Sélestat. » Puis Marie épouse Charles Koenig, issu d’une famille de jardiniers. Ensemble, les époux débutent une affaire de vaisselle : ils disposent d’un dépôt, rue Turenne, pour stocker les marchandises qu’ils vendent dans tous les marchés de la région grâce à deux fourgonnettes et deux chevaux. Lorsque survient la Première Guerre mondiale, fourgonnettes et chevaux sont réquisitionnés. Marie et Charles doivent se contenter du marché de Sélestat. En 1919, ils achètent le 24 de la rue des Chevaliers et en 1921, le 25, pour en faire un commerce partagé entre une partie vaisselle et une partie armurerie. Cette dernière est confiée au fils aîné de Charles et Marie, prénommé lui aussi Charles, qui en a appris le métier. Quelques années plus tard, Charles fils épousera une fille fortunée et ouvrira une armurerie place Kléber à Strasbourg. Ses parents continueront quant à eux d’exploiter le magasin de Sélestat et ses deux activités jusqu’en 1940, année où les Allemands feront fermer le magasin. Un commerce longtemps partagé entre vaisselle et armurerie Au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, le magasin rouvre. Georges, deuxième fils de Marie et Charles, en prend les rênes avec son épouse Marguerite, jusqu’en 1968, où son fils Daniel et son épouse Mireille prennent le relais. Le couple poursuit l’exploitation des deux activités avant de finalement arrêter l’armurerie au début des années 80, l’acquisition de la licence devenant de plus en plus lourde. En 2006, Daniel et Mireille décident à leur tour d’arrêter et s’apprêtent à vendre le fonds de commerce. C’est alors qu’Anne fait part de son envie de reprendre le magasin, bien que rien, pourtant, ne l’y prédestinait. « J’ai demandé à mon père s’il était prêt à passer tous les jours devant le magasin en se disant qu’il n’était plus à nous. Moi, je n’étais pas prête », assène Anne. « Sa décision m’a causé du souci. J’avais un repreneur, tout était quasiment bouclé », indique Daniel, avant d’avouer, qu’au fond de lui, il était content que la « vieille dame » demeure dans la famille. Le choix d’Anne Koenig peut sembler étonnant, d’autant que ses parents ne l’ont jamais obligée à reprendre. « Je les ai toujours entendus me pousser à faire autre chose. On en discute parfois avec des collègues. Dans nos métiers, ça se transmet de génération en génération et, quelque part, on se sent obligé de reprendre. Je pense m’être sentie obligée. » La prof d’histoire rattrapée par la « vieille dame » Dans un premier temps, Anne a pourtant écouté ses parents puisqu’elle a longtemps été professeur d’histoire. Après avoir enseigné dans la région lilloise, elle est revenue en Alsace, avant de se mettre en disponibilité pour consacrer son temps au magasin Ambiance et Style du 25 rue des Chevaliers et perpétuer ainsi la lignée des Koenig à la tête du commerce. Comme si un lien invisible unissait Anne à cette bâtisse. Comme si la vieille dame avait un pouvoir attractif sur la famille Koenig. « J’ai toujours travaillé ici », s’excuse-t-elle presque. Que ce soit à l’adolescence ou, un peu plus tard, les week-ends ou lorsqu’elle n’avait pas cours. Anne sait bien qu’elle n’a pas choisi la facilité et qu’elle a abandonné « 18 heures de cours par semaine et les vacances scolaires. Attention, je ne dis surtout pas qu’enseigner est un métier facile, mais nos métiers des arts de la table sont physiques. » Rien ne dit que les enfants d’Anne reprendront un jour le magasin. « Pour l’instant, ils n’ont que 7 et 10 ans », tempère la gérante. Tous deux sont pourtant déjà attachés à la Maison Koenig. En plus d’habiter au-dessus du magasin, ils descendent souvent faire leurs devoirs dans un bureau situé à l’arrière de la boutique. A l’image de ce que ses parents ont fait avec elle, Anne ne les poussera pas à reprendre l’affaire. Mais sait que s’en séparer sera « un déchirement. Ça fait tellement partie de notre vie que le jour où il n’y a plus ça, il y aura un manque. » Article DNA par Florent ESTIVALS

Commerces de 1900 à nos jours

La boulangerie reibel rue de verdun egalement document remisL’association Mémoires de Sélestat poursuit son cycle d’expositions à travers le vieux Sélestat. Après les auberges, bars et restaurants d’autrefois puis les quartiers du Fischerbach et des Remparts l’an passé, qui ont attiré près de 3000 visiteurs, l’association présente à partir d’aujourd’hui sa première exposition de l’année, consacrée aux commerces de 1900 à nos jours. Cette exposition devrait une nouvelle fois rappeler bon nombre de souvenirs à certains et faire découvrir aux autres un pan de l’histoire de la ville qui leur est inconnu. Sélestat a compté à un certain moment beaucoup plus que les 165 commerces actuels. « A l’époque, la grande distribution n’existait pas », observe Guy Ritter, membre de Mémoires de Sélestat. Si quelques commerces ont traversé les âges (comme les chaussures Schoepff, qui ont fêté leurs 160 ans en 2012 ou la maison Koenig), il sera surtout question des commerces aujourd’hui disparus. Une centaine de photographies et cartes postales seront affichées au caveau Ste Barbe et retraceront l’histoire commerçante de Sélestat, où le marché du mardi matin, qui date du 15e siècle, serait le plus vieux d’Alsace. On y verra ainsi le salon de coiffure qui se trouvait en lieu et place du Ritterhof, place du Vieux-Marché au Vin, « où, dans les années 20, venaient se faire coiffer les grandes dames de l’époque », rappelle Jean-Marc Husser, président de Mémoires de Sélestat. Le “Louvre alsacien”, place de la Victoire, où l’on trouvait des vêtements de grandes marques sera également à l’honneur. Lors de l’exposition, le collectionneur Theo Meyer tiendra une ancienne épicerie à l’intérieur du caveau Ste Barbe, grâce à du mobilier récupéré dans une ancienne épicerie de Scherwiller. Exposition sur les commerces d’antan, du mardi 28 janvier au mardi 4 février au caveau Ste Barbe, de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h. Entrée libre. Inauguration ce soir à 17 h 30. par F.E, publiée le 28/01/2014

AG Mémoires Janvier 2014

Un dimanche particulier pour memoires de selestat 1Un dimanche particulier pour memoires de selestatUn dimanche particulier pour memoires de selestat 1C’était « un dimanche un peu particulier » pour Mémoires de Sélestat, selon les mots de Jean-Marc Husser qui a tenu, coûte que coûte, a présidé, hier matin à la salle Sainte-Barbe, l’assemblée générale annuelle de l’association. Celle-ci a duré moins de 45 minutes. En préambule, Jean-Marc Husser, le président de l’association Mémoires de Sélestat, est revenu, non sans une palpable émotion, sur ce « fameux 3 août » de l’année 2013, date à laquelle il a fait un accident vasculaire cérébral : « Depuis, je reprends goût à la vie mais j’ai toujours des trous de mémoire. Après 5 mois de rééducation et de soins intensifs, je me devais d’être là », a-t-il confié devant une salle tout ouïe. « Que la vie continue ! » Claude Schirlen, le secrétaire de l’association, a lu le compte rendu de l’assemblée générale du 13 janvier 2013 avant d’énumérer les prolifiques activités de l’association, notamment les deux expositions sur les restaurants d’autrefois et sur le quartier des Remparts qui ont remporté l’enthousiasme des Sélestadiens en quête de leurs souvenirs. Cette dernière exposition qui s’était tenue en septembre dernier avait été organisée par les membres du comité sous la houlette de Raymond Muller, remplaçant Jean-Marc Husser, convalescent. Gérard Schenck, le trésorier, a évoqué brièvement les comptes, dans le vert, de l’association : « Au 1er janvier 2014, nous avions 6 899,69 € sur nos comptes dont un excédent de solde de 728,27 €. » Après ce résumé, le réviseur aux comptes Jean-Claude Donius a donné quitus au trésorier tout en expliquant avoir épluché toutes les factures – « je dis bien toutes les factures » – épaulé du deuxième réviseur aux comptes, André Ehm. Il a fait une requête auprès de l’assemblée : « J’aimerais qu’après trois ans d’exercice, au moins l’un des deux réviseurs aux comptes soit changé pour le prochain exercice. » Personne ne se porte candidat même si Jean-Marc Husser a laissé quelques minutes de réflexion. Ce dernier demande enfin à Denise Brunstein qui accepte de leur venir en aide. La cotisation à l’association reste inchangée : 15 €. Et le tiers sortant a été réélu à l’unanimité. Le maire Marcel Bauer a ensuite prononcé quelques phrases de soutien à l’association et, en particulier, à son président : « Je suis ravi et heureux que tu aies pu reprendre les rênes de l’association. Cela aurait pu être pire mais nous savons que tu as encore des progrès à faire. Cette association qui est dans sa 6e année permet aux Sélestadiens de se replonger dans le passé récent et de revivre leurs jeunes années. Il fallait voir avec quelle amitié les membres du bureau se sont mobilisés pour faire de l’exposition de septembre un succès. Bravo, poursuivez ! » Gérard Schenck a évoqué ensuite les projets de l’association en 2014, soit une exposition sur les commerces d’autrefois du 28 janvier au 5 février et une exposition, du 7 au 14 octobre, dont le thème n’est pas encore clairement défini à ce jour. « Que la vie continue », a lancé Jean-Marc Husser avant d’inviter au verre de l’amitié tous ceux qu’il a revus avec « une certaine émotion ». par Aurore Bac, publiée le 13/01/2014

AG Mémoires de SELESTAT

en-moins-d-une-heure-l-assemblee-generale-etait-pliee-photo-dna-franck-delhomme.jpg Sélestat Assemblée générale de l’association « Mémoires de Sélestat » Mémoires vives En moins d’une heure, l’assemblée générale était pliée ! Photo DNA – Franck Delhomme L’assemblée générale de l’association « Mémoires de Sélestat » a été menée hier tambour battant au caveau Sainte-Barbe de Sélestat. Ces membres prévoient deux événements, l’un autour des hôtels, restaurants et bars et l’autre autour du quartier des remparts et du Fischerbach. SI JEAN RISACHER, L’INCONTOURNABLE dessinateur sélestadien, a croqué avec brio un événement aussi important que l’arrivée du train à grande vitesse entrant en gare de Sélestat, (illustration devenue carte postale par l’entremise de l’association « Mémoires de Sélestat »), force est de constater que Jean-Marc Husser, président de ladite association, a su non seulement faire partir à l’heure l’assemblée générale mais aussi la faire arriver à quai dans des délais plus que raisonnable ! En moins d’une heure, la séance était pliée ! Pour 2013, l’association envisage deux rendez-vous. Le premier aura lieu au caveau Sainte-Barbe du 11 au 19 mai. « Jean-Paul Seidel, Théo Meyer et Charles Gill préparent l’exposition autour des hôtels, restaurants et bars de Sélestat. La cité humaniste a compté jusqu’à 90 établissements. Nous envisageons d’installer une petite buvette pour agrémenter cette exposition, la demande de licence est en cours », souligne Jean-Marc Husser. Autre événement prévu début septembre, une mise en perspective du quartier du Fischerbach et du quartier des remparts, « Nous représenterons l’ancienne piscine, le village vacances, le camping… » indique le président qui a aussi souligné l’importance des relations entretenues avec les Amis de la Bibliothèque humaniste. Hubert Meyer et Gabriel Braeuner laisseront notamment trace de l’activité de « Mémoires de Sélestat » dans le fameux annuaire. Un franc succès pour l’exposition sur la période de l’Occupation Grâce à la compétence du vidéaste Claude Schirlen et le fonds photographique de Marcel Rebhuhn, l’association « Mémoire de Sélestat » a offert à ses membres un DVD des expositions menées depuis son année de création en 2009. L’an dernier, l’association « Mémoires de Sélestat » aura été loin d’être inactive. Fin février, les membres proposent un premier rendez-vous au caveau Sainte-Barbe autour de l’école d’antan à Sélestat. En mai, ces membres participent à mettre en valeur les travaux de restauration du temple protestant au travers d’une exposition de cartes postales. Le mois suivant, l’association propose une rétrospective dans le cadre du centenaire du foyer Saint-Georges. Septembre voit le temps fort de l’année pour « Mémoire de Sélestat » : environ 3 500 personnes (re)découvrent la période sombre de l’Occupation lors de la Seconde Guerre mondiale, au caveau Sainte-Barbe qui accueille alors bon nombre de documents. Les consuls d’Israël et des Etats-Unis feront même le déplacement tandis que le colonel Herrbach propose une conférence sur cette sombre période. En octobre, les bénévoles œuvrent pour la célébration du 70 e anniversaire de l’amicale des philatélistes. Enfin, l’association « Mémoire de Sélestat » salue la mémoire du franciscain de Bourges à l’église Saint-Antoine en vendant une plaquette au profit de la famille missionnaire. « Voilà une assemblée générale bien tenue ! » félicite le maire Marcel Bauer en se rendant compte de la rapidité avec laquelle a été mené l’ordre du jour. Le premier magistrat de la commune en a profité pour féliciter le dynamisme de cette association : « Faire vivre la mémoire est important. Je salue les nouveaux membres du comité. Les associations ont besoin de personnes qui s’engagent à fond pour faire vivre la collectivité. L’association ‘‘Mémoire de Sélestat’’ permet de faire vivre la nostalgie des moments que nous avons vécus il y a 30, 40 ou 50 ans. » L’adjoint au maire Guy Ritter rejoint le comité de l’association. Le tiers sortant, à savoir Gaby Karl-Schorn, Claude Ach et Marcel Rebhuhn, a été reconduit. Les réviseurs aux comptes sont à nouveau André Ehm et Jean-Claude Donius. La cotisation reste inchangée à 15 €. L’association regroupe aujourd’hui 104 adhérents par Vivien Montag, publié le 14/01/2013

×