Disparition Hommage au roi des dahlias, Henri Fuchs

Chevalier du mérite agricole, Henri Fuchs participait à la vendange de la ville, comme ici en septembre 2009. Archives Jean-Louis Vuillequez

Chevalier du mérite agricole, Henri Fuchs participait à la vendange de la ville, comme ici en septembre 2009. Archives Jean-Louis Vuillequez

« Dans le domaine du fleurissement, c’était un champion. » Voilà l’hommage du maire de Sélestat, Marcel Bauer, très touché par la disparition d’Henri Fuchs, décédé mercredi à l’âge de 73 ans. Dans la rue des Jardiniers, comme dans bien des jardins sélestadiens, la peine est immense depuis avant-hier.

Héritier d’une dynastie d’hommes à la main verte, ancien jardinier en chef de la ville, il avait déposé son tablier en 1998, après 38 ans de travail à la Ville. Mais la retraite ne l’avait pas éloigné des plates-bandes, bien au contraire. Dans le portrait que nous avions publié dans notre édition du 25 septembre 2009, le tout nouveau chevalier du Mérite agricole confiait alors à l’un de nous : « Je n’ai pas fait de trucs extraordinaires,j’ai fait mon travail ». Un travail qui a pourtant contribué à faire la réputation de Sélestat en matière de fleurissement de culture du… dahlia.

Alors jeune stagiaire à L’Alsace, l’auteur de ces lignes avait eu l’occasion de rencontrer Henri Fuchs dans son pré carré favori, le champ de dahlias. L’on s’y retrouvait chaque année à l’approche du Corso fleuri pour parler des fleurs qui allaient être coupées, puis être collées sur les chars pour le temps fort festif de la ville. Dans ce jardin à dahlias, tout près du cimetière, 250 variétés de fleurs étaient couvées de l’œil par le jardinier discret et aussi humble qu’une violette. Ses 20 000 pieds de fleurs cultivés sur deux hectares de champ allaient être admirés à Sélestat ,mais aussi dans plusieurs fêtes des environs voire de plus loin.

Grand maître de la confrérie des Zewwelatreppler de 1998 à 2000, il a aussi présidé la commission des maisons fleuries de Sélestat, de 1998 à 2008, mais également les œuvres sociales de la ville pendant six ans. « Il excellait dans les petites poésies en alsacien, se souvient encore Marcel Bauer, il était un fervent défenseur du dialecte et aimait la musique ». Après la cérémonie d’adieu qui aura lieu mardi à 14h à l’église Saint-Georges de Sélestat, Henri Fuchs sera inhumé au cimetière de la Ville, pas très loin d’un ancien champ de ces dahilas qu’il aimait tant.

le 22/04/2011