Conférence de Presse

Patrimoine L’empreinte de l’empire allemand sur Sélestat

le 22/01/2011

 

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L’association Mémoires de Sélestat retrace l’histoire de l’urbanisme

allemand des années 1870-1918 dans une exposition qui sera visible du 24

au 30 janvier, au caveau Sainte-Barbe

 

Le château d’eau, le bâtiment de la poste, celui du lycée Koeberlé ou de l’école du centre. Autant d’édifices sélestadiens qui datent de la domination par l’empire allemand, de 1870 à 1918. Dans une exposition au caveau Sainte-Barbe du 24 au 30 janvier, l’association Mémoires de Sélestat présente une cinquantaine de photographies, plans et médailles de cette période, revenant notamment sur l’histoire d’une quinzaine de constructions.

À l’image de Strasbourg et de sa « Neustadt », Sélestat a connu de nombreux travaux. « Il fallait justifier la présence allemande. On s’imposait par la construction, c’est pour cela qu’il y a eu des bâtiments colossaux », souligne Raymond Muller, membre de l’association et président des Amis de la Bibliothèque humaniste. La caserne Schweisguth, le double escalier de l’Arsenal Sainte-Barbe ou le « Louvre alsacien », un grand magasin qui était à l’emplacement de notre journal, place de la Victoire, ont également été construits à cette période.

La ville s’étend en dehors de ses remparts

« Jusqu’en 1870, la ville est restée à l’intérieur de ses fortifications. Les Allemands ont voulu déplacer le centre-ville vers le nouveau carrefour (aujourd’hui Charles de Gaulle, NDLR), entre la gare et la vieille ville. Ils ont créé un parc avec un kiosque autour du château d’eau et du bâtiment Martel Catala qui n’existe plus », détaille Raymond Muller.

Le transport ferroviaire s’est également développé durant la période wilhelminienne. « La gare de Sélestat existait déjà avant 1870, mais il y a eu des dégâts avec l’annexion et elle a été reconstruite. Plusieurs lignes de chemin de fer ont été créées à cette époque vers Sainte-Marie-aux-Mines, le Ried, le piémont, Molsheim et Villé », ajoute Jean-Marc Husser, président de l’association. Les aménagements du château du Haut-Koenigsbourg par Guillaume II ont aussi participé à la constitution de la ville comme vitrine de l’empire.

Lors de cette exposition, la synagogue, construite il y a 120 ans, sera mise à l’honneur par un dessin de l’artiste sélestadien Jean Risacher, qui vit d’ailleurs dans un bâtiment wilhelminien. Son œuvre sera éditée sur carte postale et disponible au caveau Sainte-Barbe.

Claire-Marie Kostmann