Caserne Scweisguth


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Exposition au lycée

L'association « Mémoires de Sélestat » et la Bibliothèque humaniste présentent une exposition sur l'histoire de la caserne Schweisguth au lycée du 21 au 28 mars.

« La présence militaire à Sélestat a toujours été importante. Car la place de Sélestat a toujours été stratégique. Elle est le lieu de passage le plus étroit entre le piémont et le Ried, d'où l'importance de contrôler ce secteur », rappelle Raymond Muller, président de l'association des amis de la Bibliothèque humaniste. Il est aisé de comprendre pourquoi les deux armées d'outre-Rhin se sont âprement disputées ce secteur. C'est pourquoi Sélestat bénéficia de plusieurs infrastructures militaires. Avec la collaboration de la Bibliothèque humaniste, l'association « Mémoires de Sélestat » propose de redécouvrir l'histoire alambiquée de la caserne Schweisguth au travers de multiples documents.
 L'édifice militaire est construit au pied des 350 hectares de vignes, à l'écart de la ville de Sélestat. Le chantier de la Koenig Karl Kaserne s'échelonne de 1876 à 1880. Elle fut ainsi dénommée en l'honneur de Charles I (1823-1832), roi du Wurtemberg de 1864 à 1891. Après l'occupation de Sélestat en 1871 par deux unités de Saxe, c'est le 2e bataillon du 8e régiment d'infanterie wurtembergeoise qui inaugurera cette nouvelle caserne.

Le nom de Schweisguth ne s'est pas imposé tout seul,
le choix était politique

 Ce bataillon est remplacé en 1890 par le 8e Rheinische Jäger. Entre 1919 et 1933, la caserne reçoit successivement le 47e régiment d'infanterie, le 31e bataillon de chasseurs à pied, le 3e groupe de chasseurs cyclistes et le 29e bataillon de chasseurs à pied. Entre 1933 et 1940, elle est occupée par le 170e régiment d'infanterie. La caserne prendra le nom de François Charles Schweisguth en souvenir du défenseur de la ville en 1814. « Ce n'est pas un nom qui s'est imposé comme ça. Il était quasiment oublié à l'époque. C'est un trésorier payeur qui était de la famille de Schweisguth qui l'a soufflé au maire Auguste Stoffel. Symboliquement, ce choix n'est d'ailleurs pas innocent. Car baptiser une caserne construite par les Allemands du nom du défenseur français de Sélestat, ce n'était pas rien pour l'époque ! »
 En parallèle, un bâtiment construit dans les années 1920 reçut la compagnie de gendarmerie départementale de Sélestat, la Maschinen-Gewehr Abteilung numéro 10, l'équivalent d'un escadron de gendarmes mobiles de nos jours. En 1985, elle fut détruite. Un nouveau bâtiment avec logements de fonction verra le jour. L'actuelle gendarmerie nationale sera mise en service en septembre 1986, rue de la Paix.

Un candidat aux municipales voulait la démolir

 Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, la caserne reconvertie en hôpital est fort endommagée. Ses locaux servent, un temps, de logements sociaux. Jusqu'au début des années 80, les municipalités successives réfléchissent à l'opportunité de nombreux projets. Pierre Giersch pense à une maison de la jeunesse. Un centre de loisirs est évoqué, tout comme un regroupement des services municipaux. Président de l'association « Mémoires de Sélestat », Jean-Marc Husser se rappelle même d'une proposition extrême. « Joseph Logel, candidat aux municipales, voulait purement et simplement démolir la caserne. Finalement, le maire François Kretz préservera ce patrimoine sélestadien. »
 En septembre 1990, les élèves du lycée polyvalent et les apprentis du centre de formation feront leur première rentrée dans ces locaux rénovés. Ce qui semble logique. Puisqu'ils feront leurs classes dans une caserne !

 

Vivien Montag

Du samedi 21 mars au samedi 28 mars. Exposition sur la caserne Schweisguth au lycée de 8 h à 12 h et de 14h à 17 h sauf dimanche 22 mars de 9 h à 12 h et de 14 h à 19 h. Entrée libre. A noter qu'une carte postale réalisée par le dessinateur Franck Gosselin sera disponible en tirage limitée à 300 exemplaires. Samedi 21 mars. Portes ouvertes du lycée Schweisguth de 8 h à 12 h. Mardi 24 mars. Conférence du colonel Pons à partir de 19 h 30 au lycée sur le thème de la place du commandant Schweisguth en 1814 à Sélestat et sur les différents régiments de passage à la caserne Schweisguth.
Édition du Jeu 19 mars 2009