Bicentenaire du corps des sapeurs-pompiers

la-flamme-du-devouement-ne-s-eteint-jamais.jpegEDITION DE SÉLESTAT / CENTRE-ALSACE SECTEUR DE SÉLESTAT par Vivien Montag, publié le 13/07/2012 Sélestat Bicentenaire du corps des sapeurs-pompiers La flamme du dévouement ne s’éteint jamais… A gauche, Jean Meyer, lors d’un défilé. Photo DNA - Franck Delhomme Engagé chez les pompiers sélestadiens en juin 1939, Jean Meyer est aujourd’hui le plus ancien soldat du feu ayant servi dans les rangs du corps des pompiers de la cité humaniste. A 90 ans, l’ancien lieutenant aura passé 43 années sous l’uniforme. Ce week-end, il défilera dans la Delahaye restaurée en tant que chef d’agrès. Son copain Leon Wehrlé, 79 ans, sera au volant. Ce week-end, pour les cérémonies du bicentenaire du corps des sapeurs-pompiers de Sélestat, Jean Meyer défilera en tant que chef d’agrès à bord de la Delahaye restaurée. C’est d’ailleurs à bord de ce même véhicule qu’il a effectué sa première intervention il y a 73 ans. « C’était à Boesenbiesen. Un hangar avait pris feu », raconte- t-il, avare de mots. Jean Meyer est entré chez les pompiers de Sélestat en juin 1939. Il n’a alors que 17 ans. « Je suis devenu pompier presque par obligation. Mon père Jean l’était déjà. » Jean Meyer a servi chez les pompiers pendant 43 ans en parallèle à son activité professionnelle d’artisan platrier. Il gravit les échellons lentement. Il devient caporal à la fin des années 50, obtient le grade de sergent en 1954, puis de sergent-chef en 1960. Il devient adjudant en 1964, puis sous lieutenant en 1968 et lieutenant en 1971. Il achève sa carrière le 27 mai 1982 atteint par la limite d’âge. Des systèmes de communications inexistants Lors de sa cérémonie de départ, le chef de corps Camille Hihn, qui connaissait Jean Meyer depuis 1950, dira de lui qu’il était « un homme zélé, un homme de valeur et de dévouement. » Jean Meyer garde le souvenir de quelques interventions marquantes comme les deux incendies de l’institut Willerhoff à Hilsenheim où le feu avait pris dans les écuries. Et les feux à répétition dans la commune d’Ebersheim. « Le village avait beaucoup d’exploitations agricoles. Les feux se propageaient rapidement. Car les granges étaient collées les unes aux autres. » Dans ces années-là, les pompiers ne disposaient que d’un dépôt d’incendie à l’arsenal Sainte-Barbe. Les soldats du feu déménageront au « pavillon », place du marché aux choux, avant d’intégrer au début des années 70 le centre de secours actuel. L’alerte était donnée par la sirène. Les pompiers se précipitaient au dépôt pour récupérer l’équipement et se rendre sur les lieux du sinistre. Ils disposaient d’une combinaison d’entraînement et d’une tenue de sortie bleue marine. Des manoeuvres étaient organisées les dimanches de 6h30 et à 10h. « Il y avait au minimum trente personnes en manoeuvre. » Jusqu’en 1966, les effectifs du corps des pompiers sélestadiens montent jusqu’à 110 hommes. Le virage s’opère à la fin des années 60 avec l’instauration d’un nouveau réglement : moins de personnel mais mieux formés. « Les véhicules de secours et les équipements étant plus modernes, il y avait besoin de moins de bras. » A l’époque, les moyens de communication étaient inexistants. Dans certains véhicules, un pompier faisait office de téléphoniste. Sa mission était de trouver un téléphone dans les environs de l’intervention afin de rappeler d’autres moyens de secours si besoin. « Je me souviens d’une intervention à Dambach-la-Ville où je m’étais rendu dans un restaurant. A la fin de la communication, le patron m’avait demandé un franc ! » Au début des années 70, les pompiers ont pioché dans la caisse de l’amicale pour s’équiper d’une cisaille de désincarcération. Ils avaient même traversé le Rhin afin d’aller chercher l’équipement chez leurs homologues à Waldkirch. Les pompiers n’intervenaient que rarement sur les accidents de circulation. La première formation de secours routiers ne sera dispensé aux soldats du feu qu’au milieu des années 70… Jean Meyer a bien connu un temps que les moins de 30 ans peuvent difficilemnt s’imaginer…

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