Autour du Schlunck et Muehlweg

Sélestat

Autour du Schlunck et du chemin du Petit et du Grand Muehlweg

Julien, André et Henri Sengler, trois générations au travail chez le maraîcher de la rue de Schlunck.  Photos Denis Ritzenthaler

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Au quartier du Schlunck à Sélestat, les immeubles sont sortis de terre. Jadis, il y poussait surtout des oignons.

« Le Schlunck était un chemin de terre bordé d’un fossé qui partait du Giessen et entrait dans l’Ill. Les eaux du Giessen montaient plus vite que celles de l’Ill… », se souvient Henri Sengler, l’arrière-grand-père toujours actif dans l’exploitation familiale installée rue Schlunck.

Hier, André, son fils rappelait que jadis il jouait dans la rue et reconnaissait toutes les voitures de passage. Le maraîcher expliquait que le quartier a bien changé. Les enfants ne sont plus devant la maison et les habitants bien plus nombreux. Les maisons ont poussé comme des champignons.

« Pour les neuf prochaines années, les limites sont bien tracées. La surface agricole ne devrait plus reculer. Mais que fera la prochaine municipalité ? » s’interroge la famille qui a lu que certaines villes auraient garanti, pour une trentaine d’années, de ne plus toucher aux terres agricoles.

« Dans les années 1960, pour nous autoriser à construire, la ville a demandé le feu vert aux maraîchers », se souviennent les voisins, Marie-Thérèse et Lucien Comau. Il n’y avait que des exploitations maraîchères. Tout se faisait à la main. « Nous avons eu le premier tracteur avec le plan Marshall (entre 1947 et 1951). Il est arrivé en pièces détachées. Les notices étaient en américain. Nos clés n’étaient pas adaptées à leurs boulons… Quel travail pour le monter », raconte Henri Sengler.

Malgré le bruit des machines nécessaires, les maraîchers veillent à ne pas déranger le voisinage.

De l’avis général, « le quartier est calme ». Les anciens notent aussi que de nombreuses familles originaires de Turquie se sont installées et qu’elles ont souvent construit elles-mêmes.

Entre voisins, les relations sont bonnes. « Nous les avons vus travailler entre 12 h et 14 h puis en soirée après le travail. Leurs enfants sont bien élevés… Ils nous saluent. Ce n’est pas toujours le cas des nôtres… ».

Rue du Grand Muehlweg, des immeubles neufs sont sortis de terre ces dix dernières années.

Chemin du Schanzenweg, Emmanuel est heureux dans son jardin. Il a trois composts, cultive des courgettes, pâtissons, tomates, betteraves, haricots, etc. Derrière son lopin de terre, il voit se dessiner un premier lotissement de 25 maisons. A l’association des jardins ouvriers, on s’interroge : « Quelle place leur restera-t-il pour cultiver quelques salades ? » Les parcelles du lotissement semblent bien serrées.

Autour des maraîchers, on serait donc aujourd’hui économe en terrain. Une bonne nouvelle pour les exploitations agricoles.

Denis Ritzenthaler