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Le New-York Times

  publié le 07/03/2012
Sélestat Le New York Times zoome sur Sélestat

Vue de Sélestat. Photo  archives DNA

Vue de Sélestat. Photo archives DNA

Le New York Times a publié ce dimanche un article sur les disparités économiques entre la France et l’Allemagne dans le cadre des élections présidentielles françaises.

Une envoyée spéciale et un photographe ont réalisé un reportage en effectuant un comparatif entre la situation de l’emploi à Sélestat et à Emmendingen. L’article évoque les situations dans le bassin d’emploi de Sélestat et d’Emmendingen au travers des témoignages de Roxanne Pierrel, reponsable de Pôle Emploi, et de Boris Gourdial, directeur à Fribourg de l’agence fédérale de l’emploi en Allemagne.

La barrière de la langue pour les travailleurs transfrontaliers est notamment évoquée tout comme les différences entre les systèmes éducatifs.

Les deux maires de Sélestat et d’Emmendingen ont aussi été interviewés.

Marcel Bauer, maire de Sélestat, défend d’ailleurs la cause de l’apprentissage. Tout comme son homologue français, Stefan Schlatterrer, maire d’Emmendingen, assure de l’importance de la coopération franco-allemande.

Porte ouvertes

Vie scolaire Portes ouvertes à la nouvelle école Wimpfeling Bénédiction parentale

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Les 225 élèves de l’école Wimpfeling ont commencé à user leurs fonds de culottes sur des bancs tout neufs, ce lundi. Hier, c’était au tour des parents d’élèves de jauger le nouvel environnement de travail de leurs bambins.

C’est au tour du maire de Sélestat, d’aller au tableau. Sous le regard attentif des élèves, de leurs parents, et des enseignants. Marcel Bauer parle chiffres. 7,4 millions d’euros. C’est le coût que représente la requalification de l’école Wimpfeling et de l’accueil périscolaire voisin.

« On est passé d’une école obsolète à un site moderne, se réjouit l’élu, qui présidait hier le couper de ruban et l’inauguration du bâtiment. À l’heure où l’on parle de casse du service public, que dire d’un tel investissement ? »

« Les rambardes sont trop basses, à l’étage, critique Hatun Par contre, j’ai flashé sur la salle informatique ! ». Elle-même ainsi que de nombreux autres parents d’élèves ont fait le déplacement pour apprécier cet équipement.

« Il faut prendre conscience de l’effort considérable demandé à la population sélestadienne, relance le maire. 7,4 millions d’euros, c’est environ un tiers du budget municipal. La moitié du coût de la piscine. »

« Pour l’enseignement, cela ne changera pas grand-chose », suppose Aurélie, la maman de deux enfants tout occupés à dévoiler les contours de leur nouvel univers. « Par contre, cette nouvelle école améliorera le bien-être des enfants. Plus de lumière naturelle, ce sera très agréable du point de vue du travail ». Le souvenir des préfabriqués un peu plus sombres et un peu plus étriqués n’est pas très éloigné…

Retour aux discours. « Cette école fera de nombreux envieux », prédit Cathy Charvet, inspectrice départementale de l’Éducation Nationale. « Je n’ai pas quand même pas envie de partir », relativise une prof venue d’un autre site.

À proximité, Nathalie est tout sourire. « Enfin, on y trouve une grande cour, de larges couloirs, apprécie cette mère de famille. Pendant les vacances, mes enfants n’ont eu qu’une hâte, celle d’effectuer leur rentrée dans ces locaux, qu’ils avaient visités auparavant. » Quant à elle, également enseignante, elle songe à demander sa mutation pour Wimpfeling…

  par JF-Ott, publié le 17/03/2012

L'occupation allemande à Selestat

Sélestat Maintenir une mémoire vive et faire parler l’histoire

 

L’occupation allemande à Sélestat (ici l’actuelle place de la Victoire) sera le thème d’une exposition par Mémoires de Sélestat . DR-Collection Jean-Marc Husser

L’occupation allemande à Sélestat (ici l’actuelle place de la Victoire) sera le thème d’une exposition par Mémoires de Sélestat . DR-Collection Jean-Marc Husser

Mémoires de Sélestat fera part de ses projets pour 2012 ce dimanche.

 

Petit tour d’horizon en ce jour de l’assemblée générale de cette jeune

 

association locale.

L’association Mémoires de Sélestat a fêté son troisième anniversaire en novembre passé. Formée d’un noyau de passionnés du patrimoine et de l’histoire, elle poursuit son bonhomme de chemin, avec à sa tête un comité qui ne manque pas d’idées et d’initiatives.

Mémoires de Sélestat est de plus en plus sollicitée au niveau local pour intervenir lors de manifestations en lien avec ses centres d’intérêt.

Jean-Marc Husser, son président, affiche une satisfaction réelle quant aux actions menées depuis un peu plus de trois ans : « Nous avons aujourd’hui un peu plus d’une centaine de membres. Je trouve que pour trois années d’existence, ce n’est déjà pas si mal ! ».

Anicroches enterrées

Les anicroches de ces dernières années avec d’autres passionnés associatifs sont enterrées, et Jean-Marc Husser estime qu’il « y a de la place pour tout le monde. Il faut arriver à s’entendre et travailler tous ensemble. C’est constructif ».

Mémoires de Sélestat propose elle-même « deux à trois expositions par an. On pense que c’est suffisant. Il faut dire aussi que ce type de manifestation demande de mobiliser des personnes ; cela représente aussi un investissement en temps, en travaux divers, surtout de recherche ». Et Mémoires de Sélestat est également sollicitée par ailleurs, pour des événements initiés par d’autres associations, par la Ville, etc.

Temps forts de l’année

Elle prête aussi des copies de documents : « Le public nous demande parfois des photos anciennes ; comme pour cette exposition sur les écoles ». Celle-ci se tient au caveau Sainte-Barbe jusqu’à dimanche : « Les écoles de Sélestat, de 1900 à nos jours ». Certains des visiteurs se reconnaissent parfois sur les photos de classe et demandent effectivement une copie de ces photographies.

Les Journées du patrimoine, en septembre sont un des moments forts de la vie de l’association sélestadienne. Les autres seront déclinés lors de son assemblée générale qui se tiendra aujourd’hui à partir de 10 h, à la salle Sainte-Barbe à Sélestat.

Parmi eux, Jean-Marc Husser cite l’inauguration prévue au mois de mai de l’église protestante, après restauration. Une exposition pourrait se tenir dans l’église. Le projet est en discussion. Autre moment marquant pour 2012, en juin, avec l’anniversaire du foyer Saint-Georges, rue du Gartfeld, qui enregistre un siècle au compteur et qui a vu défiler des générations de petits comédiens de théâtre amateur, entre autres. « Un groupe de pilotage a été créé pour cet anniversaire et nous nous réunissons pour travailler sur cet événement lundi qui vient », précise le président de Mémoires de Sélestat.

En octobre, les 13 et 14, les Amis de la philatélie de Sélestat célèbrent leur 70 e anniversaire, « ils devraient occuper les trois étages de Sainte-Barbe ». Mémoires de Sélestat participera aussi à cette animation.

Oser l’occupation

L’association de philatélie sélestadienne a été créée pendant l’occupation. Ce dernier thème sera abordé par Mémoires de Sélestat. « Une exposition devrait être mise sur pied pour le mois de septembre » indique Jean-Marc Husser. « C’est une période qu’on a souvent occultée jusqu’à présent. On a du mal à en parler en Alsace, à Sélestat ; aujourd’hui encore. Et c’est dommage. Car il ne faut pas passer à côté, même si ça peut déplaire à certains. Cette période a bien existé ! Nous avons des documents, des photos, ce n’est pas un problème. Mais on ne veut pas non plus que cette exposition soit le cadre d’un pugilat ! ».

Une foule d’ouvrages voient le jour depuis quelques années sur ce thème, en Alsace. Mémoires de Sélestat souhaite juste, avec ce focus sur l’occupation allemande de la Seconde Guerre mondiale, « faire parler l’Histoire », comme l’affirme son président.

Y ALLER Mémoires de Sélestat tient son assemblée générale salle Sainte-Barbe aujourd’hui, de 10 h à 12 h.

le 22/01/2012 à 05:00 par Jean-Stéphane Arnold

Bibliothèque humaniste

Sélestat Bibliothèque humaniste Au service du patrimoine

Au service du patrimoine
Les amis de la Bibliothèque humaniste présentent une exposition rétrospective sur 60 années de contribution au patrimoine sélestadien.

Souvenir d"école

 

Une salle de classe des années 50 a été reconstituée en l’état pour l’exposition “L’école de Sélestat de 1900 à nos jours”. Photos DNA — Franck Delhomme

Une salle de classe des années 50 a été reconstituée en l’état pour l’exposition “L’école de Sélestat de 1900 à nos jours”. Photos DNA — Franck Delhomme

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L’exposition consacrée à l’école de Sélestat, de 1900 à nos jours, au

caveau Sainte-Barbe, connaît d’ores et déjà une belle affluence pour

l’ouverture.

Jean-Marc Husser, le président de l’association “Mémoires de Sélestat” organisatrice de l’exposition, annonce d’emblée la couleur : « C’est que du bonheur » !

Dépositaire de la mémoire locale, l’association a choisi de revenir sur « l’époque Wilhelminienne que les gens aiment bien ». Le thème rassemble : l’école fait partie des souvenirs de chacun.

Comme un jeu qui ressemble à “Où est Charlie ?”

De nombreuses photos de classe en noir et blanc – les Sélestadiens eux-mêmes les ont dénichées dans leur album – y sont affichées. Les établissements scolaires ont, quant à eux, prêté des anciens manuels scolaires, des affiches d’apprentissage, des cahiers, des équerres ou des encriers.

S’y trouve la plaque d’inauguration de l’école du Centre, datant du 12 octobre 1885. « Elle était dans les combles de l’établissement », confie Jean-Marc Husser.

Une maquette qu’une classe de CE2 a réalisée, il y a plus de 60 ans, avec des bouchons et de la moelle de sureau, fait partie des objets insolites à découvrir.

Des photos historiques ont été réunies, comme celle de 1971 sur laquelle Valéry Giscard d’Estaing, ministre de l’économie et des finances à cette date, inaugure l’école élémentaire Dorlan ou celle du lycée Schwilgué, construit sous la mandature de Maurice Kubler, maire de Sélestat de 1965 à 1983, surnommé “le bâtisseur d’écoles”.

Si l’exposition est instructive, elle est aussi divertissante. « Je dois me trouver quelque part », entend-on de part et d’autre de la salle. Tout le monde se cherche sur les photographies, c’est comme un jeu qui ressemble à “Où est Charlie ?” « On a même dû refuser des photographies que les gens sont venus nous rapporter parce qu’ils ne se trouvaient pas sur celles qui étaient déjà exposées », s’amuse Jean-Marc Husser.

Sur les photos, des personnalités publiques, « rappelons que Marcel Bauer était professeur au collège Mentel ».

Le président de l’association “Mémoires de Sélestat” a des idées pour faire d’autres expositions. Ce n’est pas la matière qui manque. Avec l’Amicale philatélique et cartophile de Sélestat, qui fêtera ses 70 ans les 13 et 14 octobre prochains, il verrait bien une exposition sur la Libération, « une période moins appréciée mais qu’il s’agit tout de même d’évoquer ».

Jusqu’au 22 janvier. Exposition “L’école de Sélestat de 1900 à nos jours” au caveau Sainte-Barbe à Sélestat, de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h.

  par Aurore Bac, publié le 16/01/2012

Le retour sur les anciens bancs de l"école

Exposition Retour sur les anciens bancs de l’école de Sélestat

 

Une salle de classe des années 50 était reconstituée. Oon aurait pu jurer que flottait une odeur de craie et d’encre mêlées… Photos S.G.

Une salle de classe des années 50 était reconstituée. Oon aurait pu jurer que flottait une odeur de craie et d’encre mêlées… Photos S.G.

Des grandes planches de dessin Rossignol, un harmonium et des

centaines de photos de classe : retourner à l’école est devenu un

plaisir de collectionneur au caveau de la salle Sainte-Barbe.

 

Il ne manque presque rien à la petite salle de classe reconstituée dans le caveau de la salle Sainte-Barbe de Sélestat. Un harmonium permet même de jouer « Adieu Monsieur le professeur ».

Et le souci du détail va aussi jusqu’à une discrète tige de bambou qui servait à châtier des élèves indisciplinés dans une des classes l’école du Centre, en un temps pas si lointain d’après l’un des organisateurs…

Et la magie fonctionne : on pourrait jurer qu’il flotte une odeur de craie dans l’exposition « L’école de 1900 à nos jours » organisée par l’association Mémoires de Sélestat.

« Nous avons réuni des centaines de documents, compte Jean-Marc Husser, son président. Des prêts personnels, des documents venus des archives de la Ville et surtout des établissements scolaires ! ».

C’est en fouillant dans les caves de l’un d’eux que les collectionneurs ont exhumé la plaque d’inauguration de l’école du Centre datant du 12 octobre 1885. Plaque qui devrait être à nouveau accrochée sur le bâtiment de l’école d’après le maire Marcel Bauer.

Fédérateur, le thème de l’école ? Plus de 800 personnes ont déjà parcouru le caveau en deux jours pour reconnaître les objets qu’ils ont maniés au quotidien, que ce soit la plume, l’encrier ou encore les grandes affiches illustrées aujourd’hui si prisées dans les marchés aux puces.

Les spectateurs se cherchent aussi dans les photos de classe. Une vingtaine d’établissements figurent dans cette exposition originale, devenant une mine de trésors pour la foule. « Je suis sur une photo avec mon père qui était instituteur à l’époque » constate Yves Durremann, aujourd’hui médecin. Une autre cherche des archives de l’ancienne école de filles de Sélestat. « J’ai compté : on était 36 en classe… Aujourd’hui ils sont 18 en classe et on dit que c’est difficile » commente un visiteur. « À l’époque, les enfants travaillaient » conclut son épouse. Car c’est ça aussi le regard sur l’école, un brin de nostalgie…

« Nous avons des photos de l’école Wimpfeling à quelques dizaines d’années d’écart qui montre comment la ville s’est transformée. Des classes vont venir durant toute la durée de l’exposition pour voir tout ces changements », indique Jean-Marc Husser.

Y ALLER Exposition jusqu’au 22 janvier de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h. Entrée libre.

le 16/01/2012  par S.G.

Histoire des écoles

Histoire Ecoles d'antan à Sélestat

le 10/01/2012

 

L'école du Centre, alors école de garçons, avec au fond l'instituteur Jean-Michel Lang, aujourd'hui âgé de 83 ans. Photo DR

L'école du Centre, alors école de garçons, avec au fond l'instituteur Jean-Michel Lang, aujourd'hui âgé de 83 ans. Photo DR

La première école communale de Sélestat date de 1819. Une

exposition proposée par l'association Mémoires de Sélestat au

Caveau Sainte-Barbe revient sur plus d'un siècle d'école dans la ville,

de 1900 à nos jours.

Cette exposition sera l'occasion pour de nombreux Sélestadiens de se remémorer avec nostalgie peut-être l'atmosphère de tableau noir, de craie, de plumes Sergent-Major et d'encriers qui ont accompagné leur enfance... Et pourquoi pas, de retrouver des condisciples de l'époque, assis avec eux sur les mêmes bancs de l'école.

L'exposition est ouverte du 13 au 22 janvier de 10 h à 12h et de 14 h à 18 h. Entrée libre.

Les écoles de 1900 à nos jours

Sélestat remonte le temps de ses écoles

le 11/01/2012 à 05:00 par Françoise Marissal

Le lazaret (lazareth en allemand), avenue du Dr-Houllion, hôpital wilhelminien transformé en maternelle. Aujourd’hui un immeuble le remplace. DR

Le lazaret (lazareth en allemand), avenue du Dr-Houllion, hôpital wilhelminien transformé en maternelle. Aujourd’hui un immeuble le remplace. DR

  L’association « Mémoires de Sélestat » propose une exposition sur    

les écoles de la ville, de 1900 à nos jours. Entre patrimoine et 

 reconstitution, les Sélestadiens pourront se retrouver sur les photos

 

de classe.

S’il est un sujet d’histoire qui intéresse bien tout le monde, c’est celui des écoles. Forcément, nous y sommes tous passés. La nouvelle exposition de l’association « Mémoires de Sélestat » évoquera à partir de vendredi ce monde de notre enfance dans le cadre de son cycle « voyage à travers le vieux Sélestat ».

Le visiteur y trouvera aussi bien des éléments sur les bâtiments eux-mêmes que la reconstitution d’une salle de classe des années cinquante par le collectionneur Théo Meyer — bureaux, images d’Épinal, bons points, carnets de notes, cartes de France au mur, craie — et, bien sûr, les fameuses photos de classe.

« Les habitants ont vraiment bien répondu à notre appel, se réjouit Jean-Marc Husser, président de l’association. Ils nous ont prêté des documents, tout comme les chefs d’établissements, qui ont joué le jeu. »

On pourra ainsi tout apprendre sur les différentes époques de construction des écoles. « Savez-vous que la toute première mention écrite d’une école remonte au XIIIe siècle, place du Marché-aux-Poissons ? » s’enthousiasme Marcel Rebhuhn.

L’époque wilhelminienne est riche en construction d’écoles « car le principe alors voulait que « qui tient l’enseignement tient le pays », commente Jean-Marc Husser. De cette époque datent l’école du Centre, le lycée Koeberlé, l’IUFM (alors école normale), le lazaret, hôpital devenu maternelle rue Dr-Houllion avant d’être démoli pour être remplacé par un immeuble, mais aussi la caserne Schweisguth, sauvée de la démolition par le maire François Kretz puis devenue lycée en 1990.

Plus proches de nous, on trouve « les maires bâtisseurs » selon les termes de Raymond Muller, président des Amis de la Bibliothèque humaniste : Albert Ehm avec les écoles Wimpfeling, Oberlin, Pestalozzi, et Maurice Kubler « le » constructeur d’écoles : collège Mentel, lycée Schwilgué, extension du collège Béatus, écoles Schumann, Monet, Dorlan, lors du développement de Sélestat vers l’ouest.

Y ALLER Caveau Sainte-Barbe, du 13 au 22 janvier, de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h, Entrée libre.

Les Mémoires de Pierre Giersch

L’interview du dimanche Sélestat vu et raconté par Pierre Giersch

le 11/12/2011 par Propos recueillis par Anne Suply

 

L’ancien maire de Sélestat, Pierre Giersch, qui vient de publier ses mémoires, a choisi d’être photographié près de la stèle érigée en souvenir de Gilbert Estève. Photo Jean-Stéphane Arnold

L’ancien maire de Sélestat, Pierre Giersch, qui vient de publier ses mémoires, a choisi d’être photographié près de la stèle érigée en souvenir de Gilbert Estève. Photo Jean-Stéphane Arnold

Dix ans après son retrait de la vie politique sélestadienne, l’ancien

maire Pierre Giersch publie ses mémoires d’élu.

Pierre Giersch, vous venez de publier votre témoignage sur 18 ans d’implication dans la vie politique de Sélestat et de l’Alsace centrale. Pourquoi ?

Parce que dix ans après avoir quitté les affaires de la ville de Sélestat, je trouvais que c’était le bon moment, pour montrer que la vie politique, ce n’est pas que vivre dans la haine et prêcher l’amour. Que cela pouvait être rigolo (rires). Plus sérieusement, cet ouvrage est le résultat de trois ans de travail. Je suis allé consulter les archives à la Bibliothèque humaniste, généralement le lundi, pour que tout cela soit fondé non pas sur la mémoire qui est quand même fragile, mais sur des documents réels.

Au fil des pages, le lecteur découvrira des pans entiers de l’histoire et de la vie concrète des habitants de Sélestat, mais aussi quelques anecdotes croustillantes sur ses élus, de tous bords…

J’ai transcrit quelques échanges très drôles, notamment avec François Kretz. Je trouve que la vie politique actuelle manque un peu d’humour, même si cela peut être dangereux, parce que tout le monde ne le comprend pas toujours. Évidemment, mieux vaut rire de soi que des autres.

Vous évoquez François Kretz, mais aussi longuement votre action avec Gilbert Estève, dont vous avez été le premier adjoint avant de lui succéder à son décès en 1996.

Oui, ce sont tous deux des personnalités incroyables. François Kretz n’était pas un tendre, mais je l’aimais bien. On lui a mené la vie dure quand on était dans l’opposition, on a fait notre boulot, on a montré que dans l’opposition on peut faire aussi quelque chose de constructif. Quant à Gilbert Estève… Écoutez ce que les gens disent encore en ville. « Ah si Estève était encore en vie. » C’est pour cette raison que j’ai voulu témoigner de notre action commune à travers ce livre. On se complétait, lui et moi, il a eu beaucoup de courage de me prendre comme adjoint, j’ai toujours été un électron libre. Lui, était magistrat avec une admirable capacité d’analyse et de synthèse et le verbe pour s’exprimer, et moi j’étais ingénieur capable de rêves, d’imagination mais aussi confronté aux réalisations les plus concrètes. Ça n’a pas été toujours simple ! Quand il est venu ici à Sélestat, avec des gens de Paris, les murs ont tremblé ! Je lui ai dit qu’on avait déjà des projets, au GAM, le groupe d’action municipale. Mais nos six ans passés dans l’opposition municipale nous ont permis de faire connaissance. Très franchement, je n’ai pas cherché à être maire. Estève n’avait jamais rien dit pour la suite. À sa réélection en 1995, il m’avait confié les grands projets, l’urbanisme, l’environnement… Pour moi, ça allait de soit qu’il fallait continuer ce que l’on avait lancé même si j’aurai préféré rester premier adjoint. Mon meilleur agent électoral a toujours été ma femme ! Gilbert Estève n’était pas toujours content que ma femme lui raconte ce que les gens pensaient et disaient en ville, mais à la fin, il a compris pourquoi elle le faisait. Un jour, le maire de Waldkirch m’a dit qu’il y avait deux qualités pour être un bon maire. Montrer dans sa profession des qualités et des compétences. Et être un « stupff » maire, quelqu’un qui est à l’écoute des gens, de tout le monde.

Quel regard portez-vous sur la vie politique locale actuelle ?

C’est très personnel. Vous savez, toute alternance est une bonne chose en soi, car elle satisfait une autre partie de la population. Tout le monde n’adhère pas forcément à des préoccupations intellectuelles ou artistiques, il existe une autre façon de faire, d’autres valeurs, qui peuvent s’exprimer par l’alternance. J’ai apporté mon ouvrage à Marcel Bauer, l’actuel maire de Sélestat, il m’a demandé une dédicace, ce que j’ai fait.

Quel est l’héritage de votre équipe pour Sélestat dont vous êtes le plus heureux ?

D’avoir mis en place, avec Gilbert Estève, une administration à la ville, de lui avoir donné les moyens de fonctionner, administrativement et techniquement, grâce à des gens compétents qui connaissent les lois et plus encore, l’esprit des lois. C’est de cela dont je suis fier, peut-être plus encore que la médiathèque, les Tanzmatten ou l’Agence culturelle d’Alsace.

Pourquoi avoir choisi de rendre publics vos mémoires, dix ans après avoir quitté la vie politique sélestadienne ?

Il me paraissait logique de me taire après avoir quitté la mairie, car vaut mieux ne rien dire quand on n’a plus de quoi se faire un avis, disons, autorisé comme disait Coluche. Mais je voulais évoquer l’action concrète de Gilbert Estève pour la ville. Je vous assure qu’au point final de mon livre, je me suis dit que j’avais oublié tant de choses !

LIRE L’ouvrage de Pierre Giersch est consultable à la Bibliothèque humaniste et à la médiathèque de Sélestat.

 

Départ du TGV

Le TGV Est s’arrête désormais à la gare de Sélestat

Au marché de Noël de la gare de l’Est, une boutique bien nommée pour les voyageurs de la ville du sapin de Noël.

Au marché de Noël de la gare de l’Est, une boutique bien nommée pour les voyageurs de la ville du sapin de Noël.

Avec deux arrêts par jour, la ville de la Bibliothèque humaniste devient une destination abordable depuis Paris. Pour le faire savoir, des ambassadeurs de Sélestat ont embarqué dans le premier TGV de dimanche matin pour promouvoir la ville.

8 h 21 : le nez élancé de la traction du TGV Est ralentit puis s’arrête à Sélestat. Cette première historique a été saluée par une petite animation dans le hall de la gare.

Les associations comme Trajets, qui promeut les déplacements doux en Centre Alsace, Mémoires de Sélestat et les Amis de la Bibliothèque humaniste ont accueilli les passagers de la première rame du TGV Est à faire halte à Sélestat.

Dont Marcel Bauer, le maire, avec une quinzaine d’élus et des membres de l’Office du Tourisme, qui ont embarqué en seconde classe.

Bredele et sapins offerts aux voyageurs

Avec un ambassadeur, on peut le dire, de « première classe » : le docteur Sappinus et ses aides. « J’ai fait tous les wagons du train pour offrir des bredele et des petits sapins en terre cuite » dit-il.

Jonglant entre l’anglais, l’allemand et le français, il a fait la promotion de Sélestat comme destination touristique, principale mission de ce voyage qui est passé par le marché de Noël à l’extérieur de la gare de l’Est puis à la Maison de l’Alsace sur les Champs Élysée.

2 h 30 plus tard (avec cinq minutes de retard), le train entre en gare de l’Est. Un petit passage au marché de Noël pour trinquer avec Louis et Claude Hauller, viticulteurs à Dambach-la-Ville.

Attirer des investisseurs

« C’est une véritable avancée pour notre ville » souligne Marcel Bauer. « Cela n’a pas été facile, voir impossible à obtenir dans la première phase du TGV Est, mais dans la seconde nous avons pu obtenir cet arrêt grâce à l’écoute de la SNCF et à l’époque d’Adrien Zeller ».

« Maintenant nous devons travailler pour attirer des investisseurs dans le domaine de l’hôtellerie » indique-t-il. « C’est en élargissant notre offre d’hôtels et pourquoi pas de salles de congrès que nous pourrons attirer davantage de touristes dans notre ville et ses alentours ».

Dans l’après-midi, le professeur Sappinus s’est une nouvelle fois illustré sur les Champs Élysée devant la Maison de l’Alsace. Les élus sont ensuite rentrés par le train de 18 h 55 pour arriver à Sélestat peu avant 22 h, où une réception avait de nouveau lieu.

le 12/12/2011  par Sailesh Gya

Transport TGV départ

 

Sélestat Transport Le bonheur est dans dans le train

Un petit coup de brosse pour la rame du TGV à l’arrivée en gare de l’Est à Paris.  Photos DNA — Franck Delhomme

Un petit coup de brosse pour la rame du TGV à l’arrivée en gare de l’Est à Paris. Photos DNA — Franck Delhomme

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       Hier, le TGV Est faisait halte pour la première fois à la gare de

Sélestat. À cette occasion, le maire Marcel Bauer accompagné de 25

élus, de cinq techniciens et du Professeur Sappinus, sont montés à

bord.

 

Direction Paris, le marché de Noël de la gare de l’Est et la Maison de l’Alsace sur les Champs-Élysées.

Huit heures. Dans le hall de la gare de la cité des Dahlias, les voyageurs se pressent devant le stand mis en place par l’association Mémoires de Sélestat.

Tous veulent se procurer la carte postale collector illustrée par Jean Risacher et éditée spécialement pour l’occasion. 8h21, le TGV 2 354 arrive à quai. La délégation sélestadienne conduite par le maire Marcel Bauer monte à bord de la voiture 18.

Durant les deux heures et demie de trajet, le Professeur Sappinus accompagné des Sappinettes a distribué des bredele fabriqués par la Maison du pain, des ornements de terre cuite, des entrées gratuites pour le château du Haut-Koenigsbourg mais aussi des prospectus en vue de promouvoir le patrimoine et les animations de Noël de Sélestat.

« Cela fait longtemps qu’on l’attend, lance Michel, originaire de Châtenois. J’ai deux filles dont une de 12 ans, c’est l’âge où l’on peut lui faire découvrir la capitale et sans prendre la bagnole ! »

« Faut-il encore que les Sélestadiens jouent le jeu »

« J’ai toujours été favorable au développement de la ligne Est du TGV. Lors de la première phase de travaux, il était insensé d’avoir un arrêt à Sélestat. Par contre, au moment de la seconde, c’était le moment de nous positionner, et j’ai donc repris mon bâton de pèlerin pour relancer le projet d’un arrêt sélestadien. » Désormais, c’est chose faite. « Faut-il encore que les Sélestadiens jouent le jeu, pour reprendre les termes du premier magistrat.

Et en termes de retombées économiques et touristiques ? « Les chefs d’entreprise vont pouvoir se rendre à Paris et, inversement, organiser des colloques à Sélestat. C’est également un excellent moyen de faire découvrir notre patrimoine.

Reste plus qu’à trouver, dans les plus brefs délais, des investisseurs en vue de construire de nouveaux complexes hôteliers haut de gamme, car aujourd’hui, nous ne disposons que de 200 lits… »

Tous les ornements ont été fournis par l’office de la culture et du tourisme de la Ville

Fin de matinée, arrivée en gare de Paris. L’équipage sélestadien se dirige vers le marché de Noël de la gare de l’Est où les attendait Louis Hauller, vigneron du Centre-Alsace mais aussi doyen dudit marché.

Tous ont ensuite pris la direction des Champs-Élysées, où ils ont pu admirer les décorations de Noël des quatre sapins suspendus dans le hall d’entrée de la Maison de l’Alsace. Tous les ornements ont été fournis par l’office de la culture et du tourisme de Sélestat.

Avant de reprendre le train du retour, élus et agents n’ont pas manqué de se balader sur la plus belle avenue du monde.

  par Valérie Wackenheim, publié le 12/12/2011

Le petit piano

21/12/2011

Lynda Michel dédicacera son nouveau livre. Document remis

Lynda Michel dédicacera son nouveau livre. Document remis

L’auteur Lynda Michel dédicacera son livre à la librairie Wachenheim demain.

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Lynda Michel, de Sélestat, dévoile dans son livre « La merveilleuse histoire du petit piano Michelsonne », qui revient sur l’histoire depuis sa naissance à l’arrêt de la fabrication de ce jouet mythique créé pour les enfants, qui maintenant séduit de nombreux artistes et est devenu un objet de collection. L’auteur dédicacera son ouvrage ce jeudi 22 décembre de 16 h à 18 h à la librairie Wachenheim de Sélestat.

Décès Germain Spatz

Décès Germain Spatz : il était le symbole du handball à Sélestat

le 20/10/2011 par Christian Weibel

 

Germain Spatz a su partager sa passion pour le handball en bâtissant un club qui fait partie des plus grands de France et où ont éclos de très nombreux talents. Archives Yannick Bohn

Germain Spatz a su partager sa passion pour le handball en bâtissant un club qui fait partie des plus grands de France et où ont éclos de très nombreux talents. Archives Yannick Bohn

Germain Spatz, figure emblématique du handball sélestadien, s’est éteint dans la nuit de mardi à mercredi à 76 ans. C’est grâce à lui que Sélestat est devenu une place forte du handball français.

C’est une passion qui le dévorait et qu’il a voulu partager. Le handball, Germain Spatz l’avait chevillé au corps depuis qu’il l’avait découvert alors qu’il avait commencé par tripoter le ballon orange du basket à Westhouse où il a vu le jour en 1935. Après avoir fondé l’Alsacienne de Benfeld avec son frère Jean-Pierre, il a aussi été à l’origine de la création de la section handball au SC Sélestat. Avec la réussite que même ceux qui ne s’intéressent pas à la discipline connaissent, puisque Sélestat est désormais indissociable de l’image de ce sport.

L’ascension a été fulgurante. Parti du plus bas de l’échelon départemental en 1967, le SCS accède au championnat de France en 1972, avant d’atteindre le plus haut niveau national, la division 1 au terme de la saison 1989/1990.

Depuis lors, les Violets de Germain Spatz sont restés au sein de l’élite du handball français malgré deux relégations rapidement mises à profit pour rebondir. Occupant de nombreuses fonctions au sein de l’association (joueur, entraîneur, arbitre, secrétaire, éminence grise), Germain Spatz est devenu président du club en juin 2003. Poste qu’il occupera jusqu’à sa retraite en 2009. Un an plus tôt, il avait terminé son troisième mandat en temps que président de la Ligue d’Alsace de handball qu’il a dirigé de 1996 à 2008.

C’est également sous son impulsion que le Centre Sportif Intercommunal a pu voir le jour en 2010 offrant à son équipe un magnifique écrin. De nouvelles générations vont pouvoir y suivre les exemples des nombreux talents qui ont éclos durant trois décennies à Sélestat : des frères Omeyer à Seufyann Sayad, de François Berthier à Baptiste Butto. C’est là où réside le plus important de son œuvre : Germain Spatz a réussi à transmettre son virus aux autres. Et ses enfants qu’il a formés, à l’image de son successeur Vincent Momper, ne manqueront de transmettre, à leur tour, le flambeau.

le 20/10/2011 à 05:00 par Christian Weibel

Selestat perd l'un des grands footballeurs

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Nécrologie Sélestat perd l’un de ses grands footballeurs

le 15/10/2011
Bernard Barthelmebs, debout à gauche, sous le maillot du Racing Strasbourg au cours de la saison 1956/1957. DR

Bernard Barthelmebs, debout à gauche, sous le maillot du Racing Strasbourg au cours de la saison 1956/1957. DR

Raymond Barthelmebs qui a gardé les buts du Racing Club de Strasbourg et du FC Sochaux est décédé mercredi à l’âge de 77 ans.

Le Barrois Raymond Barthelmebs, grande figure du sport alsacien et sélestadien, est décédé mercredi dernier à l’âge de 77 ans, des suites d’une courte mais pénible maladie.

Après avoir fait ses premiers pas dans le monde du football à Barr puis à Sélestat, il a rejoint les rangs du Racing Club de Strasbourg en 1953 dans l’effectif des « cigogneaux » ce qui était à l’époque l’équivalent de l’actuel centre de formation.

Opérant au poste de gardien de but, il n’a pas tardé à franchir les étapes pour faire son apparition au sein de l’équipe professionnelle où il a pris la place d’un certain Fragassi. Son talent ne laisse personne indifférent, si bien qu’il est engagé par le FC Sochaux durant l’intersaison 56/57 où il remplace un autre Alsacien dans les buts : François Remetter. Il a également intégré le Bataillon de Joinville (l’équipe de France militaire) où il a côtoyé des joueurs renommés tels Just Fontaine. Il passe quelques mois en Algérie avec les Wendling, Muller ou encore Bruat. Mais cette période militaire ne lui permet pas de vivre pleinement sa carrière de sportif et il doit patienter jusqu’en novembre 1955 pour effectuer ses grands débuts en Ligue 1.

Fnaliste de la Coupe de France 1959

Au total, Raymond Barthelmebs a disputé 139 matches au plus haut niveau national à Strasbourg et à Sochaux. Il a également été finaliste de la Coupe de France 1959 avec le club doubiste et a remporté à deux reprises la Coupe d’Alsace : en 1955 avec Strasbourg et en 1962 avec Sélestat.

En effet, il était entre-temps retourné dans le club de ses débuts en raison de plusieurs problèmes physiques et quelques fractures. Joueur-entraîneur du SCS en 1962, il a été l’un des artisans de ce grand moment de gloire qui avait attiré près de 3000 spectateurs au stade municipal pour assister au succès des Violets face au grand favori, le FC Mulhouse.

Après sa carrière sportive, il entame une carrière de dirigeant qui le voit prendre en mains les destinées non seulement du club de football, mais de l’omnisport du SCS.

Il a également été adjoint au maire de Barr entre 1989 et 1995, étant notamment à la base de la création du stade Klipfel de Barr, inauguré le 14 juillet 1995 par un match amical entre ses deux clubs : Strasbourg et Sochaux.

Le Journal L’Alsace exprime ses sincères condoléances à sa famille. Ses obsèques seront célébrées aujourd’hui à 10 h à l’église Sainte-Foy de Sélestat.

le 15/10/2011

Le nez en l'air

Le nez en l’air Un dernier détail patrimonial pour clore l’été


 

Quelques-uns des détails qui étaient à dénicher au cours de l’été avec L’Alsace et l’animatrice du patrimoine de la Ville de Sélestat, Violette Gouy. Photos Jean-Stéphane Arnold

Quelques-uns des détails qui étaient à dénicher au cours de l’été avec L’Alsace et l’animatrice du patrimoine de la Ville de Sélestat, Violette Gouy. Photos Jean-Stéphane Arnold

Après la rentrée de septembre, voilà la fin de notre rubrique « Le nez en l’air », saison 2.

La rubrique « Le nez en l’air » proposé de manière hebdomadaire par L’Alsace et Violette Gouy, animatrice du patrimoine à la Ville de Sélestat prend fin en ce début septembre.

Les plus perspicaces de nos lecteurs auront pu dénicher ces détails relevés par Violette Gouy au fil de ses déplacements dans la cité humaniste. Une preuve que si l’on prend le temps de lever le nez, justement, on peut trouver dans la veille de fort jolies choses, pas toujours faciles à voir.

Les Sélestadiens dans leur ensemble sont fiers de ce patrimoine et l’entretiennent, en paroles ou en actes. Même si l’on dit qu’il ne faut parfois pas s’arrêter à des détails, ici, cela aura été l’inverse.

1. En résumé, le premier de ces détails était la statue de sainte Barbe. Elle se trouve à l’angle de l’arsenal du même nom, place de la victoire. Là encore, qui la remarque aujourd’hui, s’il ne lève pas un peu le nez ? Les touristes, sûrement, qui prennent foule de photographies… des cigognes quelques mètres plus haut !

2. Le second détail concernait un personnage bien connu à Sélestat : Beatus Rhenanus. C’est un lion qui porte ses armes sur la fontaine de la rue du 17-Novembre.

3. Un buste du roi David ou d’Erato, la muse de la poésie constituait le troisième détail, qui a failli périr dans un incendie, au-dessus de l’auberge de la Paix, rue du Président-Poincaré.

4. Le pignon néogothique de la chapelle Saint-Quirin, rue de l’hôpital était le quatrième détail : il était censé protéger de la maladie avec les ornements qu’il porte.

5. Cinquième détail : un fronton Renaissance avec deux têtes de pierre, situé au Mönchhof, rue Sainte-Foy. Il cache un escalier à vis qui mène jusque dans un grenier sur trois niveaux.

6. Le sixième détail aura marqué son époque : il s’agit de la tête de l’empereur Guillaume II. Pas très grande et assez haute perchée, elle se trouve sur le pignon néoroman de l’église Sainte-Foy.

7. Le 7 e détail a un aspect plutôt engageant, mais il s’agit… d’un diable ou d’un diablotin, qui nous regarde derrière les barreaux de son cachot, place du Docteur-Kubler. Il fait partie des gravures de l’ouvrage de Sébastien Brant, La nef des fous.

8 et 9. Enfin, les 8 e et 9 e détails représentaient respectivement une tête de bélier, se trouvant antérieurement à l’Auberge du Bouc ! (aujourd’hui foyer Saint-Charles), et deux têtes de pierre pour le dernier épisode, située sur une maison au fond de l’impasse du Canal.

le 13/09/2011 par Jean-Stéphane Arnold

Journée du patrimoine

Découvrir Dentelle de pierre et traces de métiers à préserver


 

Les circuits proposés par Mémoires de Sélestat compteront une vingtaine d’arrêts, avec au moins 70 tombes remarquables. Photos Jean-Stéphane Arnold

Les circuits proposés par Mémoires de Sélestat compteront une vingtaine d’arrêts, avec au moins 70 tombes remarquables. Photos Jean-Stéphane Arnold

« Un cimetière est un lieu vivant ». C’est le président de l’association Mémoires de Sélestat qui l’affirme. Les passionnés de patrimoine pourront le vérifier dimanche.

La Journée du patrimoine verra passer assurément foule de visiteurs, dans de nombreux lieux sélestadiens au passé plus ou moins riche, dimanche. Dans l’un d’eux, ils seront sans doute observés. Par quelques âmes illustres ou inconnues. En effet, le cimetière de Sélestat se prêtera à des visites proposées dans le cadre de ce week-end dédié au patrimoine. C’était déjà le cas l’an passé : l’association locale Mémoires de Sélestat s’était penchée sur les hommes et femmes qui avaient marqué l’histoire de la cité humaniste, mais également laissé une part d’eux-mêmes dans celle régionale, voire nationale ou internationale.

De véritables œuvres d’art

En cette fin de semaine, les visiteurs auront droit à une découverte de ce lieu effectivement vivant s’il en est, avec des parcours au milieu de véritables œuvres d’art funéraire. Mémoires de Sélestat s’est centrée cette année sur les corporations et les métiers, thème de ces Journées du patrimoine. Mais pas uniquement. Car l’association veut également démontrer qu’il existait de grands maîtres sculpteurs en Alsace centrale, qui produisaient de magnifiques monuments. « Certaines tombes contemporaines sont intéressantes aussi » assure Marcel Rebhuhn, membre de l’association et guide de cette journée. On verra ainsi que les défunts ont souhaité — ou leur famille — qu’apparaissent sur leur tombe des éléments en rapport avec leur corporation, leur métier ou leur occupation au moment de leur trépas ou qui aura marqué leur passage terrestre. On trouve ainsi des couvre-chefs militaires, des décorations de même nature gravées dans la pierre, mais pas seulement. « On a ici un épi de blé, là une charrue, ou bien encore des outils de tailleur de pierre » commentent Marcel Rebhuhn et Jean-Marc Husser, président de Mémoires de Sélestat. Certains des monuments comportent des éléments magnifiques, véritables dentelles de pierre.

Le temps fait son œuvre…

Un seul hic : on relève, sur certaines tombes, au premier coup d’œil, que le temps fait son œuvre. Dans le plus mauvais sens du terme : les tombes se dégradent et de véritables chefs-d’œuvre sont en train de mourir sous nos yeux. Certains ouvrages en pierre reçoivent encore la visite de la famille du défunt. D’autres plus du tout. « C’est un patrimoine qui va disparaître si l’on ne fait rien » insistent et déplorent les deux membres de l’association. Pour exemple, la tombe d’un enseignant sur laquelle figure un enfant lisant, à la quasi-échelle 1. La sculpture a été, patiemment et sournoisement, érodée par la pluie, jusqu’à rappeler malheureusement de très loin le corps stylisé par le sculpteur.

Un Père-Lachaise local

« On souhaite procéder à un relevé » expliquent les deux membres de l’association, « et ensuite éditer un livre sur ce cimetière, car Sélestat n’a pas à rougir face à d’autres lieux de ce type » sourit Jean-Marc Husser. Qui parle de « Père-Lachaise local » en évoquant ce lieu de repos éternel sélestadien.

Les monuments d’art funéraire, eux, ne sont pas si éternels que ça : ce dimanche, c’est l’occasion de les découvrir dans leurs détails les plus insolites ou émouvants, à Sélestat.

Y ALLER Dimanche 18 septembre, cimetière de Sélestat, bd de Nancy. Circuits à 10 h, 11 h, 14 h, 15 h, 16 h et 17 h. Gratuit. Exposition à l’entrée du cimetière sur l’histoire locale des sépultures.

le 14/09/2011 à 05:00 par JSA

Le nez en l'air

Le nez en l’air Trois têtes pour un fronton Renaissance

 

Un fronton qui possédait trois têtes à l’origine.  Photo J.-S. A

Un fronton qui possédait trois têtes à l’origine. Photo J.-S. A

L’édifice qu’il faut découvrir ici fut reconstruit en 1601 comme l’indique la date inscrite sur le fronton. À cette époque, nous sommes en pleine Renaissance, mais en Alsace, l’architecture gothique tardive ne semble pas vouloir laisser sa place et se bat avec l’architecture Renaissance.

Si vous allez à la Commanderie Saint-Jean, construite en 1565, vous verrez que les encadrements de porte sont tantôt gothiques, tantôt Renaissance. Ici, notre édifice a beau avoir été reconstruit en 1601, il n’en reste pas moins ancré dans la tradition gothique.

La porte d’entrée est un mélange de gothique et de Renaissance. Chaque côté de la porte est encadré par de minces colonnettes de pierre qui se rejoignent. C’est ce que l’on appelle dans le jargon architectural des moulures entrecroisées.

Un fronton typiquement Renaissance surmonte le linteau de porte. On y retrouve d’élégantes volutes ainsi que deux petites têtes. Une troisième tête aurait dû compléter l’ouvrage. Elle a vraisemblablement subi les outrages du temps. Les visages sculptés sont un décor récurrent de la Renaissance. Voyez par exemple l’hôtel de ville d’Obernai ou la maison des têtes de Colmar.

Derrière cette porte se trouve un escalier à vis qui nous emmène jusque dans le grenier qui s’échelonne sur trois niveaux, comme à l’arsenal Sainte-Barbe ou à l’hôtel d’Ebersmunster. Cela laisse supposer qu’il fut utilisé pour y stocker des marchandises, des céréales… À qui cet édifice a-t-il bien pu appartenir ? Qui possédait à Sélestat des revenus en nature au Moyen-Âge ? Réfléchissez-y. La réponse vous mettra sur la voie.

TROUVER Où se trouve ce détail découvert en ville le nez en l’air ? Réponse mardi prochain…

SAVOIR Le détail de la semaine passée était le pignon néogothique de la chapelle Saint-Quirin, rue de l’Hôpital.

le 09/08/2011  par Violette GouyAnimatrice du patrimoineà la Ville de Sélestat

La confrerie Saint-Urbain

Kintzheim Six nouveaux confrères et neuf vins pour la Saint-Urbain

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Les nouveaux intronisés de la confrérie.  Photo Christian Dantz

Les nouveaux intronisés de la confrérie.  Photo Christian Dantz

Pour la 18 e édition, la grande dégustation estivale organisée mercredi par la confrérie Saint-Urbain a une fois de plus fait le plein d’amateurs de crus locaux et de folklore viticole.

Le grand maître Alphonse Jenny a salué l’assistance très nombreuse en ce mercredi dans la salle des fêtes de Kintzheim. « La soirée sera riche, de plus nous fêtons le 750 e anniversaire de la protection par saint Urbain, nos aïeux l’ayant choisi comme protecteur en 1261 », a-t-il précisé. Le maire Francis Weyh a également souhaité la bienvenue aux touristes venant de France et d’ailleurs.

Dans l’assistance, on reconnaissait les confréries amies en tenue et de nombreux élus, dont deux maires d’outre Rhin. M gr Lachmann, vicaire épiscopal représentait l’Église et deux reines apportaient un supplément de grâce : Catherine Hirsinger, reine des vins 2010 et sa dauphine Sandrine Struss.

Le cérémonial est toujours le même : neuf vins offerts par les vignerons locaux sont servis et commentés par des œnologues tandis que René Koenig apporte son commentaire gastronomique.

À la fin, l’excellente vendange tardive de Jean-Marie Koehly a été appréciée debout.

Six nouveaux intronisés

La dégustation d’août est toujours liée à un chapitre d’intronisation. Cette année, six personnalités sont devenues confrère ou consœur d’honneur après avoir subi l’épreuve du commentaire à l’aveugle.

Jean-Marc Husser de Sélestat est passé le premier. Ancien policier, il est surtout connu pour son association Mémoire de Sélestat. Il apprécie autant le vin de Kintzheim que l’oignon sélestadien qu’il défend. Ensuite ce fut le tour de Sandrine Struss de monter sur scène. La dauphine de la reine et fille de viticulteur termine son règne avant de reprendre une vie plus calme. Frédérick Liehn, originaire de Troyes sélestadien d’adoption a été choisi pour ses engagements associatifs et humanitaires et surtout parce qu’il apprécie le vin de Kintzheim.

Jean-Claude Willmann n’est plus à présenter : il dirige l’Auberge de la ferme au parc Cigoland. Un Belge faisait partie des intronisés : Patrick Scuflaire. Avec Astrid Tellon, la dernière à monter sur scène, ils partagent le même engouement pour Kintzheim où ils passent régulièrement leurs vacances.

La soirée s’est bien sûr prolongée par le repas et un tour de danse avec les Gilets Rouges qui ont animé la soirée par leur musique entraînante.

le 13/08/2011 par C. D.

Le nez en l'air

Le nez en l’air Un fronton qui protégerait de la maladie

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Un pignon qui paraît ancien, mais il n’a pas cent ans. Photo Jean-Stéphane Arnold

Un pignon qui paraît ancien, mais il n’a pas cent ans. Photo Jean-Stéphane Arnold

Regardez ce pignon… il a l’air assez ancien vu d’ici. En effet, les crochets qui ornent ses rampants et le fleuron qui le couronne nous font penser à ces décors tellement présents à l’époque gothique. Et pourtant, ce pignon n’a pas 100 ans. Il date de 1927. On a ici tout simplement voulu rappeler le style gothique. C’est pourquoi on parle de style néogothique.

Observez bien maintenant le blason figurant sur le pignon. On devine une colombe aux ailes déployées au-dessus d’un symbole en forme de « T ». Ce blason nous rappelle tout simplement les armoiries de l’ancien hôpital du Fischerbach qui se situait quai des Pêcheurs.

La colombe incarne l’Esprit saint et traduit la pureté dans la religion chrétienne. Quant au « T », appelé tau ou croix de saint Antoine, sa présence est censée protéger des maladies. La forme de la croix évoque celle d’une béquille. Cela nous rappelle que l’ordre des Antonins (fondé par saint Antoine) était un ordre hospitalier s’occupant des personnes faibles et malades.

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le 02/08/2011 par Violette GouyAnimatrice du patrimoineà la Ville de Sélestat

Une fête électrique, déjà en 1894

Une fête électrique, déjà en 1894

 

La fête s’était déroulée sur trois week-ends, le grand cortège ayant eu lieu le dimanche 19 août 1894. DR

La fête s’était déroulée sur trois week-ends, le grand cortège ayant eu lieu le dimanche 19 août 1894. DR

« Traditionnellement, on estime toujours que le corso de Sélestat a été créé après la Première Guerre mondiale par le Dr Auguste Bronner, maire de la ville, en 1927 ou 1929. Or, à l’occasion de recherches à la Bibliothèque humaniste, je suis tombé sur une publication de 1894 annonçant la première « fête populaire de Sélestat » (erstes schlettstadter Volksfest) avec un cortège (Festzug). » À l’appui de ses dires, Jean Hurstel, sélestadien de Strasbourg, présente une photocopie de l’annonce qu’il a trouvée dans les « Elsässische Nachrichten », un journal créé en 1812, à l’époque de Napoléon 1er.

On découvre que cette fête était organisée trois week-ends de suite avec — grande modernité à l’époque — un éclairage électrique. Chose intéressante, l’annonce donne le détail des lieux par lesquels le défile passera le dimanche 19 août 1894, et celui des chars ou associations qui participent. On trouve ainsi — déjà — le vélo-club, les pompiers, Bacchus, les chars des demoiselles d’honneur (?), des enfants, des Alsaciennes, des charcutiers.

Et, chose encore plus intéressante, le « Mastochs », dont le nom fait bigrement penser aux Machores. Celui-ci fait partie du défilé du 19 août ; puis, le dimanche 2 septembre a lieu la « Verloosung (tirage au sort) des Mastochsen ». Quelle en est la signification ? « Ochsen » est le bûcher, « Ochs » est le bœuf, « Mast » est le mât….

Pourquoi alors situer la naissance du corso à 1927 ? « Sans doute car à l’époque on a voulu couper avec ce qui rappelait le passé allemand », considère Jean Hurstel. Cela dit, la spécificité fleurie du corso est bien née en 1927, puisque le journal de 1894 ne fait nulle mention de fleurs, et encore moins de dahlias.

le 06/08/2011 par Françoise Marissal