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Une stèle

Sélestat-Une stèle en hommage aux Justes parmi les Nations 

Du 29/01/2014 

 

 

 

Sélestat, cité humaniste. C’est en référence à celle-ci que la communauté israélite a souhaité que la Ville célèbre la mémoire des Justes parmi les Nations. Une plaque rappelant leur engagement se trouve désormais devant la synagogue.

le quartier de la gare

,La  star de l’expo Mémoires de Sélestat Jean Marc HUSSERL’association Mémoires de Sélestat expose, du 7 au 15 octobre, au caveau Sainte-Barbe plus d’une centaine de documents sur le quartier de la gare dont certains datent de 1890.  Le 30/09/2014  par Raymond SchochLe quartier de la gare star de l expo memoires de selestat

La cloche

La cloche de la caserne est de retour

La cloche de la caserne est de retour
Le lycée Schweisguth, qui était à l’époque une caserne, a récupéré sa cloche datant de 1879 ! 

Néron l'incendiaire

Sélestat - Secrets de patrimoineNéron l’incendiaire

Néron l’incendiaire
Chaque samedi, les DNA vous proposent, via cette rubrique animée par Liliane Hoechstetter, de partir à la découverte du patrimoine caché sélestadien.

Tu est originaire de SELESTAT

Sélestat - Internet : un groupe et un album consacrés à la ville, à ses habitants et à son passéHistoire d’être à la page

Histoire d’être à la page
« Tu es originaire de Sélestat si… » Cela fait bientôt un an qu’Yvan Giessler a créé une page ainsi intitulée sur le plus connu des réseaux sociaux. Fort de plus de 2 800 membres, cet espace numérique d’échange pour Sélestadiens et fans de la ville renferme un album exceptionnel avec des photos de toutes époques, prompt à éveiller nostalgie ou curiosité.

Histoire de pompiers

Sélestat - Histoire de pompiersHistoire de pompiers

Histoire de pompiers
Pour la nouvelle édition de son salon qui se déroulait hier aux Tanzmatten, Alsacollections a mis le cap sur l’histoire des sapeurs-pompiers avec une belle collection d’objets relative aux hommes du feu.

Le Quai des tanneurs

Sélestat - Exposition au caveau Sainte-BarbeLe quai des Tanneurs, « un quartier pittoresque »

Le quai des Tanneurs, « un quartier pittoresque »
Le quai des Tanneurs de Sélestat sera à l’honneur de la nouvelle exposition présentée par l’association « Mémoires de Sélestat », du 14 au 20 mai au caveau Sainte-Barbe.

Salle sainte-barbe

Salle sainte-barbe

Place du moulin

Place du moulin

Une parenthèse à gauche

Sélestat Retour sur 70 ans d’élections municipales (épisode 4 : 1989-2014) Gilbert esteve accueillant elisabeth guigou a selestat photo archives dna 1 Gilbert Estève accueillant Elisabeth Guigou à Sélestat. Photo – archives DNA Gilbert Estève accueillant Elisabeth Guigou à Sélestat. Photo – archives DNA Gilbert Estève accueillant Elisabeth Guigou à Sélestat. Photo – archives DNA Pierre Giersch, maire de 1996 à 2001. Collection Jean-Marc Husser L’affiche de campagne du candidat tête de liste Marcel Bauer, en 2001. Collection Jean-Marc Husser Après le décès du maire François Kretz en décembre 1987, au cours d’une mandature conclue à la tête de la ville par Robert Weber (DNA du 16/2) , le socialiste Gilbert Estève prend le pouvoir à Sélestat. Facilement réélu en 1995, il décède l’année suivante. Son adjoint Pierre Giersch lui succède, poursuivant l’œuvre d’une gauche sélestadienne qui, depuis 2001, se heurte à Marcel Bauer, en lice cette année pour un troisième mandat. Dernier volet de notre série, avec l’historien local Jean Hurstel. Mars 1989 : Gilbert Estève rassemble et passe En perdant l’élection cantonale partielle de février 1988 au profit du socialiste Gilbert Estève, alors élu conseiller général, la droite avait compris : à Sélestat, elle ne peut plus se permettre d’aborder des élections en ordre dispersé. Elle se présente donc rassemblée au premier tour des municipales de mars 1989, dans une France qui a réélu quelques mois plus tôt le socialiste François Mitterrand à la présidence de la République. « Cette fois-ci, la droite ne constitue qu’une seule liste conduite par le maire sortant Robert Weber, soutenue par le député Germain Gengenwin, l’ancien maire Maurice Kubler, l’UDF et le RPR », raconte Jean Hurstel. En face, Gilbert Estève, socialiste invétéré, a néanmoins lui aussi compris une chose : pour conquérir Sélestat, il lui faut rassembler au-delà de ses propres rangs. Il se présente en tête d’une « liste citoyenne, avec des personnalités de différents bords », relève Jean Hurstel. Y figure notamment en troisième position le centriste Camille Hihn, déjà élu conseiller municipal trente ans auparavant et habitué des bons scores électoraux. L’écologiste Jean-Paul Spihlmann mène la troisième liste en lice lors de ce premier tour qui voit 75 % des électeurs se rendre aux urnes. Avec 10,39 % des voix, elle ne s’en sort pas trop mal mais arrive loin derrière les deux autres, au coude-à-coude : 44,67 % pour l’équipe de Robert Weber ; 44,94 % pour la liste de Gilbert Estève. Tout ce petit monde se retrouve au second tour. La gauche profite d’un report de voix écologistes, la liste Estève obtenant 47,22 % des suffrages (25 sièges au conseil municipal). La droite ne parvient guère à améliorer son score (44,79 %) ; défaits de peu, le maire sortant et ses colistiers n’obtiennent que sept sièges. Avec presque 8 % des suffrages, les écolos n’emportent qu’un seul siège, pour Jean-Paul Spihlmann. « C’était et ça reste la seule fois où une liste des Verts se maintient au second tour des municipales à Sélestat », témoigne-t-il. « Estève a réussi à m’épuiser en me mettant d’office dans toutes les commissions… Mais c’était une très bonne expérience. » Gilbert Estève est élu maire et s’entoure de neuf adjoints. Pierre Giersch est le premier d’entre eux, suivi de Camille Hihn, retraité des sapeurs-pompiers et qui peut donc désormais briguer une telle fonction. Madeleine Rebert, Jean-Paul Stotz et Jean-Jacques Renaudet, « un des bras droits d’Estève », d’après Jean Hurstel, font aussi partie des adjoints. Dans l’opposition, on retrouve notamment, aux côtés de Robert Weber, Eugène Griesmar et Marcel Bauer. « Je succède aux Bronner, Meyer, Klein, Ehm, Kubler, Kretz, Weber, déclare le nouveau maire. Tous ont apporté une pierre à l’édifice. Je veux embellir l’héritage. » En ce printemps 1989, Gilbert Estève « se serait bien vu le seul maire socialiste d’Alsace », relate Jean Hurstel. Mais non, il ne sera pas le seul héros de la gauche alsacienne puisque par exemple, deux autres mairies tombent dans l’escarcelle du PS, et pas n’importe lesquelles : Strasbourg avec Catherine Trautmann et Mulhouse avec Jean-Marie Bockel. Juin 1995 : une réélection triomphale vite endeuillée Aucun problème pour le maire sortant qui dès le premier tour des municipales de 1995, avec plus de 71 % des voix pour sa liste, bat haut la main la liste RPR/UDF de son unique adversaire, la maire sortante de Muttersholtz Marie-Paule Debes-Sigwalt. Ce petit parachutage semble la desservir tandis que, selon Jean Hurstel, « le courage dont Gilbert Estève a fait preuve face à la maladie lui a valu la compassion des électeurs ». Atteint d’un cancer, le maire sélestadien repart donc avec la même équipe. Il sera emporté par la maladie un an plus tard, le 22 juin 1996, à 48 ans. Son premier adjoint Pierre Giersch, ingénieur originaire de Buhl, est alors élu maire par le conseil municipal à la suite de Gilbert Estève. Pour Jean Hurstel, rejoint par beaucoup sur ce point, Pierre Giersch « est un socialiste idéaliste, un humaniste. J’ai un profond respect pour cet homme estimable, charmant. Il conclut l’entreprise d’Estève et il humanise la politique… Il ne calculait pas en termes de voix comme son prédécesseur. » Un tel maire permet d’apaiser une vie politique locale marquée par des décennies de campagnes électorales très dures. Mars 2001 et 2008 : Marcel Bauer réinstalle la droite Pierre Giersch, à 71 ans, se retire de la vie publique en mars 2001, laissant le soin à Jean-Jacques Renaudet de conduire la liste de l’équipe sortante. En face, le RPR Marcel Bauer, ancien adjoint de 1983 à 1989 et élu conseiller général devant le même Renaudet en 1998, mène la liste de droite. François Simon, « un doux rêveur » selon Jean Hurstel, est à la tête d’une troisième liste « plutôt à gauche » et intitulée « SVP, un peu plus d’imagination ». Elle obtient près de 13 % des voix à l’issue d’un premier tour où plus d’un tiers des 11 238 Sélestadiens inscrits se sont abstenus. La liste RPR/UDF recueille 45,34 % des suffrages, la gauche 41,74 %. Au second tour, la fusion des deux autres listes n’empêche pas la victoire de celle de Marcel Bauer, qui sera élu maire. En mars 2008, il n’y a que deux listes en lice, et donc un seul tour. Plus de 67 % des électeurs se déplacent dans les bureaux de vote. La liste du maire sortant, « Sélestat en marche », l’emporte sans trop de difficultés (54 % des voix) face à la liste « Réussir ensemble » de son challenger Stéphane Klein (46 %). Marcel Bauer est réélu maire sans soucis. Dans un mois, il briguera un troisième mandat d’affilée à la tête de l’équipe sortante («Sélestat, ville de progrès »). Les deux autres listes déclarées pour ces élections municipales 2014 sont conduites par deux membres de son opposition au conseil municipal : une nouvelle fois Stéphane Klein («De l’énergie pour Sélestat ! »), et Caroline Reys («Sélestat 2014 »). Tous deux tenteront de s’inscrire en tête du chapitre de cette nouvelle page de l’histoire des élections municipales sélestadiennes. Le livre de Pierre Giersch, Témoignage sur 18 ans d’implication dans la vie politique de Sélestat et de l’Alsace centrale, 1983-2001 , est disponible à la médiathèque de Sélestat. A lire aussi L’empreinte Estève par Recueilli par Julien Eynard, publiée le 23/02/2014

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La courte vie d’un médecin brillant et artiste de talent

Le socialiste louis boltz felicite francois kretz au soir du second tour de l election municipale de mars 1983 collection jean marc husserLa courte vie d’un médecin brillant et artiste de talent Le socialiste Louis Boltz félicite François Kretz au soir du second tour de l’élection municipale de mars 1983. collection Jean-Marc Husser Le socialiste Louis Boltz félicite François Kretz au soir du second tour de l’élection municipale de mars 1983. collection Jean-Marc Husser Tags François Kretz (1944-1987), dont le père est né à Bindernheim, voit le jour à Bischwiller. Il devient docteur en médecine à Strasbourg en 1967. Selon le Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne (NDBA), il est aussi diplômé en sciences politiques, droit et sociologie, et l’auteur d’une étonnante étude de sociologie médicale sur « Le goitre endémique dans le Ried ». C’est également un pianiste et peintre talentueux qui intègre les milieux artistiques de Berlin, où il vécut plusieurs années. En 1976, il s’installe en tant que médecin à Sélestat, avec son frère Hervé. L’un de ses patients, l’ancien maire sélestadien Albert Ehm, l’encourage à se lancer en politique. « Réservé », d’après Jean Hurstel, il savait se mettre en colère, par exemple quand « un certain Dr François Kretz avait été contrôlé à plus de 200 km/h au volant de sa Porsche à Strasbourg » et que la presse l’avait visé ; « mais ce n’était pas lui, il n’avait pas de Porsche ». Parmi ses contributions pour Sélestat en tant que maire, il sauva la caserne Schweisguth de la démolition avant d’initier sa réhabilitation, et lança le festival Sélest’art. D’après Jean Hurstel, même l’un des fervents opposants du maire Kretz, Gilbert Estève, « a toujours reconnu qu’il avait donné un nouveau souffle à Sélestat ». « Il est à l’origine de la zone piétonne », ajoute Jean-Marc Husser, président de l’association Mémoires de Sélestat, qui relève que François Kretz se distingue pour avoir été un maire sélestadien ne vivant pas à Sélestat mais à Ohnenheim, et qu’il n’est pas enterré au cimetière de la ville, mais à Lièpvre.

Sélestat Retour sur 70 ans d’élections municipales

Robert weber elu maire par les conseillers municipaux pour la fin de la mandature 1983 1989 apres le deces de francois kretz perdra les elections municipales de 1989 face a gilbertLe nouveau conseil municipal elu en 1983 francois kretz est a gauche et on distingue semble t il l actuel maire marcel bauer au fond avec des lunettes qui sera adjoint au corso fleSélestat Retour sur 70 ans d’élections municipales (épisode 3 : 1983-1989) Âpre bataille, décès brutal Le nouveau conseil municipal élu en 1983. François Kretz est à gauche et on distingue, semble-t-il, l’actuel maire Marcel Bauer (au fond avec des lunettes), qui sera adjoint au corso fleuri lors de cette mandature. Collection Jean-Marc Husser Le nouveau conseil municipal élu en 1983. François Kretz est à gauche et on distingue, semble-t-il, l’actuel maire Marcel Bauer (au fond avec des lunettes), qui sera adjoint au corso fleuri lors de cette mandature. Collection Jean-Marc Husser 1 / 2 Le nouveau conseil municipal élu en 1983. François Kretz est à gauche et on distingue, semble-t-il, l’actuel maire Marcel Bauer (au fond avec des lunettes), qui sera adjoint au corso fleuri lors de cette mandature. Collection Jean-Marc Husser Robert Weber, élu maire par les conseillers municipaux pour la fin de la mandature 1983-1989, après le décès de François Kretz, perdra les élections municipales de 1989 face à Gilbert Estève. Collection J.-M. Husser En 1983, Maurice Kubler, maire de Sélestat durant 18 ans (DNA du 9 février) , ne se représente pas . Au cours des 18 années suivantes, cinq maires seront élus. Ce sera d’abord François Kretz, lui aussi médecin, sorti vainqueur d’une campagne municipale particulièrement dure. Il décédera brutalement avant la fin de son mandat, que bouclera son adjoint Robert Weber avant de se faire balayer par la gauche, incarnée par Gilbert Estève. Mars 1983 : François Kretz arrache la victoire Au cours de ses trois campagnes municipales victorieuses, le Dr Maurice Kubler, élu maire de Sélestat en 1965, 1971 puis 1977, avait dû faire avec une opposition tenace. Mais le printemps 1983 est le théâtre de « l’une des batailles municipales les plus âpres », selon Jean Hurstel. Un organe de presse titre : « Du gros temps pour 6 ans ? » « Le journaliste avait un pressentiment », remarque l’historien local. « C’était une bataille vraiment acharnée, les tracts étaient terribles, les meetings étaient durs ! » Au premier tour en ce mois de mars 1983, dans une élection où les votants ne sont plus autorisés à panacher et doivent donc choisir une équipe complète, quatre listes sont en lice. Celle menée par Gérard Meschberger est soutenue par le maire sortant Maurice Kubler – qui ne se représente pas – et par le député Germain Gengenwin ; elle obtient 25 % des voix. La liste de gauche du socialiste Louis Boltz améliore encore son score de 1977 en recueillant près de 30 % des suffrages, tandis que la liste écologiste conduite par Jean-François Gueidan dépasse les 9 %. Le meilleur score, près de 36 % des voix, est pour la liste de droite et centre droit de François Kretz. A presque 39 ans, récemment entré en politique, il est tout de même depuis 1978 président départemental du Parti Républicain (PR) de François Léotard. Il est aussi conseiller général du canton de Sélestat depuis novembre 1980 après l’élection cantonale partielle intervenue à la suite du décès, dans un accident de voiture, du conseiller général Georges Klein. Une campagne qui avait elle aussi été « terrible », selon Jean Hurstel ; « il avait gagné au deuxième tour après une triangulaire acharnée et à l’issue d’une campagne épique, mais les plus mauvais coups venaient de son camp. » Au second tour des municipales de 1983, la liste du Dr Kretz l’emporte avec environ 200 voix d’avance sur celle de Louis Boltz (42,02 % contre 39,58 %). La gauche entre au conseil municipal avec cinq élus, dont celui qui sera maire en 1989, Gilbert Estève. La liste Meschberger recueille 18,40 % des suffrages et obtient trois sièges. François Kretz est élu maire avec 24 voix sur 33. Le conseil connaît un important renouvellement : seuls trois anciens sont encore là, parmi lesquels Eugène Griesmar, élu premier adjoint et dont la popularité a bien aidé à l’avènement du Dr Kretz. Pierre Hertrich, Robert Leimacher, Marguerite Schlecht, Robert Weber et Dominique Reinhart sont les autres adjoints, avec aussi l’actuel maire Marcel Bauer, qui était candidat aux municipales pour la première fois, sur la liste Kretz, et se voit charger de l’organisation du corso fleuri. « La campagne a été anormalement dure » et le nouveau maire est « éprouvé », appuie Jean Hurstel, qui confie avoir été un « ami personnel » de François Kretz. « Le soir de l’élection du maire, Gilbert Estève refuse de figurer sur la photo de groupe des 33 élus. » Cela n’empêche pas le nouveau premier magistrat de déclarer, tout juste installé dans son nouveau fauteuil : « Un esprit nouveau doit souffler sur notre ville. Il n’est pas interdit de s’enrichir de nos différences et de mettre en commun ce que nous avons de meilleur ». Décembre 1987 : un décès brutal « Son mandat n’a pas été de tout repos », indique Jean Hurstel, qui évoque une « opposition terrible ». Et outre ses fonctions de maire, François Kretz cumule les mandats : réélu conseiller général au premier tour en 1985, il devient aussi conseiller régional. Et il « continuait à exercer la médecine à plein-temps. Il avait des patients qui venaient de loin, des Bavaroises, des Autrichiennes… » Le Dr Kretz décède brutalement chez lui, à Ohnenheim, dans la nuit du 27 au 28 décembre 1987, laissant une veuve et deux enfants. Le 29 décembre, les DNA titrent qu’il a été « terrassé par une crise cardiaque à l’âge de 43 ans » et publient des « réactions unanimes : ‘‘C’est un coup dur pour Sélestat’’». D’après Jean Hurstel, et cela peut paraître logique, des rumeurs ont couru sur l’origine du décès du maire. « Durant les derniers mois avant sa mort, François Kretz a été menacé, ses enfants n’allaient plus à l’école d’Ohnenheim. » A la mairie, le 8 janvier 1988, les conseillers municipaux élisent comme maire l’adjoint aux finances Robert Weber pour la fin du mandat. L’expérimenté Eugène Griesmar, qui se voyait déjà sur le fauteuil, ne comprend pas. « Certains ont pensé que c’était un coup bas des locaux », précise Jean Hurstel. Mais la décision vient de Paris, où François Léotard et l’état-major de l’UDF veulent installer « quelqu’un de la même génération que François Kretz ». Juste avant la mort du maire en décembre 1987, le socialiste Gilbert Estève « prospectait à Marseille pour une circonscription et un canton, mais il apprend vite, très vite le décès de François Kretz ». Il renonce à ses envies d’ailleurs, jugeant sûrement le ‘‘coup’’ désormais possible à Sélestat. « Weber était habile, mais pas autant qu’Estève », estime Jean Hurstel. En février 1988, Robert Weber pâtit de la concurrence du populaire Camille Hihn, candidat UDF dissident, lors d’une triangulaire aux élections cantonales partielles. Gilbert Estève devient conseiller général et vise la mairie un an plus tard. Une petite révolution est en marche : la gauche s’apprête à prendre le pouvoir à Sélestat.

Il n’a jamais perdu une élection municipale

Photographie le 26 mars 1971 le conseil municipal juste elu avec en bas de gauche a droite edouard reysz georges klein le maire maurice kubler marcel wincker et raymond stein photoIl n’a jamais perdu une élection municipale Maurice Auguste Kubler (1923-2003) est originaire de Moosch, dans la vallée de Thann. « C’était le fils d’une famille francophile, chassée lors des deux guerres… Ils étaient sur une liste noire », précise Jean Hurstel, qui évoque par ailleurs un homme discret, « timide ». D’après le Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne (NDBA), auquel il a régulièrement collaboré, Maurice Kubler s’inscrit en 1942 à la faculté de Strasbourg, alors repliée à Clermont-Ferrand. Engagé en septembre 1944 dans la brigade d’Alsace-Lorraine, il reprend ses études à Strasbourg après la guerre avant d’être nommé interne à l’hôpital de Sélestat en 1949. Il y sera chef de chirurgie de 1963 à 1988. « Je crois, contrairement à ce qui disait Albert Ehm, qu’il a réalisé beaucoup de choses pour la ville», affirme Jean Hurstel. Au cours des trois mandats successifs de maire du Dr Kubler, Sélestat a connu un bel essor et a notamment vu l’amélioration de sa voirie, l’agrandissement du lycée Koeberlé et les constructions de la caserne des pompiers, du lycée Schwilgué, du collège Mentel, des écoles maternelles Robert-Schuman et Jean-Monnet, etc. Un nouveau cadastre, des rénovations patrimoniales et le jumelage avec Waldkirch sont aussi à mettre à son actif. Très impliqué dans la vie culturelle et associative, Maurice Kubler était aussi « un des principaux rédacteurs de la société d’histoire de la Bibliothèque humaniste », rappelle Jean Hurstel. « C’était un grand érudit, un très bon chercheur en histoire locale, je suis admiratif. » Le Dr Kubler a été élu maire à chacune de ses trois tentatives. « Il détient le record que Marcel Bauer voudrait bien égaler, peut-être même surpasser », conclut Jean Hurstel dans un sourire.

L’ère Kubler

L ere kublerSélestat Retour sur 70 ans d’élections municipales (épisode 2 : 1965-1983) L’ère Kubler Photographié le 26 mars 1971, le conseil municipal juste élu avec (en bas de gauche à droite) Edouard Reysz, Georges Klein, le maire Maurice Kubler, Marcel Wincker et Raymond Stein. Photo Schweitzer Photographié le 26 mars 1971, le conseil municipal juste élu avec (en bas de gauche à droite) Edouard Reysz, Georges Klein, le maire Maurice Kubler, Marcel Wincker et Raymond Stein. Photo Schweitzer Le député Albert Ehm (à gauche), le chef des sapeurs-pompiers de Sélestat Camille Hihn et le maire Maurice Kubler (à droite) en 1971, avec le ministre des finances Valéry Giscard d’Estaing venu inaugurer la nouvelle caserne des pompiers. Document remis Photographié le 26 mars 1971, le conseil municipal juste élu avec (en bas de gauche à droite) Edouard Reysz, Georges Klein, le maire Maurice Kubler, Marcel Wincker et Raymond Stein. Photo Schweitzer Deuxième partie de notre rétrospective historique sur les élections municipales à Sélestat depuis la Seconde Guerre mondiale, avec l’historien amateur Jean Hurstel (voir DNA du 2 février). En 1965, le Dr Maurice Kubler s’installe dans le fauteuil de maire. Il le quittera 18 ans plus tard – un record – sans avoir été battu, malgré des campagnes électorales âprement disputées. Mars 1965 : l’éclosion Le député-maire Albert Ehm vient de boucler son deuxième mandat à la tête de Sélestat et il se verrait bien repartir pour six ans dans le fauteuil de premier magistrat. Son équipe avait écrasé le scrutin de 1959 ; mais certains élus de sa liste sont devenus opposants au cours de la mandature, dont le populaire Camille Hihn. Aux élections de 1965, on retrouve donc ce dernier aux côtés d’un nouveau venu dans la bataille municipale : le Dr Maurice Kubler (lire l’encadré) , alors chef du service de chirurgie du centre hospitalier de Sélestat. Au premier tour le 14 mars, sa liste « Pour la défense des intérêts de Sélestat » défie celle d’Albert Ehm, « Action sociale et communale ». Une troisième liste, « Le réveil démocratique et social », est menée par le communiste Amédée Charlier. Mais dans une ville alors fortement marquée à droite, « c’était impossible pour cette liste de gauche d’obtenir un siège », relève Jean Hurstel. « Camille Hihn et Marcel Wincker étaient toujours en tête » des suffrages lors des élections municipales, ajoute Jean Hurstel. Membres de la liste Kubler, ils sont élus au premier tour avec cinq autres colistiers, dont Raymond Barthelmebs, ancien gardien de but du SC Sélestat, du Racing club de Strasbourg et du FC Sochaux-Montbéliard. Seulement quatre candidats de la liste du maire sortant sont élus directement lors de ce premier tour, dont Albert Ehm lui-même. Le « timide » Maurice Kubler est élu au second tour et s’installe sur le fauteuil de maire le 29 mars, fort d’une majorité de vingt conseillers face à sept membres de la liste de son prédécesseur. Georges Klein – fils de l’ancien maire de 1945 à 1953 –, Marcel Wincker et Joseph Logel deviennent adjoints. Maurice Kubler met de suite son empreinte sur le fonctionnement de l’assemblée sélestadienne, raconte Jean Hurstel. « Dans son allocution, le nouveau maire annonça la création de trois nouveaux postes d’adjoints, tenant compte de l’extension de la commune. » Edouard Reysz, Raymond Stein et Arthur Schreiber sont élus à ces nouvelles fonctions lors de la deuxième séance du conseil, le 26 avril 1965. Quatre semaines plus tôt, à la fin du premier conseil de la mandature, le maire, historien passionné, avait lu « le préambule d’un document conservé à la bibliothèque municipale consignant les us et lois de la ville de Sélestat en 1374 ! » « Ça, c’est du Kubler tout craché ! » lâche Jean Hurstel. Albert Ehm, devenu opposant, affirme, selon le procès-verbal, s’incliner devant les résultats du suffrage universel et affiche « la volonté de servir et de promouvoir l’essor de notre ville natale ». Mars 1971 : engouement et coups bas « A la fin de son premier mandat, le Dr Kubler a fait un livre de plus de 200 pages en forme de bilan », indique Jean Hurstel. « Il y laisse la parole à son équipe et aux forces vives de la ville. » Trois listes s’affrontent au premier tour des élections le 14 mars 1971 : celle du maire sortant («Pour la défense des intérêts de Sélestat »), celle du député Albert Ehm associé à Marie-Madeleine Kernel et Eugène Griesmar («Sélestat demain ») et la liste de gauche («Pour une gestion sociale, moderne et démocratique ») d’Amédée Charlier. La campagne suscite l’engouement des citoyens, avec une participation au premier tour qui atteint 85 %. « La presse souligne la dureté de la campagne », relève aussi Jean Hurstel, qui évoque « des coups bas entre le clan Klein (premier adjoint sortant) et le clan Ehm ». Dans cette lutte acharnée pour le pouvoir municipal, les gazettes des deux camps ( L’Alerte et La Vérité ) sont virulentes, il y a « des batailles d’avocats, des procès ». Mais au premier tour, la liste de Maurice Kubler et Georges Klein devance de presque 15 % celle d’Albert Ehm. Le vieux loup de maire décide de se retirer entre les deux tours. La victoire de la majorité sortante est écrasante. Eugène Griesmar (père de Fabienne Keller, maire de Strasbourg de 2001 à 2008) et Michel Lang sont les seuls opposants au conseil municipal, élus au deuxième tour. En toute logique, la liste de gauche repart bredouille, même si certains ne font pas un mauvais score, à l’instar d’un certain… Marcel Bauer. Il ne s’agit pas là de l’actuel maire de Sélestat, 22 ans à l’époque, qui précise que cet homonyme « était professeur de musique et dirigeait un orchestre » portant son nom. De son côté, Albert Ehm, 59 ans, doit se contenter de ses mandats de député et de conseiller général. « Il pensait pouvoir déboulonner Kubler, battant comme il est », remarque Jean Hurstel. C’est un échec mais, entre esprit de revanche et soif de pouvoir, il n’a pas dit son dernier mot. Mars 1977 : un dépouillement jusqu’au petit matin C’est une lutte acharnée et indécise qui marque les élections municipales de 1977. Quatre listes sont en lice au premier tour, soit 108 candidats. Là encore, il y a une émulation au cours de cette campagne belliqueuse, agressive. Chose rare : à l’issue du premier tour, personne n’est élu. Le dépouillement se termine le lendemain matin du scrutin, lundi, à 7 h 30 ! Le maire sortant est bien entouré et ses colistiers font les meilleurs scores. Comme d’habitude, Camille Hihn est en tête des votes (3 673 voix), suivi de Marcel Wincker et de Robert Guidat. Et comme d’habitude, Maurice Kubler pointe vers la quinzième place (2 888 voix). Albert Ehm, reparti au combat, obtient 2 354 voix. Pour le deuxième tour, il se retire mais sa liste fusionne avec celle de Michel Wach, obtenant au deuxième tour 36,47 % des voix, mais seulement trois sièges au conseil municipal. La participation avoisine 84 % lors de ce deuxième tour. Et la liste Kubler s’en tire bien (43,65 %). Sans siège, la gauche ne s’en sort pas mal néanmoins, avec une liste menée par Louis Boltz qui obtient près de 20 % des suffrages au premier tour. On y trouve Roland Ries (1 345 voix), l’actuel maire de Strasbourg, alors professeur au lycée Koeberlé. Le 29 mars, Maurice Kubler est réélu maire pour un troisième mandat. Six ans plus tard, âgé de 60 ans, il décidera de ne plus se représenter. « Il estime qu’il a fait son temps, son œuvre », note Jean Hurstel. La porte s’ouvre ainsi pour François Kretz, médecin lui aussi et élu conseiller général en 1980. Remerciements à Marthe Kubler et à Jean-Marc Husser

L’exposition se poursuit jusqu’à mardi au caveau Sainte-Barbe

L exposition se poursuit jusqu a mardi au caveau sainte barbe photo dnasélestat Exposition Mémoire du commerce L’exposition se poursuit jusqu’à mardi au caveau Sainte-Barbe. PHOTO DNA L’exposition se poursuit jusqu’à mardi au caveau Sainte-Barbe. PHOTO DNA L’exposition sur les vieux commerces que présente l’association Mémoire de Sélestat est encore visible pour quelques jours au caveau Sainte-Barbe. Combien de points d’exclamation et d’interrogation soulèvera-t-elle, cette exposition ? Beaucoup assurément. Elle est synonyme de retrouvailles, tour à tour joyeuses ou nostalgiques, nimbées de brumes et de mystères ou fortes des certitudes des Sélestadiens ou des autres visiteurs qui reconstituent ainsi le fil de la mémoire sélestadienne à l’aide des nombreux supports photographiques déployés par Mémoires de Sélestat, ou qui s’amusent à découvrir l’ancien visage de la cité, son évolution à travers les décennies. A haut quotient émotionnel On louvoie entre les permanences, comme le chausseur Schoepff, le plus ancien commerce de Sélestat avec 160 années au compteur, on colmate les oublis et on reconstitue la trame du passé, en confondant commerces d’hier et enseignes d’aujourd’hui, on s’émeut également de la disparition du Grand Louvre, ce magasin qui fut à Sélestat ce que la Samaritaine était à Paris. Bref, c’est une exposition à haut quotient émotionnel que l’association mémorielle a bâti en s’appuyant sur son stock d’archives perpétuellement enrichi d’apports extérieurs, justement mus par ce type de rendez-vous. L’exposition est encore visible jusqu’à mardi 4 février, ouverture de 10 à 12 h et de 14 h à 18 h, au caveau Sainte-Barbe. Entrée libre. par JF-O, publiée le 02/02/2014